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GASTON RACINE
RÉVOLTÉ?...
RÉSIGNÉ?...
VAINQUEUR?...
5
e
ÉDITION
1999
Mahanaïm
DU MÊME AUTEUR
« Un Message de Dieu aux Veuves »
1938
« Opinions ou Convictions? La Foi »
1943
« Révolté, Résigné, Vainqueur? »
1946
« L'Unité du Corps de Christ »
1948
« Le Vrai Visage de l'Affliction »
1951
« Textes abrégés de Conférences »
1956
« Être Chrétien »
1957
« Les Leçons de Marie, Mère de Jésus » 1957
« Le Christ Inconnu »
1958
« Médiocrité ou Sainteté »
1971
« Jésus revient! Es-tu prêt? »
1972
En vente chez l'Auteur:
1745, Cedar Avenue, Appt. 602
Montréal, (Qué.), Canada
H3G 1A7
AVANT-PROPOS
Une veille de Toussaint, traversant le cimetière d'une
grande ville, j'ai lu sur la tombe d'un enfant cette inscription
tragique gravée sur le marbre rose : « Pourquoi? ».
Je me suis arrêté, la gorge serrée, l'âme angoissée. Ce
cri douloureux, véhément, d'une mère, d'un père, auxquels la
mort brutale venait d'arracher un enfant, ce cri confié à la
pierre si froide d'un tom-beau bouleversait mon âme. Sous le
ciel gris d'arrière-automne, à qui s'adressait-elle cette question
poignante de cœurs déchirés?
Soudain, le marbre rose parut se multiplier et prendre
des formes humaines parmi lesquelles je reconnus plusieurs
personnes rencontrées au cours de mon ministère, tant il est
vrai qu'il est des âmes dont le visage ressemble à une pierre
funéraire parce que leur cœur n'est déjà plus qu'un tombeau
renfermant amers regrets, restes d'illusions trompées, vestiges
d'une vie brisée !
Je me voyais entouré par la foule des révoltés, des
mutilés, des déçus de la vie qui tous me répétaient, menaçants
ou suppliants, ce terrible mot Pourquoi? ».
Je me sentis membre tout à coup de cette société
accablée et souffrante. Une douleur intense étreignit
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mon cœur. Tous ces révoltés de la terre n'étaient-ils pas mes
frères, mes saurs, mon père et ma mère? « Que puis-je leur
répondre, ô mon Dieu? m'écriai-je. Que puis-je faire pour eux,
pour ces vies ravagées et jamais apaisées? O Dieu ! tu le sais,
ces êtres n'ont que faire de notre commisération, de nos
formules de sympathie, de nos condoléances sincères ! Donne-
moi donc pour eux Tes paroles qui sont esprit et vie »...
Dix jours plus tôt, dans une station climatique, je venais
de m'endormir quand je fus réveillé par une sonnerie de
téléphone dans la pension ou je logeais. Les aiguilles de ma
montre marquaient minuit. Je m'assis le cœur battant, car je
savais qu'habituellement un coup de téléphone à pareille heure
dans cette maison et dans cette cité, appelait un prêtre au
chevet d'un mourant. Après le bruit de pas précipités dans les
couloirs, tout redevint silencieux. Toujours assis sur mon lit, je
pensais à cette personne inconnue qui allait passer cette nuit
dans l'éternité. Elle était venue sur la montagne pour y trouver
la guérison. Dans l'espoir d'une amélioration, elle avait tout
quitté : famille, amis, pays, et maintenant, loin des siens, elle
devenait la proie de la mort dans une terre étrangère.
«Pourquoi» ce destin douloureux? Solitaire, en veille au milieu
de quelque trois mille cinq cents malades, j'étais écrasé par le
fardeau des âmes. Qu'en était-il de celle-ci aux portes de
l'éternité? Que pouvais-je faire pour elle?... Tandis que le
prêtre s'en allait dans la nuit lui apporter « les secours de la
religion », je fis monter à Dieu cette ardente prière : « O mon
Dieu,
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Toi qui as tant aimé le monde, révèle ton Fils unique à cette
âme inconnue et sauve-la dans ta grâce infinie ! Emploie ce
prêtre pour lui apporter l'unique message qui sauve, la Croix
du Calvaire, le sang précieux du Christ qui purifie de tout
péché. Pénètre-le de la solennité de sa mission, lui qui va être
le dernier humain à lui parler de Toi »...
Mais, au fond, pourquoi m'occuper ainsi de l'âme de
mes frères? N'ont-ils pas tous dans ce monde leur religion? Ne
peuvent-ils pas en toute occasion, et sur leur lit de mort, faire
appel au prêtre ou au pasteur qui leur plaît? Pourquoi donc
m'inquiéter? N'y a-t-il pas un clergé officiel pour baptiser,
marier, assister, enterrer?
Malgré tout cela je me. sens responsable, car je sais
bien qu'aucune religion ne peut sauver par elle-même. Je sais
aussi que nombreux sont ceux qui dans ce monde en ont assez
de la religion et ne veulent plus rien entendre.
Alors pour les révoltés de la terre, pour les sans-Dieu,
pour tous ceux qui crient encore : « Pourquoi ? », je prends la
plume, pour leur parler en frère du Dieu des révoltés, du
Seigneur des sans-Dieu, du Dieu qui les comprend mais qu'eux
ne comprennent pas.
Neuchâtel, novembre 1946.
G. R.
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INTRODUCTION
Quand brusquement l'épreuve terrasse
un homme, interrompant le cours régulier de
son existence, frustrant ses desseins,
bouleversant les plans chéris de son cœur,
trois attitudes s'offrent à lui selon son état
spirituel :
la révolte...
la résignation...
l'acceptation joyeuse...
CHAPITRE PREMIER
LES RÉVOLTÉS
Inopportune, la maladie a frappé un homme. Qu'elle soit
la première grande épreuve de sa vie ou le complément d'une
succession de peines, elle fait naître aujourd'hui dans son cœur
un terrible conflit.
Au début, il s'était peut-être résigné, mais maintenant
que l'épreuve se prolonge, il ne peut plus l'accepter. Une sourde
colère, prête à éclater au dehors, étreint sa gorge. En un moment
le cours normal de sa vie est totalement modifié. Ses projets
sont anéantis. Non seulement il doit rompre avec ses habitudes
les plus chères, mais se séparer de ceux qu'il aime pour chercher
au loin une guérison incertaine. S'il est jeune, encore aux études
ou en apprentissage, il voit son avenir brisé, ou tout au moins
gravement compromis. S'il est fiancé, un drame plus douloureux
encore se passe dans son cœur. S'il est marié, père de famille, il
ne peut accepter la charge si lourde qui tombe sur les épaules de
celle qu'il aime ; ne plus pouvoir faire face à ses responsabilités,
l'humilie et le désespère. Il ne peut plus admettre que lui soit
atteint, arrêté, tandis que tant d'autres continuent leur chemin
exempts, semble-t-il, de toute peine !
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Ce qu'il y a de tragique dans cet état, c'est que tout
semble fait pour l'exaspérer. La visite d'un bien portant trop
souvent consolateur fâcheux, la joie bruyante d'un camarade sur
le point de quitter la clinique, lui causent une secrète irritation.
Tout parait s'acharner contre lui et plus il se cabre et se raidit,
plus il est malheureux. Il ne peut plus rien supporter et devient
lui-même insupportable pour son entourage. L'amertume dans
laquelle est plongée son âme se manifeste par son attitude, ses
actes et ses paroles. Le révolté est un être qui s'isole dans sa
douleur, ne pouvant plus communier aux joies et aux
souffrances d'autrui.
Mais au fond, contre quoi, contre qui est-il révolté?
Si jusqu'alors il a fait profession d'athéisme, son attitude
est pour le moins étrange. Lui qui ne s'est soucié ni de Dieu ni
du diable, qui a nié la Providence divine au temps de sa
prospérité, contre quoi, contre qui est-il révolté? Serait-ce contre
la Fatalité, la Malchance, un Hasard aveugle ou simplement
contre le Néant, que vient s'écraser sa rage impuissante et ses
efforts inutiles? Sa révolte ne serait-elle pas plutôt un aveu, un
premier pas vers la reconnaissance d'une puissance supérieure,
invisible, infiniment plus sage et plus puissante que nous, de
laquelle tout provient et dont nous dépendons nous-mêmes? Car
qu'est-ce que ces forces anonymes Hasard, Malchance, Fatalité,
Néant? Pourquoi ne pas jeter le masque et appeler par son Nom
le Maître du Destin et de nos circonstances, Celui que la Bible
nomme simplement Dieu, et que notre orgueil, nos déceptions
ou notre amour du péché nous ont empêchés de reconnaître, de
craindre et d'aimer?
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Si au contraire, n'étant pas assez insensé pour nier
l'existence du Créateur, il a la foi en Dieu, sa révolte ne
manifeste-t-elle pas une foi intellectuelle sans vie? Pur déiste, sa
raison n'a jamais pu admettre qu'un chronomètre existe sans
horloger. Mais le Dieu auquel il croit est trop spirituel, trop
éloigné du monde pour qu'il ait eu quelque relation intime avec
Lui. Aussi, jusqu'à présent, n'a-t-il jamais déposé ses offrandes
ailleurs que sur l'autel du « Dieu Inconnu ».
Ou si, fervent panthéiste, ami des sports et de la nature,
il a confondu Dieu avec le monde au point que pour lui tout
était Dieu, objets d'adoration et lieux de cultes, maintenant que
tout semble contre lui il est désorienté et sans aucun secours,
parce qu'il n'a jamais connu le Dieu vivant et personnel que
nous révèlent les Ecritures et Jésus-Christ.
Déiste ou panthéiste, sa révolte est un aveu. Il a une
croyance, il possède une certaine connaissance de la vérité,
admet l'existence du Créateur en voyant dans ses oeuvres sa
puissance éternelle et sa divinité, mais, dans sa vie passée, il ne
l'a point glorifié comme Dieu et ne lui a point rendu grâces.
Aujourd'hui, il le maudit à voix basse. Si autrefois il l'a cru bon,
maintenant il le voit méchant ; s'il l'a cru beau, il le voit prenant
plaisir à la laideur, à la difformité, aux infirmités qu'apporte la
maladie ; s'il l'a cru tout puissant, il le voit incapable, dominé
par le mal. Si ses lèvres gardent encore le silence, ses pensées
accusent Dieu, et plus il s'en éloigne, plus il est malheureux.
Mais la révolte peut prendre une autre forme. Elle peut
revêtir le masque de l'indifférence ou même de l'insouciance. Le
malade ne veut pas laisser voir
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son amertume, ses déceptions. Il n'accepte pas sa maladie, et
pour montrer qu'il la domine il cherchera plus que jamais à jouir
de la vie. A corps perdu, autant qu'il en a encore la possibilité, il
s'adonnera à toutes les jouissances que ce monde peut encore lui
offrir, quitte à brûler la chandelle par les deux bouts et à
aggraver son état, car, dit-il, qu'importe : « Mangeons et buvons
puisque demain nous mourrons ! » Et sous cette joie bruyante,
sous ces propos frivoles, sous cette conduite relâchée, un pauvre
cœur se meurt désespéré.
Pourtant, ne nous y trompons pas. Le chrétien aussi peut
connaître la révolte. L'homme n'aime pas souffrir et ne choisit
pas volontiers les chemins rocailleux. Cependant la révolte chez
un disciple du Christ est plus triste à constater que partout
ailleurs. Elle ruine son témoignage et manifeste une vie et une
volonté propre non brisées. Elle est le signe d'un éloignement du
Christ, qui peut conduire aux pires reniements.
Révolte silencieuse, révolte ouverte, révolte masquée, où
qu'on la rencontre et quelle que soit sa forme, elle est l'ennemie
numéro un de la guérison.
O malade révolté ! O déçu de la vie, de toi-même, de
tous et de tout, arrête-toi un instant !
Si ta révolte t'apaise, te rend heureux, si elle change tes
circonstances et améliore rapidement ton état, alors, je n'ai rien
à te dire et ces lignes ne te concernent pas.
Si au contraire tu constates chaque jour son impuissance
à rendre ton sort moins cruel, oh ! sois intelligent, rends-toi
compte enfin qu'elle est ton ennemie, qu'elle te tue, faisant de
toi un malheureux !
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Rongé comme tu l'es moralement, comment veux-tu
qu'un bien quelconque s'opère en ton être physique ?
Abandonne tes préjugés, cesse de te lamenter dans le
secret de ton âme, ou ouvertement auprès de ceux qui te visitent
ou t'entourent, et quelle que soit ta croyance ou ton incroyance,
va à Dieu sans détour pour lui ouvrir ton cœur.
Jusqu'à présent, tu ne l'as peut-être jamais fait. Tu as eu
des pensées hostiles à l'égard de Dieu, tu as blasphémé son Nom
aux oreilles de tes frères en maudissant ton jour, mais tu n'es pas
allé trouver Celui contre qui gronde ta colère. Et voilà pourquoi
tu ne vois aucun changement dans ton état.
Puisque, au fond, c'est contre Dieu que tu es révolté, use
donc de droiture et va le trouver. Crois-moi, Il n'est pas si loin
de toi que tu ne puisses l'atteindre, « car en Lui nous vivons,
nous nous mouvons et nous sommes ». Parle-Lui. Il ne t'écrasera
pas. Il n'est pas en colère contre toi. Aujourd'hui Il fait grâce
même au blasphémateur, à l'outrageux et à tous ceux qui,
aveuglés, ont cru voir en Lui un Ennemi de leur bonheur. Lui se
souviendra que « lés paroles d'un désespéré ne sont faites que
pour le vent ». Il saura comprendre que ta force n'est pas celle
des pierres et que ta chair n'est pas d'airain. Il n'oubliera pas de
quoi tu es formé et se rappellera que tu es poussière. Dis-lui
sans tarder ta révolte, répands devant lui ton cœur. Déclare-lui
(lue tu ne comprends pas, que c'est trop, que tu n'en peux plus.
Alors, doucement, tendrement, irrésistiblement, dans ses
compassions infinies, Il t'attirera vers le Christ, son Fils unique,
ton Sauveur méconnu, qui prit sur Lui toute ta souffrance,
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tous tes péchés, toute ton iniquité. Sans bien comprendre ce qui
se passe encore en toi, tu te sentiras déchargé, soulagé. Jésus,
l'Homme de douleurs, absorbera ta révolte et tes souffrances, te
faisant la grâce de croire à son si grand amour qui te donne la
vie éternelle.
Révolté ! C'est un salut pour vivre et non seulement pour
mourir qui t'est gratuitement offert aujourd'hui ! Une vie
merveilleuse est mise à ta portée. Saisis cette vie éternelle en
répondant sans tarder à l'invitation suprême du Christ qui ne
saurait mentir et qui dit :
Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes
chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur
vous, et apprenez de moi, car je sais débonnaire et humble de
cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est
aisé et mon fardeau est léger. (Matthieu 11 v. 28.30.)
Celui qui recherche premièrement le Royaume de Dieu
et Sa justice, peut être certain de faire l'expérience que toutes les
autres choses lui seront données par-dessus. (Matthieu 6 v. 33.)
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CHAPITRE II
LES RÉSIGNÉS
Les résignés sont nombreux sur la terre. On leur a dit, et
ils l'ont constaté de visu, qu'il y avait dans le monde de plus
malheureux qu'eux-mêmes.
Certains trouvent dans la vie d'un résigné de la noblesse
et de la grandeur d'âme. La résignation leur parait être une
attitude courageuse. D'autres, par contre, y découvrent plutôt un
manque d'énergie pour ne pas dire un indice de paresse ou
même de lâcheté.
A vrai dire, il existe plusieurs genres ou degrés de
résignation.
Las d'une révolte vaine, amoindri par la maladie,
l'homme se tait et laisse les choses venir. Sa vie est terne et sans
joie. Il n'a aucune relation personnelle avec Dieu, aucune prière
ne monte de ses lèvres sur lesquelles erre un vague sourire
désabusé. II est résigné parce qu'il ne peut faire autrement. C'est
la résignation grise, la résignation du vaincu.
Ayant la crainte de Dieu, comme un Job, l'homme se
soumet sans murmurer devant les voies insondables du Très-
Haut. Il ne comprend pas, mais ! n'attribue rien d'injuste à Dieu.
Cette résignation
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est un témoignage de soumission. Pourtant, quand l'épreuve se
prolonge, il est des jours, des hommes et des circonstances qui
émoussent la patience et arrachent au cœur ce soupir : « Jusques
à quand? ».
A d'autres heures, c'est le mot insidieux si tenace qui
revient à la charge : « Pourquoi? ». La foi aurait bien des
réponses, mais elle est souvent si petite et si faible et les voies et
les pensées de Dieu sont tellement mystérieuses ! C'est la
résignation pieuse.
Que faudrait-il à tous pour connaître un autre état ?
Une relation personnelle avec Dieu en Jésus-Christ, et
une connaissance plus intime de son cœur, de ses pensées, de
ses voies et de son plan à l'égard de l'homme !
Or c'est bien cela qui manque un peu partout. Et il est
surprenant de constater à quel point les hommes, même ceux
qui font profession de croire en Dieu, vivent dans l'ignorance du
vrai Dieu et méconnaissent les pensées du Seigneur à leur égard.
Job lui-même, qui ne manquait pas de piété, put s'écrier au
terme de son épreuve : « J'avais entendu parler de Toi, mais
maintenant mon oeil t'a vu ! ». C'est là toute la différence. Pour
que l'orientation de nos pensées change il nous faut, comme
Asaph, pénétrer dès ici-bas dans les sanctuaires de Dieu ! Or
beaucoup en restent éloignés ou seulement sur le seuil.
Croire à l'existence de Dieu est déjà quelque chose, mais
cela n'avance guère les hommes, et chez plusieurs la croyance
en Dieu est peut-être moindre que celle professée par le diable
lui-même. Ne nous y trompons pas, Satan et les démons non
seulement croient en Dieu, mais tremblent devant Lui, tandis
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que beaucoup d'hommes croient en Dieu sans se soucier de Lui
et de sa sainte volonté. Or la croyance du diable ne sauve pas ;
ce n'est pas la foi, mais la croyance en face de l'évidence,
croyance commune à tous les damnés !
Questionnons un peu les hommes autour de nous sur ce
qu'ils pensent de Dieu. Cela est assez facile et très peu
compromettant. Le nom de Dieu est sur toutes les lèvres et les
hommes ne se font pas faute de l'employer en vain sans se
soucier de transgresser chaque fois le troisième commandement.
Vous obtiendrez le plus souvent des réponses
étonnamment vagues. Les uns vous diront : « Dieu, c'est l'Etre
suprême, la Cause première. » D'autres l'appelleront « la
Providence », le Tout-Puissant, le Créateur, etc. Pour d'autres
encore, il sera tout simplement « le bon Dieu », toujours
d'accord avec eux dans tout ce qu'ils font ! - Certes, à
l'exception de ce dernier titre qui le rabaisse, Dieu est tout cela,
mais combien ces appellations laissent Dieu dans la bruine.
Quel manque de précision, d'amour, d'élan ! Combien peu
nombreux sont ceux qui s'écrient avec chaleur et conviction : «
Dieu, c'est mon Père, je le connais et Il m'aime ! Je vis dans Son
amour ! » Et pourtant c'est de cette connaissance-là que dépend
le vrai bonheur de notre vie, notre réconciliation actuelle avec
toutes les voies de Dieu qui si souvent nous paraissent
contraires.
Et pourquoi les hommes ne connaissent-ils pas Dieu
comme un Père?
Parce qu'ils ne connaissent pas Jésus-Christ son Fils
unique, qui seul révèle le Père ! (Matthieu 11 v. 27.)
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Il faut bien le dire une fois pour toutes : En dehors du
Christ, il n'existe pas de réelle et complète connaissance de
Dieu. C'est le Fils qui révèle le Père. C'est en Christ qu'on peut
voir le Père. Sur ce sujet, les Ecritures sont formelles : «
Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique (lui est dans le sein
du Père, Lui, l'a fait connaître. » (Jean 1 v. 18.)
Seulement, voilà, du Christ, les hommes ne se soucient
guère ! Que pensent-ils de Lui? - Quand son Nom ne sert pas de
chanson aux buveurs, quelle place occupe-t-il dans les cœurs?
On l'appelle bien Seigneur ! « Vous m'appelez Maître et.
Seigneur, et vous dites bien, car je le suis », disait-il déjà, mais
Il ajoutait aussi : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent :
Seigneur,, Seigneur, (lui entreront dans le royaume des cieux,
mais celui (lui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
»
La personne et l’œuvre de Jésus-Christ posent à la
conscience de tout homme une question capitale. Il y a près de
deux mille ans, parut en Palestine un Homme qui fut présenté et
se présenta comme « l'Envoyé de Dieu », le Fils unique et
éternel du béni ! Les témoignages de ces faits sont sûrs. Crucifié
sous Ponce-Pilate auquel les principaux des Juifs l'avaient livré
par envie, le Christ ressuscita trois jours plus tard et « se
présenta Lui-même vivant à ses disciples avec plusieurs preuves
assurées, étant vu par eux pendant quarante jours et parlant des
choses qui regardent le royaume de Dieu ». Après quoi, leur
ayant donné ses ordres sur la montagne des Oliviers, sous leurs
yeux, Il fut élevé au ciel d'où Il était venu.
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Or ces faits, si importants en eux-mêmes, avaient été
annoncés des siècles à l'avance par des prophètes et consignés
dans les livres sacrés des Juifs. Quiconque veut bien lire
aujourd'hui encore l'Ancien Testament y trouvera dépeinte, en
des tableaux d'une netteté et d'une précision saisissantes, la vie
même de Jésus. Il y trouvera annoncées : Sa venue comme
unique espoir du monde, et sa mort ignominieuse comme
expiation des péchés des hommes !
Témoins (le sa résurrection, les disciples du Christ,
remplis du Saint-Esprit, parcoururent 1e monde, prêchant
l'Evangile, « attestant auprès de tous les hommes que c'est Lui,
le Christ, qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts
», ajoutant encore que « tous les prophètes rendent de Lui le
témoignage que quiconque croit en Lui reçoit le pardon des
péchés ».
Si ces choses sont vraies, comment se peut-il que si peu
d'hommes s'en préoccupent? Ne vont-ils pas au-devant d'un
terrible jugement en négligeant ou en méprisant un si grand
salut?
Le Christ est méconnu parce que les hommes ne se
connaissent pas eux-mêmes, et n'éprouvent pas le besoin d'un
Sauveur. Beaucoup estiment, au mépris des Ecritures, que leurs
oeuvres pourront les sauver. lis préfèrent leur vague croyance à
la Révélation positive de Dieu. Ils suivent leur propre esprit et
les idées des hommes, plutôt que la Parole de Dieu qui déclare
sans exception tout homme pécheur, et présente la foi au Christ,
victime expiatoire, comme l'unique moyen de salut offert à tous.
Discuter avec Dieu, contester avec Lui est inutile et insensé.
Dieu est Dieu et n'a de compte à rendre à personne. Il ne peut ni
se tromper, ni nous tromper. Sa créature
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doit le croire et accepter avec reconnaissance la grâce qu'Il lui
offre.
Quand le Christ est reçu dans un cœur, une vie nouvelle
commence. Notre vie, qui hors de Lui était une énigme pour
nous et bien souvent un fardeau, prend un sens tout nouveau.
Dieu, qui nous paraissait lointain et caché, s'approche
maintenant de nous, nous réconcilie avec Lui, en nous révélant
son amour et son cœur de Père. En Christ une relation nouvelle
s'établit entre Dieu et sa créature. Nous devenons ses enfants.
Dès lors, qui pourrait troubler la paix d'un enfant de Dieu?
Quelle circonstance saurait ébranler sa confiance? Il sait que
rien n'arrive si Dieu ne l'a point commandé ou permis. Or ce
Dieu tout puissant est son Père, et s'il est une chose au monde
dont il ne peut douter, c'est de Son amour.
En Christ, il a appris qu'il est prédestiné à la gloire
éternelle et que son passage sur la terre est une école par
laquelle, au moyen d'épreuves diverses, Dieu l'éduque et le
forme pour un monde si glorieux que toutes les beautés de la
terre n'en sont que des ombres imparfaites !
Oh ! vous tous, mes amis résignés, dont la vie s'écoule
terne et grise, vous tous qui ne murmurez pas mais qui ne
connaissez plus le chant de la joie, vous dont le soleil paraît se
coucher pendant qu'il fait encore jour, faites un pas en avant !
Etrangers au Christ ou disciples du Christ, ouvrez les Evangiles
et apprenez à connaître le Seigneur Jésus.
Alors, vous comprendrez que votre tribulation actuelle
n'est que passagère. Avec saint Paul vous ferez l'expérience que
« les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d'être
comparées à la
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gloire à venir qui doit nous être révélée ». Ayant la paix avec
Dieu, certains d'être au travers de tout les objets de sa faveur, et
possédant dans vos cœurs « l'espérance de la gloire de Dieu »,
vous vous glorifieriez dans les tribulations, « sachant que la
tribulation produit la patience ». Et la patience nous amène à des
expériences telles, que l'espérance ne peut plus nous quitter et
encore moins nous décevoir, « parce que l'amour de Dieu est
versé dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné ».
O résigné, l'attitude passive n'est pas selon Dieu Tu ne
vis pas ici-bas pour toi-même, mais pour Lui. Entre dans le plan
de Dieu à ton égard, deviens son collaborateur et tu connaitras
la joie en toutes circonstances.
Si, comme à Moïse, Dieu a dû te dire : « C'est assez, ne
me parle plus de cette affaire », sois assuré que ce que Dieu te
refuse n'est rien en comparaison de ce qu'Il veut te donner.
Quand Dieu dit non à un désir même légitime de nos cœurs,
réjouissons-nous, car son refus est l'indice sûr qu'Il a préparé
quelque chose de meilleur pour nous ! En attendant, comme à
saint Paul Il nous dira : « Ma grâce te suffit ». Et quelle est cette
grâce sinon Christ Lui-même, solution de tous nos problèmes,
clef de toutes les situations, réponse à tous nos besoins,
plénitude pour la vie présente et pour l'éternité?
Jamais on n'a entendu, jamais on n'a ouï dire, jamais
Gril n'a vu, hors toi, ô Dieu, ce que Dieu a préparé pour celui
qui s'attend à lui. Tu viens à la rencontre de celui qui se fait
une joie de pratiquer la justice, de ceux qui se souviennent de
toi en suivant tes voies. (Esaïe 64 v. 4-5.)
-24-
Résigné, relève la tête ! Le Christ a un message pour toi
« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.
Celui qui croit en moi, selon ce qu'a dit l'Ecriture, des fleuves
d'eau vive couleront de son sein. » (Jean 7 v. 37-38.)
- 25 -
CHAPITRE III
LES VAINQUEURS
OU L'ACCEPTATION JOYEUSE
Par une nuit obscure, un homme chargé d'angoisses et de
soucis lutte seul avec Dieu. Mais il ne sait pas contre qui il
combat, et, jusqu'au lever de l'aurore, il s'épuisera dans une lutte
inégale. Soudain, au moment même où sa hanche étant luxée, il
chancelle, vaincu, les premières lueurs de l'aube lui révèlent le
vrai visage de Celui qu'il a pris pour un ennemi. En un instant, il
comprend son erreur et, brisé, à bout de force et de ressource il
se jette en pleurant dans les bras de Celui qu'il combattait.
Maintenant, il s'accroche à Lui, s'abandonne sans réserve, et
implore Sa bénédiction. Et tandis que le soleil se lève, en même
temps que Jacob reçoit un nouveau nom, Israël (1), une vie
nouvelle commence pour lui. Que s'est-il passé? Jacob
l'explique en appelant le lieu de son combat « Peniel » (2), car,
dit-il : « J'ai vu Dieu face à face, et mon âme a été délivrée ! »
Vainqueur de Dieu.
(1) Face à Dieu.
- 26 -
Que d'hommes, que de femmes, ressemblent à Jacob !
(Genèse 32). Quand donc l'aurore se lèvera-t-elle pour eux, leur
faisant connaître le doux visage de Celui dont le bras les arrête,
dent la main les frappe afin de les bénir et de transformer leur
vie? Alors ils appelleront aussi leur lit de souffrance ou leur
chambre de malade « Peniel », un lieu duquel ils pourront dire :
« Là, j'ai rencontré Dieu et j'ai vu Sa face ! »
Dans une nacelle battue par les vagues, une poignée
d'hommes se tourmentent à ramer, car le vent est contraire.
Soudain, dans la nuit, marchant sur la mer écumante, telle un
fantôme, une forme humaine s'approche de leur esquif, mettant
l'effroi dans le cœur des rameurs. Dans la tempête hagarde, les
disciples n'ont pas reconnu Jésus, leur Sauveur merveilleux qui
vient à leur secours. L'épouvante les saisit et leur arrache des
cris d'angoisse. Mais aussitôt, majestueuse, la voix aux
intonations si chaudes du Maître des éléments rassure les cœurs
craintifs
« Ayez bon courage, c'est Moi, n'ayez point de peur ! »
Puis, Jésus monte vers eux dans la nacelle, et le vent tombe.
(Marc 6 v. 47-51).
Semblables aux disciples luttant contre le vent contraire,
prenant Christ pour un fantôme plutôt que pour leur délivrance,
des milliers d'affligés s'épuisent sur la mer agitée de la vie !
Quand comprendront-ils que le règne de la peur cesse dans les
âmes avec la domination du Christ, et que le vent contraire
tombe dès qu'on laisse entrer Jésus dans son cœur?
-27-
« Quand la maladie nous enserre, on ne pourra jamais
assez se redire que c'est dans l'acceptation de cette vie
bouleversée que sera notre salut physique, moral et spirituel (1).
Cependant, si « accepter » est un grand et beau mot, il
faut, pour qu'il devienne une réalité dans une vie, qu'un motif
plus puissant que la douleur, l'isolement, l'inquiétude et les
privations nombreuses allant de pair avec la maladie, étreigne
notre cœur. Sinon, l'acceptation ne sera qu'une sorte de
résignation supérieure.
Pour parvenir à l'acceptation joyeuse, illustrée par les
deux récits ci-dessus, deux choses sont absolument nécessaires
Reconnaître la main de Dieu dans toutes nos
circonstances ;
Recevoir Christ, Sauveur vivant, qui nous apporte sa
divine sécurité pour le reste de la course et nous fait envisager
toutes choses sous l'angle de l'éternité --- nous abreuvant au
cœur même de Dieu, source intarissable de toutes béatitudes.
Mais même si ces deux conditions sont remplies, cela ne
veut pas dire qu'au jour où l'épreuve nous frappera nous
atteindrons aussitôt la vie de plénitude à laquelle Dieu nous
appelle dès ici-bas, cette vie de paix dans la souffrance, de joie
dans la tristesse, de contentement dans les renoncements, cette
vie (lui vaut mille prédications et d'où s'exhale le parfum même
du Christ.
Et pourquoi? --- Parce que nos expériences les plus
précieuses, notre compréhension et nus progrès spirituels
s'opèrent plus souvent dans le creuset de
(1 ) Madeleine CHASLES. Le temps de la patience...
-28-
l'affliction que dans les jours faciles et doux. Il ne devrait pas en
être ainsi. Souvenons-nous donc sans cesse que plus nos
relations avec Dieu seront intimes et constantes, plus nous
serons capables de glorifier Dieu dans les débuts mêmes de nos
tribulations.
« Soyez toujours joyeux !... En toutes choses rendez grâces ! »
Ainsi parle l'Ecriture sainte !
Est-il possible de réaliser de telles exhortations dans un
monde où le temps et les circonstances nous atteignent tous?
Pour l'homme naturel cela est inconcevable, mais pour
Dieu toutes choses sont possibles et deviennent possibles à celui
qui croit !
Cependant, celui qui atteint cet état de repos de la foi
constatera toujours qu'il s'y trouve par pure grâce et parce qu'il
connaît l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance !
Le croyant ne parvient à ce degré spirituel et ne s'y
maintient que par une connaissance toujours plus complète de
soi-même et de tout ce que Dieu est pour lui en Christ.
Pour cela, il revient sans cesse à la Croix du Calvaire où
mourut son Sauveur. Là, il découvre la ruine totale de sa nature
et perd toutes ses prétentions. Golgotha lui révèle la mesure de
l'inimitié de l'homme contre Dieu. Pourtant, sur cette colline
sanglante, il peut mesurer autre chose que sa profonde misère.
La croix le place en face d'un amour insondable, celui de Dieu
donnant son Fils unique pour le salut éternel de son âme. Dans
la contemplation
-29-
du divin crucifié mourant pour des impies, il trouve la preuve
irréfutable de l'amour de Dieu pour ses créatures. Dès lors, il
connaît la grâce et sait que pour lui tout est grâce.
Plus il pense à ces choses, plus il devient conscient (le
son entière dépendance de Dieu.
La surabondante grâce de Dieu lui apparaît comme un
océan sans rivage. Ce n'est plus dans la seule question du salut
de son âme qu'il la voit en activité, mais dans tous les détails de
sa vie. Jusqu'à hier, il trouvait tout naturel de jouir d'une bonne
santé. Ne faisant pas d'excès, il s'en attribuait secrètement le
mérite. Vivre au milieu des siens, être nourri et vêtu, posséder
quelques biens, tout cela était à ses yeux le fruit légitime de son
labeur. Et si pourtant, dans sa prospérité, il s'est souvenu de
Dieu pour le bénir, sa reconnaissance venait davantage de
traditions pieuses (lue d'une conviction personnelle.
Aujourd'hui, la grande vérité proclamée par Job dans son
dépouillement pénètre son cœur : « Nu, je suis sorti du sein de
ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. » Devant
cette froide réalité (lui faisait dire plus tard à Paul : « Nous
n'avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous
n'en pouvons rien emporter », il saisit à quel point tout est grâce
pour l'homme, si bien qu'il considère sa vie sous un angle tout
nouveau. Rien ne lui appartient en propre ; ce qu'il possède, il
l'a reçu de Dieu, et doit par conséquent être prêt à rendre à tout
moment et sans murmure ce que Dieu, pour un temps, a bien
voulu lui confier. Si dans le romaine de la vie courante il sait
restituer avec gratitude un objet emprunté, à l'instar de Job il
pourra désormais rendre à Dieu ses dons avec actions de
-30-
grâces, faisant sien le mot sublime du patriarche « L'Eternel a
donné, et l'Eternel a ôté ; que le nom de l'Eternel soit béni ! »
Mais dans le chemin de la vérité, le Saint-Esprit le
conduira plus loin encore. Non seulement l'homme apprendra
que rien ici-bas n'est à lui, il reconnaîtra encore que les disciples
du Christ ne s'appartiennent point à eux-mêmes, et ne peuvent
plus « vivre pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et
ressuscité pour eux ».
Tandis que la seigneurie du Christ s'établit peu à peu sur
sa vie tout entière, la Bible dont il se nourrit lui devient toujours
plus chère. Plus il s'approprie les promesses de ce livre, plus il
constate chaque jour leur merveilleux accomplissement. Il
connaît « le don de Dieu », il a bu aux eaux vives de la grâce et
elles deviennent pour lui une fontaine jaillissante. Il découvre
alors (lue le salut n'est pas une chose offerte en vue du jour de la
mort, une assurance contre le jugement et l'enfer, mais une
relation actuelle avec Dieu, une vie qui n'est autre que celle de
Christ, manifestée dans notre chair mortelle. Le salut, c'est
l'entrée puissante d'une Personne en nous. C'est « la vie en
abondance » promise par Jésus à ses brebis, la vie où l'on
découvre chaque jour davantage « les richesses insondables du
Christ ».
Alors une seule passion vient dominer son âme, une
seule vision remplit ses yeux, une seule pensée occupe son
cœur, et parce qu'il en fait l'expérience, avec Paul il peut s'écrier
: « Les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées à
cause du Christ comme une perte. Et je regarde même aussi
toutes choses comme étant une perte, à cause
- 31 -
de l'excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon
Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les estime comme
des ordures, afin de gagner Christ... pour le connaître, Lui et la
puissance de sa résurrection, et la communion de ses
souffrances... » (Phil. 3 v. 7-10.)
A nouveau il est au pied de la Croix du Calvaire qui, par
le Saint-Esprit, lui révèle son message libérateur. Il comprend
que là, il trouve en Christ bien plus qu'un glorieux substitut,
mais son représentant devant Dieu. Sur cette croix, selon le
témoignage même de la Parole de Dieu, il se voit par la foi
identifié à son Sauveur crucifié, mort avec lui au péché, à la loi,
au monde. Mais Christ étant ressuscité, il se voit aussi par la foi
ressuscité avec Lui. (Rom. 6.) La mort de Christ à la Croix est
donc pour lui la fin d'une vie de souillure, d'esclavage, de
convoitise, d'infructueux efforts, et la résurrection de Christ, le
commencement d'une vie nouvelle portant du fruit pour Dieu en
Jésus-Christ. Soudain il comprend le secret de la vie de saint
Paul et laisse l'Esprit Saint graver à jamais ces paroles dans son
cœur : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais
Christ vit en moi; - et ce que je vis maintenant dans la chair, je
le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est
livré lui-même pour moi ! » (Gal. 2 v. 20.)
Oh !. quelle révélation ! Le langage de Paul qu'il trouvait
si abstrait devient maintenant pour lui tellement concret! Il a
découvert la richesse glorieuse de ce petit mot en si souvent
employé dans les épîtres de l'apôtre. Désormais, il sait qu'il est,
aux yeux de Dieu, « un homme en Christ » (2 Cor. 12 v. 2).
Christ est sa vie et la sphère dans laquelle il vit tout
-32-
en étant encore dans le monde. Il demeure en Christ et Christ
demeure en lui. Telle est la glorieuse réalité qu'apporte la foi
dans une vie.
Vie de foi ! Unique secret de la victoire, source de paix,
de joie et de repos '.
Vie de foi en un Dieu connu en Jésus-Christ comme un
Père plein d'amour, siégeant sur le trône de la grâce, « duquel
nous nous approchons avec confiance pour recevoir miséricorde
et trouver grâce pour être secourus au moment opportun ».
Vie de foi en un Sauveur parfait en qui nous avons
obtenu une rédemption éternelle et qui dans le ciel même nous
représente devant Dieu, intercédant pour nous.
Vie de foi en un Seigneur qui dirige nos vies sur la terre
par le Saint-Esprit qu'Il nous a donné, hôte divin qui a fait sa
demeure en nous au point que nos corps en sont le temple.
Vie de foi en la vivante et permanente Parole de Dieu
qui nous affirme que « toutes choses travaillent ensemble au
bien de ceux qui aiment Dieu ! »
Seules, la connaissance intime et personnelle du Dieu et
Père de notre Seigneur Jésus-Christ et la foi en ses promesses
peuvent amener un homme à accepter les maux comme les
biens, sans que sa paix soit troublée et sa joie ôtée. Alors, avec
Paul il peut dire : « J'ai appris à être content en moi-même dans
les circonstances où je me trouve. » (Phil. 4 v. 11.)
« J'ai appris » ! Amis malades, ne vous découragez pas.
Même un grand apôtre a dû apprendre l'acceptation joyeuse.
-33-
Mais écoutons à travers les siècles du christianisme et
jusqu'à nos jours les accents puissants du cantique que les
malades vainqueurs se sont appropriés
« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Celui
même qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour
nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi de toutes
choses avec Lui Qui intentera accusation contre des élus de
Dieu? C'est Dieu qui justifie ; qui est Celui qui condamne? C'est
Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi ressuscité, qui est
aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous ; qui est-
ce qui nous séparera de l'amour du Christ? Tribulation ou
détresse, ou persécution, ou famine, ou nudité, ou péril, ou
épée?... Au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus
que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis assuré
que ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni choses
présentes, ni choses à venir, ni puissances, ni hauteur, ni
profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de
l'amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur
» (Rom. 8 v. 31-39.)
Peut-on connaître dans un langage humain quelque
chose d'aussi beau? Quelle que soit l'issue de sa maladie, celui
qui fera siennes les paroles inspirées de cette hymne sera
vainqueur.
Il se souviendra que sa maladie fait partie de ces « toutes
choses » qui travaillent pour son bien '. II verra même dans son
épreuve un exaucement inattendu d'un soupir que lui arrachait
parfois son activité débordante : « Oh .' qu'un temps passé à
l'écart me serait profitable ' » Par cette maladie, Dieu ne lui
donne-t-il pas ce temps qu'il n'aurait jamais su
-34-
prendre si la main de Dieu ne l'avait pas touché A quoi bon
gaspiller de précieuses journées à ronger son frein ! La vie est
brève, l'épreuve mesurée. Pour ne pas perdre le bénéfice de
l'affliction, il mettra à profit le temps qui lui est accordé pour
mieux connaître le plan de Dieu et ses pensées à son égard afin
d'être mieux à même de le glorifier dans sa vie. Dès lors la
maladie ne le dominera plus. Il la dominera et elle le servira.
Elle deviendra même pour lui un tel enrichissement qu'il pourra
dire plus tard « Avant que je fusse affligé, j'errais ; mais
maintenant je garde ta parole... Il est bon pour moi que j'aie été
affligé, afin que j'apprenne tes statuts. (Ps. 119 v. 67 et 71.)
Occupé du Seigneur et non plus de ses maux, dans la
lecture de la Bible devenue son livre de chevet, le croyant va de
découverte en découverte., et, comme le Psalmiste, il éprouve
tant de bonheur clans cette lecture qu'il s'écrie : « J'ai de la joie
en ta Parole, comme un homme qui trouve un grand butin. » Il
pourra même dire en vérité : « Ta parole m'a fait vivre ! »
De plus en plus, les voies et les pensées de Dieu lui
deviendront familières. Pour que la distance qui s'étend entre les
cieux et la terre ne sépare plus les pensées et les voies du
Seigneur, de nos pensées et de nos voies, il faut vivre là où Dieu
se trouve. Quand nous saisissons par la foi que « notre vie est
cachée dans le Christ en Dieu », et (lue nous ne voulons plus
vivre ailleurs que là, non seulement Dieu nous révèle ses
secrets, mais, quelles que soient nos tribulations, un seul de nos
jours vaut mille journées d'un incrédule riche et bien portant !
Telle est la vie de ceux qui connaissent le chemin
-35-
des lieux saints et qui se tiennent « au-delà du voile ».
Connais-tu, cher malade, cette vie victorieuse dans le
sanctuaire
Oh !' approche-toi « avec un cœur sincère et dans la
plénitude de la foi, le cœur purifié d'une mauvaise conscience et
le corps lavé d'eau pure », et entre, entre aujourd'hui dans la
pleine possession de tous tes privilèges !
Tu entendras dans le sanctuaire « des paroles ineffables
qu'il n'est pas permis à l'homme d'exprimer », mais qui
laisseront dans ton cœur et dans ta vie un souvenir ineffaçable.
Là, l'essentiel du «pourquoi? » des épreuves te sera
dévoilé, si bien que tu n'auras pas besoin d'attendre le ciel et ses
pleines révélations pour bénir e1 louer Dieu pour toutes choses.
Il n'est pas interdit au chrétien de se poser un «
pourquoi? » - Mais ce « pourquoi? » doit l'inciter à rechercher
dans la Bible les réponses dont il a besoin pour comprendre le
langage de Dieu.
Du commencement à la fin, la Parole de Dieu lui
apprend que le but du Seigneur dans l'épreuve est, d'une part, de
glorifier Son Nom et, d'autre part, de nous faire du bien â la fin.
Si même nous ne comprenons pas les méthodes de Dieu et ses
mesures à notre égard, la certitude que Lui est infiniment bon et
sage doit nous suffire.
Mais recherchons au travers de la Bible quelques-uns
des « pourquoi? » de l'épreuve, dans le sincère désir de ne
jamais rien perdre des leçons de cette divine école.
-36-
La maladie comme telle est une conséquence du péché
dont le salaire final est la mort. Elle est même appelée dans le
livre de Job « le premier-né de la mort ». Sans la chute, les
larmes, la mort, le deuil, les cris, les peines seraient choses
inconnues sur la terre. Comme tous les autres maux, la maladie
a son origine dans le péché de l'homme ; mais si cela est vrai,
elle n'est pas nécessairement, et loin de là, le signe d'une
punition de Dieu ou d'un châtiment. Elle est un instrument dont
Dieu se sert pour notre bien et pour faire notre éducation.
Il ressort clairement de l'enseignement général et
particulier de la Bible, que Dieu emploie la maladie ou toute
autre épreuve:
Pour amener un homme emporté dans le tourbillon des
affaires de ce monde ou vivant simplement dans l'insouciance
ou la rébellion, à penser à son âme et à Dieu. Dieu lui donne
ainsi le temps matériel de se mettre en règle avec Lui avant qu'il
ne soit trop tard. Dans sa patience, Dieu parle une fois, deux
fois, et l'homme n'y prend pas garde... Alors, dans son amour
pour l'âme perdue, le Seigneur de toute chair frappe plus fort
pour réveiller à salut l'âme insensible qui, aveuglée, court à sa
perte.
Pour ramener un pécheur égaré, pour le faire rentrer en
lui-même et le conduire à reconnaître ses fautes et sa misère
devant Dieu, afin que cette âme trouve dans l'humiliation
sincère, la confession et l'abandon de ses péchés, le pardon du
Dieu saint « qui ne souhaite pas la mort du méchant, mais
plutôt qu'il se détourne de ses voies, et qu'il vive ». Ex.
Manassé, roi de Juda (2 Chron. 33) ; l'enfant prodigue (Luc 15).
Pour glorifier son Nom aux yeux des hommes
-37-
par la grandeur de ses délivrances, toujours proportionnées à la
profondeur de nos détresses. Ex. L'oppression des Israélites par
les Egyptiens (Exode 1 à 5) ; les trois Hébreux dans la fournaise
ardente (Dan. 3) ; l'aveugle-né du chapitre 9 de l'Evangile de
Jean ; la maladie de Lazare (Jean 11).
Pour nous apprendre à connaître le fond de notre cœur,
pour manifester la mesure de notre fidélité et créer une autre
faim que celle des biens matériels, la faim de la Parole de Dieu,
selon qu'il est écrit : « L'homme ne vivra pas de pain seulement,
mais l'homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel.
» Ex. Israël dans le désert (Deut. 8).
Comme châtiment, chez un croyant qui par un grave
péché a donné occasion aux ennemis de la foi de blasphémer le
nom de Dieu. Cependant, ce châtiment sera toujours plus faible
que celui que le coupable prononcerait lui-même, s'il avait à
juger un cas semblable au sien chez autrui. Ex. Le roi David
(lire l'histoire de son crime et son châtiment aux chapitres 11 et
12 du deuxième livre de Samuel). Que faire si l'on est conscient
que l'épreuve porte pour nous ce caractère? Imiter David qui
confesse sa faute et retrouve, dans l'humiliation, la joie de son
salut (lire les Psaumes 51 et 32).
Pour punir l'orgueil du croyant au jour où Satan l'incite à
agir selon les principes de la chair et de la volonté propre. Ex.
L'histoire du dénombrement du peuple ordonné par David (lire
2 Sam. ch. 24, et 1 Chroniques 21). Que faire alors? Se réfugier
brisé et humilié dans les mains du Dieu que nous avons offensé,
nous souvenant que ses compassions sont grandes, et qu'il est
toujours préférable d'être châtié et corrigé par Dieu que par les
hommes !
-38-
(2 Sam. 24 v. 14 ; Jér. 10 v. 24 ; Lamenta. De Jér. 3 v. 22, 31-
33).
Pour donner au fidèle accusé de servir Dieu par intérêt,
l'occasion de manifester, au sein de la plus grande affliction et
du plus complet dépouillement, qu'un croyant aime Dieu pour
Lui-même et non pour les bienfaits et les avantages dont Il
comble ses enfants. (Ex Job 1-2.)
Pour délivrer l'âme pieuse de toute propre justice et de
ses conceptions de Dieu, en lui donnant l'horreur de soi-même,
mais aussi la joie ineffable de voir la face de Dieu ! (Ex. Job
42.)
Pour nous faire servir au conseil de Dieu et au salut de
beaucoup d'âmes. Ex. a) Les afflictions de Joseph avaient
nettement ce double but (lire Gen. 15 v. 13 ; ch. 37-50 ; Ps. 105
v. 17-22). b) Les tribulations de l'apôtre Paul pour la pleine
manifestation de la vie de Jésus chez les Corinthiens (2 Cor. 4
v. 7-18).
Pour nous apprendre à, connaître les consolations de
Dieu, « afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont
dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont nous
sommes nous-mêmes l'objet de la part de Dieu ». Etre consolé
par Dieu procure une béatitude que toutes les jouissances du
monde ne sauraient égaler. On découvre en Dieu un cœur plus
sensible et plus tendre que celui d'une mère. Jamais main plus
douce n'a essuyé les pleurs, ni pansé les blessures des âmes en
détresse (lire 2 Cor. 1 v. 3-4 ; Matth. 5 v. 4 ; Esaïe 51 v. 12 ; 66
v. 13 ; Job 5 v. 17-18 ; Osée 6 v. 1.)
Parce que « Dieu agit envers nous comme envers des
fils, car quel est le fils qu'un père ne discipline pas? » Dieu nous
traite donc comme des fils
-39-
et non comme des bâtards. « Il nous discipline pour notre profit
afin que nous participions à sa sainteté » (Héb. 12 v. 5-11).
Chez les Hébreux, tout ce que Dieu voulait sanctifier, que ce
soit une personne ou un objet, était séparé, retiré de l'usage
profane et offert, consacré à Dieu. Aujourd'hui encore, par la
maladie, Dieu se plaît à attirer à l'écart une âme « pour parler à
son cœur». Là, au sein même d'un aride désert, « Il rassasie son
âme et la rend pareille à un jardin arrosé, à une source
jaillissante dont les eaux ne tarissent pas » (Esaïe 58 v. 11).
Heureux sont ceux que Dieu appelle dans « la vallée » pour
parler seul avec eux. Là, Il leur fait voir Sa gloire ! (Ez. 3 v. 22-
23). Ami malade, accepte ta vie de « séparé ». C'est une grâce
insigne que Dieu accorde à ses saints. Dans la solitude où Il te
place, Dieu ambitionne de mettre l'image de son Fils en toi pour
te rendre capable de le servir en sainteté véritable !
Pour que nous portions plus de fruit (Jean 15 v. 2), et
pour donner à d'autres l'occasion de porter a beaucoup de fruit »
et « du fruit qui demeure ! » (Jean 15 v. 5-16). Il s'agit avant tout
du fruit de ]'Esprit qui se manifeste dans l'épreuve par « l'amour,
la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité,
la douceur et la tempérance » (Galates 5 v. 22-23). Mais il s'agit
aussi de toutes « les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à
l'avance afin que nous marchions en elles » (Ephés. 2 v. 10). Ex.
a) La maladie d'un père ou d'une mère, qui va apprendre aux
enfants « à montrer leur piété envers leur propre famille et à
rendre à ceux dont ils descendent les soins qu'ils en ont reçus (1
Tim. 5 v. 4). b) Du grabat de l'humble chaumière aux vastes
salles des hôpitaux, des femmes, des hommes dévoués ont
l'occasion jour et nuit de montrer leur amour pour leur prochain
en soulageant de multiples souffrances.
Pour donner au croyant la possibilité d'expérimenter la
toute suffisance de la grâce divine et l'amener à reconnaître
-40-
que Sa puissance s'accomplit dans l'infirmité. Pour manifester
Sa vie, Dieu se sert de fragiles vases de terre, « afin que
l'excellence de la puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à
nous ». Puissions-nous donc être toujours de ces vases sans
apparence dans lesquels pourtant Dieu a placé le plus grand des
trésors. Ex. l'apôtre Paul.
Pour amener l'homme le plus fidèle et le plus pieux à
préférer Dieu à tout ce qu'il a de plus cher et de plus légitime sur
la terre. Comme à Abraham Dieu peut nous redemander « notre
Isaac ».
Pour les uns, « leur Isaac », c'est leur santé ; pour
d'autres encore, « Isaac » c'est leur situation ou même leur
ministère, le service qu'ils avaient reçu de Dieu.
Le sacrifice est douloureux ; mais à l'heure où la foi
triomphe dans l'obéissance, Dieu dans sa grâce rend souvent ce
qu'Il a demandé ou même redonne au double ce qu'il avait
repris. Ex. Abraham (Gen. 22), Job, etc.
Enfin, Dieu éprouve l'homme pour lui apprendre la
patience et la dépendance, purifiant sa foi comme l'or dans le
creuset du fondeur, jusqu'au jour où, « manifesté fidèle par
l'épreuve, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a
promise à ceux qui l'aiment » (lire Jacq. 1 v. 2-8, 12 ; 1 Pi. 1 v.
6-7) ; Es. 48 v. 10 et Mal. 3 v. 2-3).
Dieu veuille donner par l'un ou l'autre de ces quinze
points, une réponse encourageante à l'âme qlui cherche encore
le « pourquoi » de son épreuve ! Quel que soit son cas
particulier, la Bible entière lui enseigne que c'est par amour qu'il
est affligé, et toujours en vue de son bien suprême.
-41-
Ecoutons plutôt :
« Ton Dieu... t'a fait marcher dans le désert grand et
terrible... afin de t'humilier et de t'éprouver, pour te faire du
bien à la fin ! » (Dent. 8 v. 16.)
« La main de notre Dieu est en bien sur tous ceux qui le
cherchent... » (Esdras 8 v. 22.)
« Et Dieu bénit la fin de Job plus que son
commencement. » (Job 42 v. 12.)
« Je crierai au Dieu Très-Haut, à Dieu qui mène tout à
bonne fin pour moi. » (Ps. 57 v. 2.)
« Bien que le pécheur fasse le mal cent fois et prolonge
ses jours, je sais cependant que tout ira bien pour ceux qui
craignent Dieu, parce qu'ils craignent Sa face. » (Ecclés. 8 v.
12.)
« Dites au juste que le bien lui arrivera. » (Es. 3 v. 10.)
« Ecoute, je te prie, la voix de l'Eternel dans ce que je te
dis, et tout ira bien pour toi et ton âme vivra. » (Jér. 38 v. 20.)
« Il fait toutes choses bien. » (Marc 7 v. 37.)
« Toutes choses travaillent
