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QUE PENSEZ-VOUS
DU CHRIST?
GASTON RACINE
Mahanaïm
© Gaston Racine
Mahanaïm
Dépôt légal: 2ème trimestre 1988
Gaston RACINE
Né en Suisse en 1917, de descendance huguenote,
il se convertit à l'âge de 14 ans où il eut une vision
particulière de l'unité des chrétiens.
Arrêté en pleine jeunesse par la maladie, il apprit à
l'école de la souffrance à renoncer à ses plans et ses
projets les plus chers pour se soumettre à la volonté
de Dieu.
Après plus de 50 ans de ministère pastoral et
d'enseignement biblique dans divers pays du
monde, tout en restant foncièrement attaché à la
révélation divine telle qu'elle est attestée dans
l'Écriture
Sainte,
Gaston
Racine
demeure
humblement disponible pour servir Son Dieu où Il
veut, comme Il veut et quand Il veut.
Pour accomplir cette vocation, depuis 1947,
Gaston Racine ne dépend d'aucune église
particulière.
En revanche, il encourage tous ceux pour qui le
Christ devient un Sauveur personnel, à témoigner
dans leur milieu ou à se joindre à une communauté
chrétienne non sectaire mais fidèle aux principes
d'Actes
2
v42:
«Ils
persévéraient
dans
l'enseignement des apôtres, dans la communion
fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les
prières.»
Que pensez-vous du Christ »
Introduction
« Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il le
Fils. » (Matthieu 22 v42). Ainsi parlait Jésus,
s'adressant aux Juifs, la semaine de son arrestation
et de sa mort.
Telles sont encore les questions posées aujourd'hui
au monde qui commémore, chaque année, la
crucifixion de Jésus-Christ.
Je pense que vous êtes tous conscients de la
gravité de ces questions. Des réponses qui leur sont
données, de notre pensée à l'égard du Christ
dépendent notre comportement terrestre et, croyons-
nous, notre sort éternel.
Première partie
I. Imposteurs et négateurs
Vous n'ignorez pas qu'au cours de l'histoire du
monde, bien des hommes ont prétendu être « Dieu
sur la terre » : les fous dans leurs asiles : quelques
illuminés orgueilleux dans leurs retraites, qu'elles
soient en France, aux Indes ou en Amérique ; des
imposteurs ayant quelque connaissance de la
prophétie biblique et qui, essayant de la réaliser
dans leur vie, furent bien vite démasqués.
Enfin, vous trouvez les grands négateurs de tous
les temps, qui affirment avoir « détrôné Dieu » ou «
tué Dieu », alors qu'ils ne font ensuite autre chose
que le remplacer en se proclamant eux-mêmes «
Dieu sur la terre » ; tel Nietzsche ce génial dément
qui, après avoir écrit : « Dieu est mort », se
promenait dans les rues de Rome en criant : « Je
suis Dieu ! »
II. Notre ère porte son nom
Il y eut pourtant dans l'histoire du monde un
Être ineffable, un homme né de femme, qui
affirma être Dieu et qui fut condamné pour avoir
revendiqué l'égalité avec Dieu, crucifié pour avoir
osé dire «Celui qui m'a vu a vu le Père. » (Jean
14 v9). En effet, devant le tribunal suprême des
Juifs, alors que le Souverain Sacrificateur
l'adjurait parle Dieu vivant de leur dire s'Il était le
Christ, le Fils de Dieu, Jésus n'a-t-il pas répondu :
« Je le suis. De plus, je vous le déclare, vous
verrez désormais le Fils de l'homme assis à la
droite de la puissance de Dieu et venant sur les
nuées du ciel. (Marc 14 v62).
Oui, cet homme-Dieu, ce Dieu-homme, c'est
Jésus-Christ, l'Être qui a donné son nom à
notre ère et à notre civilisation.
Que vous semble-t-il du Christ?
Que pensez-vous de ses prétentions ?
III. Des opinions contradictoires
Beaucoup nous répondront que Jésus-Christ
était un grand homme, un génie, le plus inspiré de
tous les prophètes, un philosophe inégalé, le plus
sage des grands initiés, le fondateur de la religion
par excellence.
D'autres, sans grande réflexion, le compareront
simplement à Moïse, Confucius, Bouddha ou
Mahomet.
D'autres encore, suivant leur couleur politique,
appelleront l'ouvrier de Nazareth, le premier des
révolutionnaires, le leader spirituel de Galilée, le
plus grand des socialistes, et enfin, le policier du
temple, l'incorruptible réactionnaire.
Ainsi, de l'extrême gauche à l'extrême droite,
l'on vous fait voir Jésus-Christ militer dans l'un
ou l'autre des partis.
Ceux qui parlent ainsi de Jésus montrent
évidemment qu'ils n'ont jamais Pris Jésus-
Christ au sérieux, qu'ils ne croient pas réellement
en lui et n'ont pas de relation avec lui.
IV. Les affirmations de Jésus
Jésus s'est toujours défendu d'apporter une
idéologie particulière, une doctrine personnelle,
ou une religion nouvelle qu'on pourrait opposer
aux autres.
Il louait et admirait la foi partout où elle se
manifestait, qu'elle jaillit du cœur d'une pauvre
femme cananéenne ou de celui d'un officier
païen .
Parlant de la Loi de Moïse, et des prophètes
d'Israël, il affirmait être venu non pour abolir,
mais pour accomplir. (Matth. 5 v17)
Il proclamait être venu pour chercher et sauver
les hommes perdus, pour leur apporter une vie
qui devait être la lumière du monde.
Il prétendait être la révélation de la vie
véritable, la vie éternelle, la vie de Dieu
manifestée dans un corps de chair.
Sous le voile de la chair, Dieu venait au milieu
des hommes, leur révéler la vie qu'Il voulait pour
eux, qu'Il attendait d'eux.
V. Peut-on prendre les prétentions de
Jésus-Christ au sérieux
Jésus-Christ était-il un fou, un illuminé, un
imposteur, ou fut-il réellement la manifestation
de Dieu dans le monde?
Pouvons-nous croire qu'il y eut une heure
dans l'histoire de l'humanité où les hommes
virent Dieu marchant et parlant sur la terre?
Ces questions sont graves, car tous, croyants ou
incroyants, s'accordent pourtant à reconnaître que
Jésus-Christ n'est pas le premier venu. Si les
hommes de son temps purent le mettre sur une
croix, nul aujourd'hui ne peut mettre une croix
sur son nom.
Du reste, aucun de ses contemporains ne niait sa
puissance, et si plusieurs de ses ennemis
attribuaient son pouvoir au diable lui-même, nul
ne pouvait contester ses miracles.
Cependant; ses prétentions et ses revendications
sur les âmes paraissaient, et paraissent encore,
intolérables à certains.
1° Il disait être LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET
LA VIE, et non Un chemin, Une vérité, Une vie
parmi tant d'autres. (Jean 14 v6)
2° Il demandait qu'on le suive et pour cela qu'on
renonce à tout, le préférant lui-même à notre
propre vie, à un père, une mère, une femme, des
enfants, une maison ou des champs.
3° Il déclarait que tous ceux qui étaient venus
avant lui ou qui viendraient après lui, étaient des
voleurs et des brigands.
4° Il affirmait être la porte unique du salut, le
bon berger des âmes, le pain de vie, la lumière
du monde, la cep de vigne, et, au sein d'un
cimetière, la résurrection même.
5° Il disait être « Un avec Dieu et prétendait
avoir sur la terre le pouvoir de pardonner les
péchés.
6° Il donnait une valeur expiatoire à sa mort,
annonçant et décrivant à l'avance aux siens les
souffrances qui l'accompagneraient.
7° Il prédisait, à maintes reprises, sa résurrection
et sa glorification.
D'autre part, Il posait lui-même nettement à ses
disciples la question : « Qui dit-on que je suis ? »
Et, tandis que ceux-ci lui répondaient : « Les
uns disent que tu es Jean-Baptiste, les autres
Élie, les autres Jérémie ou l'un des prophètes »,
Jésus allait plus loin, se faisait plus précis et
demandait à ses fidèles : « Et vous, qui dites-
vous que je suis?» (Matth. 16 v13-15)
Aujourd'hui encore nul n'échappe à cette
question troublante!
VI. La confession de Pierre et la vie
des premiers témoins du Christ
Quand Simon Pierre s'écria spontanément : Tu
es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Jésus
accepta son témoignage et souligna même au
bienheureux Simon, que ce n'étaient pas la chair
et le sang qui lui avaient révélé cela, mais son
Père qui est dans les cieux. (Matth. 16 v16)
Depuis, toute l'Église chrétienne a accepté et
cru le témoignage du premier des apôtres, sa
confession proclamant la divinité essentielle de
Jésus-Christ, roc sur lequel est fondée l'Église.
Ses disciples quittèrent tout pour lui.
Des Juifs attachés au temple et à la tradition se
tournèrent vers lui.
Les sages de la Grèce le saluèrent, les pervertis
et les sensuels de Corinthe abandonnèrent pour
lui leur luxure, et les pierres du Colisée
tremblèrent au « pro Christo » des premiers
chrétiens, alors que d'autres martyrs transformés
en torches vivantes, illuminaient, dans les nuits
romaines, les jardins de Néron.
VII. la vérité à tout prix
Pour nous aujourd'hui, il s'agit de savoir si celui
qui a donné son nom au monde moderne, doit
régner sur l'Avenir comme il a régné sur le
Passé?
Si Jésus doit rejoindre les idoles brisées des
civilisations vieillies, si L'Église est bâtie sur une
légende ou sur une fable, si l'âme chrétienne est la
proie d'un rêve décevant : si notre devoir est de
répudier ce qui a fait, jusqu'ici, l'objet de notre
ferme croyance, notre ancre de salut dans la
tempête, notre espérance assurée'?
Il s'agit de savoir si oui ou non il faut
renoncer à Jésus, car s'Il n'est pas ce qu'Il a
dit être, nous ne voulons pas vivre dans
l'illusion.
Nous irons où nous conduira l'inflexible vérité,
car jamais je ne m'appuierai sur un mensonge, et
je ne suis pas de ceux qui veulent être trompés
pour être consolés.
Deuxième partie
I. Une question qui concerne
tous les hommes
Qui est le Christ'?
Le raisonnement des athées est juste :
Si Dieu existe disent-ils, il doit se montrer : on
devrait pouvoir le connaître, le rencontrer. Nous
ne pouvons croire en un Dieu qui se cache.
D'autre part, si Dieu est amour et tout puissant,
il ne devrait pas abandonner sa créature.
Or, que voyons-nous?
L'homme est affreusement solitaire, il se sent
seul. Il souffre sans aide, sans appui. Les
peuples sont dans l'angoisse et ne trouvent plus
de solution à leurs problèmes. On ne croit plus
: et si même on croit, Dieu n'est pas là. Il est
absent de la vie des hommes. Révoltés,
beaucoup nient tout, sans s'apercevoir
pourtant qu'ils ne peuvent s'empêcher de
croire à quelque chose, fût-ce à la Matière, au
Hasard ou au Néant
Ala Matière, source d'énergie, mais insensible
au coeur, et qui conduit les hommes à l'esclavage.
Au Hasard aveugle qui mène au désarroi.
Au Néant sans visage qui pousse au désespoir,
ou à tous les autres dieux qui invitent à vivre dans
l'illusion et à mourir dans l'impuissance.
II. Où trouver le vrai Dieu ?
N'y a-t-il pas un Dieu personnel, vrai Père et
Mère du genre humain'? Un Dieu qui parle, qui
voit et qui délivre'? Le Dieu qui a fait nos yeux et
nos oreilles serait-il le seul à ne pas voir et
entendre'? Celui qui a formé la langue serait-il
condamné à rester muet'? L'auteur de nos mains et
de nos pieds serait-il paralysé, seul à ne pouvoir
châtier, caresser, délivrer et bénir? Enfin celui qui
a donné un coeur à l'homme, serait-il le seul à ne
pouvoir aimer'?
N'y a-t-il pas eu au cours de l'histoire, des
hommes ayant rendu témoignage à un tel Dieu?
III. Israël témoin universel de Dieu
Ne connaissons-nous pas un peuple dont tous
les problèmes furent résolus, parce qu'un Dieu tout
puissant était au milieu de lui ? Un peuple chez
lequel tous avaient du pain, de l'eau, des
vêtements, des chaussures'? Un peuple assuré
contre les maladies et dont les institutions sociales,
sages et justes, procuraient à tous longévité et
prospérité, à la condition qu'il se laissa diriger,
conduire et éclairer par une Loi sainte et parfaite,
écrite du doigt de Dieu sur des tables de pierre?
J'ai nommé: Israël, ce peuple dont l'histoire, à
elle seule, prouve l'existence d'un Dieu vivant et
personnel; ce peuple qu'on a pu transporter,
disperser et décimer au travers des âges, mais sur
lequel aujourd'hui, moins que jamais, on ne peut
faire une croix, le peuple qui bientôt trouvera son
salut en tournant les regards vers «Celui qu'il a
percé. » (Zacharie 12 v20)
Chacun sait aujourd'hui que la Loi de Moïse est
à la base de presque tous les codes civils du
monde.
Cette loi, Israël l'avait reçue au désert du Sinaï
dans des circonstances extraordinaires:
Au milieu des tonnerres et des éclairs, alors
qu'une épaisse nuée couvrait la montagne et que
le son d'une trompette retentissante annonçait son
approche, Dieu parlant du haut des cieux était
descendu au milieu du feu sur le sommet du Sinaï
embrasé comme une fournaise, et qui tremblait
avec violence.
À ce spectacle, tout le peuple au pied de la
montagne était saisi d'épouvante et se tenait dans
l'éloignement. (Exode 19 et 20)
Qui était donc ce Dieu?
Était-ce celui que le livre de la Genèse nous
présente se promenant en Éden, et s'entretenant
avec le premier homme, dans ce jardin de délices
et de charmes ?
Pourquoi cet appareil redoutable, ces barrières
qu'il ne fallait pas franchir?
Pourquoi les hommes et Dieu ne peuvent-ils
plus vivre ensemble comme des fils avec leur
Père ?
C'est que Dieu est saint et que les hommes ne
le sont plus.
Cependant Dieu est amour, et ce peuple d'Israël
en savait quelque chose. Merveilleusement
délivré du pays d'Égypte, il avançait sous la
conduite de Moïse vers le pays de Canaan, promis
par Dieu à ses pères, vers la contrée où devait
naître le grand libérateur des âmes de tous les
peuples.
Tout homme qui, aujourd'hui encore, se penche
sur les Livres saints d'Israël, constate que la Loi,
les Psaumes et les Prophètes annonçaient le
Messie. (Luc 24 v44)
Or, un jour, dans cette terre de Palestine, alors
que ce pays était soumis aux Romains, au sein
d'un résidu des descendants d'Abraham, remontés
de la captivité de Babylone, une nouvelle
bouleversante circula de bouche en bouche,
soulevant d'espérance les cœurs opprimés.
IV.
Jean-Baptiste et le grand événement
V.
Dans le désert de Judée, un homme au vêtement
de poils de chameau, une ceinture de cuir autour
des reins, prêchait la repentance en disant : «
Repentez-vous, car le royaume des cieux est
proche ! » (Luc 3 v2)
Et, tandis que les foules venaient de toutes parts
auprès de lui, confessant leurs péchés et se faisant
baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain, Jean-
Baptiste, voyant Jésus de Nazareth venir à lui
s'écria : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché
du monde ! » (Jean 1 v29)
A ce moment, les cieux eux-mêmes ne purent
plus se contenir, et s'ouvrirent sur Jésus qui sortait
du Jourdain, et l'Esprit Saint descendit sur lui
comme une colombe, alors que des hauteurs
inaccessibles, une voix faisait entendre ces paroles
:«Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui • j'ai
mis toute mon affection. »(Matth. 3 v17)
C'est ainsi que Jésus, né à Bethléem de Judée,
mais vivant à Nazareth de Galilée, fut introduit
dans son ministère.
VI.
Jésus un homme pas comme les
autres
VII.
1° Vous êtes au fait de SA NAISSANCE. Prédit
par les prophètes, annoncé par les anges, né d'une
Vierge, Jésus enfant fut adoré par les sages et les
ignorants.
Si vous en croyez les Évangiles, vous admettrez
facilement que JAMAIS HOMME N'EST NÉ
COMME CET HOMME !
2° Vous connaissez SON CARACTÈRE :
Doux et humble de coeur; toutes les qualités sont
parfaitement équilibrées en lui. Il est sans défaut
et ne faillit jamais. Il pouvait dire, regardant ses
ennemis dans les yeux : « Qui d'entre vous me
convainc de péché?» (Jean 8 v46)
Sans contredit, JAMAIS HOMME NE FUT
PARFAIT AVANT LUI !
3° Vous n'ignorez pas SES PAROLES, depuis
ses paraboles, en passant par ses invitations et ses
consolations, jusqu'à ses prétentions. Qui, parmi
les humains, peut dire de telles choses?
Les huissiers du temple venus pour le saisir
avaient raison : « JAMAIS HOMME N'A PARLÉ
COMME CET HOMME. »
4° Vous pensez parfois à SES OEUVRES.
Qu'est-ce donc que cet homme qui a tout pouvoir
sur la nature, les démons, les maladies et la mort
? Il cillait de lieu en lieu, faisant du bien, et l'on
disait de lui : « Il fait tout à merveille ! » (Marc 7
v 37)
Non ! JAMAIS HOMME N'A AGI COMME
CET HOMME !
5° Vous avez en mémoire les circonstances qui
précédèrent, entourèrent et suivirent SA MORT,
Jésus parlait d'elle par anticipation. Il annonçait
qu'elle serait volontaire, expiatoire, qu'il
donnerait sa vie en rançon pour les péchés du
monde entier.
Arrêté, Il ne se défend pas. Outragé, Il garde le
silence. Crucifié, Il prononce des paroles d'amour
et de pardon.
Enfin, quand Il expire dans les ténèbres qui, en
plein jour, enveloppent Jérusalem, la terre
tremble, les rochers se fendent et les sépulcres
s'ouvrent.
Comment ne pas être tenté de partager le
sentiment du centurion romain : « Certainement
cet homme était Fils de Dieu », (Marc 15 v39) car
JAMAIS HOMME NE MOURUT COMME CET
HOMME !
6° Que pensez-vous de SA RÉSURRECTION
affirmée avec tant de force par tous ces disciples?
Assurément, si leur témoignage est vrai, JAMAIS
HOMME
NE
SORTIT
COMME
LUI
TRIOMPHANT DU TOMBEAU !
7° Mais surtout, que dites-vous de SES
EXIGENCES à l'égard de l'homme, car, en
définitive, c'est de cela qu'il s'agit? Il demande tout
et adresse à chacun un péremptoire : « Toit, suis-
moi !» Est-ce que JAMAIS HOMME RECLAMA
UNE TELLE CHOSE?
Si Jésus n'était pas Dieu, combien épouvantable
serait une telle prétention. Mais s'Il est vraiment
Dieu, combien naturelles, modérées et justes sont
ses exigences.
C'est là toute la question, le grand problème à
résoudre.
Comment a-t-il été résolu par les contemporains
de Jésus?
VI. Pourquoi les chefs des Juifs ne
reconnurent-ils pas Jésus comme Messie,
et le livrèrent-ils aux romains ?
Malgré sa vie, ses miracles, ses paroles et ses
oeuvres, Jésus de Nazareth ne fut pas reconnu par
son peuple. Un très petit nombre crut en lui.
Pourquoi ?
Le peuple Juif n'attendait-il pas un Messie ?
Certes, mais au temps où parût Jésus, la nation
soupirait avant tout après un Messie plus politique
et militaire que religieux. Et si Jésus répondait à
certains égards au Messie des Écritures, Il ne
correspondait pas au Héros national de leur
imagination et de leurs désirs.
Au lieu d'écraser les oppresseurs et de bouter les
Romains hors du territoire, au lieu de faire des
Juifs la première nation du monde, Jésus annonçait
un Évangile universel. Il mettait sa force au
service des faibles, des infirmes, des malades.
Incorruptible, mettant à nu les oeuvres cachées
des hommes, Jésus ne faisait point acception de
personnes.
Il ne prêchait pas une réforme extérieure,
mais intérieure. Il ne s'en prenait pas aux
institutions, mais dénonçait les injustices et
l'égoïsme des hommes. Il apportait un
changement, mais un changement de vie.
Voilà pourquoi beaucoup ne supportèrent pas sa
prédication et ne voulurent pas de Lui.
Sa doctrine se résumait en ces termes :
—Tu veux que cela change, tu as raison, mais
commence par toi-même. Le mal est aussi chez les
autres, certes, mais il est d'abord dans ton coeur.
Car, disait-il : « C'est du coeur que viennent les
mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les
impudicités, les vols, les faux témoignages, les
calomnies. Voilà les choses qui souillent l'homme
! » (Matth. 15 v:19-20)
Et comme nul ne pouvait rester neutre en face
de Jésus et de ses paroles, les chefs de Jérusalem
préparèrent son arrestation et sa mort.
Troisième partie
I. Une analogie frappante
Si nous n'assistions pas, à l'heure actuelle, à une
vaste conspiration contre le christianisme, nous
aurions de la peine à comprendre le complot qui se
tramait contre Jésus-Christ, Il y a plus de dix-neuf
cent ans, et dont les Évangiles nous donnent le
récit détaillé.
Quand nous lisons les événements qui précédèrent
la crucifixion du Seigneur, malgré ce que nous
avons déjà dit des causes profondes de son rejet,
nous sommes toujours étonnés que le Christ ait pu
être l'objet de tant d'animosité et de haine de la
part de son peuple.
II. Jésus en son temps
Depuis plus de trois ans, Jésus parcourait les
villes et les villages de Palestine, ne cessant de
prodiguer ses bienfaits à tous ceux qui étaient dans
la peine. Pourtant, les chefs des principaux partis
politiques, philosophiques et religieux se
consultaient pour exécuter d'odieux desseins
contre Lui.
Ils se hâtaient d'autant plus qu'ils craignaient un
mouvement populaire favorable au Nazaréen. Le
jour des Rameaux, l'alerte avait été chaude pour
eux. Ce Galiléen n'était-il pas rentré à Jérusalem,
tel un roi pacifique, assis sur un ânon, entouré et
acclamé par une foule en délire qui criait : «
Hosanna ! béni soit Celui qui vient au Nom du
Seigneur?» (Marc 11 v9)
Il n'y avait donc pas un instant à perdre. Le
prestige et le pouvoir personnel des prêtres
paraissaient sérieusement menacés. Aussi le mot
d'ordre de Caïphe, Grand Souverain Sacrificateur
cette année-là, avait-il rallié tous les suffrages : «
Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le
peuple et que la nation entière ne périsse pas ! »
(Jean 2 v50)
Ainsi, en peu de temps, au sein des partis
divisés et se haïssant les uns les autres, l'unité
s'était faite contre le Christ ! Une fois les chefs
unis, les foules soumises à une habile propagande
suivraient ses leaders. Et lors même qu'elles
avaient crié : « Hosanna au Fils de David !», elles
vociféreraient bien aussi : « Ôte, ôte, crucifie-Le
!» (Matth.21 v9; Jean 19 v15)
Comme l'a écrit le R.P. Didon : « Il en est
souvent ainsi des mouvements populaires, et selon
les courants, la foule est toujours prête à piétiner
celui qu'elle a chéri une heure. » L'histoire
contemporaine en rend témoignage !
Mais il fallait trouver un sujet valable
d'accusation contre le Fils de Marie, et c'est la
raison de ces ambassades diverses qui, dans les
jours précédant la Pâque, se succédèrent auprès de
Jésus pour le questionner et le surprendre si
possible dans ses paroles.
III. Les trois grands groupes unis
contre le Christ
Ce furent d'abord les HÉRODIENS, un parti
politique de ce temps. Ils s'approchent poliment du
Maître, le couvrent de louanges tout en cherchant
à le compromettre par la question insidieuse : «
Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? »
Sans effort, Jésus discerne leurs pensées et par son
: « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce
qui est à Dieu », Il les renvoie étonnés et confus.
(Matth.22 v15-22)
Après eux, vinrent LES SADDUCEENS, secte
philosophique et religieuse recrutée dans
l'aristocratie et les familles sacerdotales, et dont le
dogme religieux se réduisait à la croyance en un
seul Dieu. Mais ils niaient la Providence,
l'existence des anges et la résurrection. Ils
inventent donc l'histoire de la femme mariée sept
fois, et qui meurt la dernière. — Dans la
résurrection, demandent-ils à Jésus, duquel des
sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'ont eue.
— Ils pensent par leurs questions pouvoir couvrir
de ridicule Jésus, qui croit à la résurrection. Par sa
sobre
réponse : « Vous errez, ne comprenant ni les
Écritures, ni la puissance de Dieu », Jésus allait
faire retomber le ridicule sur eux-mêmes. (Matth.
22 v23-33)
Enfin, croyant avoir plus de succès que leurs
acolytes détestés, LES PHARISIENS s'avancent.
Ils formaient la secte religieuse qui observait le
plus minutieusement la Loi de Moïse et toutes les
traditions que les anciens y avaient ajoutées.
Malheureusement, ils étaient, en général,
orgueilleux, ambitieux, durs, hypocrites. Leur
erreur fondamentale était de faire consister la
sanctification dans les pratiques et les formes
extérieures, sans se soucier des sentiments
intérieurs qui doivent les animer. Ils tenaient plus
à paraître saints qu'à l'être.
Maître, s'écria leur représentant, quel est le plus
grand commandement de la Loi ?» À leur tour, ils
eurent la bouche fermée par le Sage d'entre les
Sages qui résuma à cette occasion la Loi et les
prophètes dans ces paroles uniques :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton
coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée, et tu
aimeras ton prochain comme toi-même ! »
(Matth. 22 v34-40)
Et c'est après cela que Jésus faisant face à ses
adversaires leur posa la fameuse question :
Que pensez-vous du Christ? De qui est-Il Fils
? » (Matth. 22 v41-46)
IV. Jésus-Christ aujourd'hui
Il y a une grande analogie entre l'heure actuelle
et celle que je viens de décrire.
Depuis bientôt deux mille ans, les nations dites
chrétiennes jouissent des bienfaits incontestés du
christianisme. Partout où l'Évangile fut annoncé,
des transformations radicales, des changements
merveilleux furent opérés.
Or, aujourd'hui, nous assistons de plus en
plus à une déchristianisation du monde, et nos
pays eux-mêmes n'échappent à ce fléau.
Comme au jour du Christ, les forces les plus
opposées
se
liguent
consciemment
ou
inconsciemment dans une vaste conspiration
contre le vrai christianisme. Les hommes
politiques,
Hérodiens de nos jours, sont plus préoccupés de
leur gloire et de leurs ambitions personnelles que
des intérêts de leur prochain et par conséquent de
Dieu Lui-même. Tout en appelant peu-être encore
Jésus-Christ, leur Maître, ils ne se soucient guère
de mettre ses paroles en pratique et s'inspirent fort
peu de ses enseignements.
Les rationalistes de toutes tendances, les
Sadducéens modernes, ne sont pas en moins
grand nombre aujourd'hui. Théologiens ou laïques,
ils ne font pas faute de nier les miracles, la
rédemption parle sang, la résurrection, la divinité
essentielle de Jésus-Christ, et son retour en gloire.
« < Ils errent, disait Jésus, ne comprenant ni les
Écritures ni la puissance de Dieu. »
Enfin les orthodoxes formalistes, les Pharisiens
actuels, tout en ayant des dogmes et de grandes
connaissances, ne vivent pas ce qu'ils disent : ils
font ainsi autant de mal que les rationalistes qu'ils
vouent à Satan et au feu de l'enfer, au lieu de les
aimer et de prier pour eux.
V. La chrétienté en marche vers
l'apostasie finale
Oui, qu'ils le sachent ou l'ignorent, tous sont
ligués pour former finalement cette chrétienté
apostate que Jésus-Christ à son retour, vomira de
sa bouche.
Je dirai même que la situation actuelle est plus
terrible qu'aux jours du Christ, car les ennemis du
Nazaréen, accomplissaient sans le savoir les
Écritures :
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses
et qu'il entrât dans sa gloire?» disait le Ressuscité
aux disciples d'Emmaüs, alors qu'il leur expliquait
dans toutes les Écritures ce qui le concernait, en
commençant par Moïse, les Psaumes et par tous
les prophètes. (Luc 24 v26-27)
C'est pourquoi, Jésus mourant Avait pu implorer
le pardon de son Père pour ses bourreaux. (Luc 23
v34)
Asa suite, l'apôtre Pierre put dire aussi que les
meurtriers de Jésus avaient agi par ignorance.
(Actes 3 v17)
Il restait donc pour eux une possibilité de salut :
se repentir et se tourner vers Celui qu'ils avaient
percé !
Mais aujourd'hui quel espoir reste-t-il pour ceux
qui portent le beau nom de «chrétien », pour ceux
que le baptême a marqué du signe de la mort de
Christ, si par leur vie, en paroles ou en oeuvres, ils
renient leur Maître divin?
VI. Un solennel avertissement
Ceux qui persistent dans cette attitude ne
doivent-ils
pas
être
rendus
attentifs
à
l'avertissement du texte sacré :
Il est impossible que ceux qui ont été une fois
éclairés, qui ont goûté du don céleste, qui ont eu
part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole
de Dieu et les puissances du siècle à venir et qui
sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à
la repentance, puisqu'ils crucifient pour leur part le
Fils de Dieu et l'exposent à l'ignominie.
Lorsqu'une terre est abreuvée parla pluie qui
tombe souvent sur elle, et qu'elle produit une
herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle
participe à la bénédiction de Dieu ; mais, si elle
produit des épines et des chardons, elle est
réprouvée et près d'être maudite, et on finit par y
mettre le feu. » (Hébreux 6 v4-8)
Combien ces paroles sont solennelles et qu'il est
urgent et important que nous fassions le point dans
nos vies, répondant pour nous-mêmes à la
question de Jésus :
Que pensez-vous du Christ ? »
Quatrième partie
I. La question de Pilate
C'est par une autre question pourtant, que je
voudrais terminer mon exposé. Elle ne nous est
pas posée par Jésus, mais par un homme appelé à
le juger. Il s'agit de Pilate, le gouverneur de la
Judée.
Fermez les yeux quelques instants et reportez-
vous en esprit quelque dix-neuf cent cinquante ans
en arrière. Vous êtes à Jérusalem un matin au
printemps.
Vous remplacez la foule qui se pressait autour
du procurateur romain, devant lequel Jésus a été
amené.
Malgré les accusations portées contre le
Nazaréen, Pilate ne trouve aucun crime en cet
homme. Cependant, voulant garder son prestige et
satisfaire les Juifs, il hésite à le relâcher, mais
n'accepte pas non plus de porter seul la
responsabilité de la mort d'un être qu'il croit
innocent.
Il s'adresse donc à vous, qui, tôt ou tard, devez
prendre position pour ou contre le Christ.
Qui voulez-vous que je vous relâche, Barabbas
ou Jésus qui est appelé le Christ?» (Matth. 27 v17)
Faites votre choix !
II. Un choix qui devient le nôtre
aujourd'hui
Sera-ce Barabbas, un brigand fameux, un hors-
la-loi?
Avec lui c'est le désordre, l'angoisse, la terreur,
les coups, les peines, les viols, les deuils, les
larmes,
Mais Barabbas, c'est aussi la vie joyeuse,
comme le monde la comprend !
Barabbas, c'est la vie sans foi ni loi. Avec lui
toutes les croyances sont bonnes et l'enfer n'existe
pas. C'est nous qui décidons du mal et inventons
le bien, Avec Barabbas, on peut satisfaire ses
passions, suivre ses instincts, donner libre cours à
son orgueil. Avec lui, c'est l'alcool, la drogue, les
bals, les femmes nues, les divertissements à la
mode, des péchés raffinés des salons aux orgies
des taudis. Avec Barabbas on peut se venger,
tromper, frauder, tuer.
Mais Barabbas, c'est aussi l'homme sans pitié,
celui avec qui on ne marche pas au pas, mais qui
nous fait avancer par bonds vers l'éternité. Avec
lui,
c
'est un jour l'abandon, le désespoir et la mort
!
Sera-ce Jésus, l'homme doux et humble de
coeur? (Matth. 2 v29)
Avec Lui, c'est l'ordre dans la vie, le pardon et
la paix, le repos de l'âme, le joug aisé et le
fardeau léger. C'est l'amitié fidèle, le secours dans
les détresses
,
le salut et ta guérison.
Mais Jésus, c'est aussi la vérité sur notre vie
et la lumière sur nos oeuvres. C'est ta vie
heureuse comme Dieu la conçoit !
Avec Jésus, c'est l'obéissance à Dieu, l'amour
dans nos actes, la droiture dans nos paroles, la
justice dans nos voies, la pureté dans nos cœurs.
Avec Lui, c'est la vie humble au service de Dieu
et du prochain. C'est l'acceptation des moqueries,
le renoncement à soi, les souffrances pour la
justice, le pardon des offenses, la fidélité jusqu'à
la mort dans une marche sainte au travers d'un
monde souillé. C'est une vie dans la grâce en
attendant la gloire !
Conclusion
Qui sera relâché, Barabbas ou Jésus?
Il est là, devant vous, Image du vrai Dieu. Sous
le voile de la chair, Dieu manifesta en Lui la vie
qu'Il attend des hommes, la seule vie qui l'honore.
Que ferez-vous de cette vie ?
Relâcher Jésus, c'est accepter cette vie, c'est le
recevoir pour Maître, c'est admettre son règne
dans notre propre existence, ce qui veut dire :
renoncer à soi, à ce Barabbas fameux, à ce moi
haïssable qu'on déteste et qu'on aime.
Amis, vous avez aujourd'hui, la vie du Christ
entre vos mains. (Deut. 30 v19-20)
Cette vie qui a triomphé de la souffrance et de la
mort peut devenir vôtre.
Elle peut tout changer en vous et vous donner
enfin, dans ce monde chancelant, une raison de
vivre, de croire, d'espérer et d'aimer.
G.R.
Série : « Pour le connaître Lui. »
Les textes abrégés de conférences publiés
aujourd'hui dans la série: « Pour le connaître Lui
», ont paru une première fois en 1956, l'année
même où ces conférences furent prononcées dans
une salle publique de la ville de Nice. (France.)
Ces exposés n'ayant rien perdu de leur
actualité, nous sommes heureux de les présenter
sous une forme plus attrayante et dans un
caractère plus facile à lire.
Chaque conférence complète en elle-même
préparait la suivante dans l'espoir de faire
découvrir à tous, croyant ou incroyant, «le si
grand salut de Dieu. (Héb. 2v3).
Montréal, Avril 1988.
Du même auteur
« Être chrétien»
« Le Christ inconnu»
«Les leçons de Marie, Mère de Jésus»
«Jésus revient! Es-tu prêt?»
« Médiocrité ou Sainteté ?»
« Révolté?... Résigné ?... Vainqueur ?...»
« Donnez gloire à votre Dieu !»
« Un message de Dieu aux Veuves»
« L'Unité du Corps de Christ» «Le vrai visage de
l'affliction»
1.
Dieu est-lI responsable du péché?
2.
L'Athéisme pratique
3.
Croyance ou foi
4.
Connaissance ou Obéissance
5.
Que pensez-vous du Christ?
6.
Peut-on naître de nouveau?
7.
L'homme face à la souffrance
8.
L'homme face à la mort
9.
Vivre
10.
L'homme et Sa destinée
11.
Le Monde et Sa destinée
12.
L'Église et sa destinée
13.
lsraël et sa destinée
AU Canada :
Chez l'auteur: 1745 Cedar Avenue
Montréal (Québec)
H3G 1A,
En Europe :
« Le Refuge» 21, a
y
. Cernuschi
06100 Nice (France.)
©G. Racine, 1988
