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DU MÊME AUTEUR
« Un message de Dieu aux veuves. »
GASTON RACINE
Opinions ou convictions ?
I
LA FOI
1944
INTRODUCTION
Sous le titre Opinions ou Convictions, nous nous proposons
de publier spécialement pour la jeunesse, trois études
bibliques, sur la Foi, l'Espérance et l'Amour.
La tâche poursuivie dans ces modestes ouvrages, peut se
résumer dans les trois points suivants :
I. Apporter à la jeunesse actuelle, un message positif et
dynamique, lui donnant les fondements essentiels d'un
christianisme authentique.
II. Montrer l'insuffisance des opinions humaines, et amener
les âmes sous l'action du St Esprit à des convictions profondes
basées sur la seule Parole de Dieu.
III. Diriger les cœurs vers une foi personnelle et vivante en
Jésus Christ, afin que, l'ayant rencontré personnellement dans
leur vie, ils sachent véritablement qui ils croient, ce qu'ils
croient, comment ils croient, et pourquoi ils croient. Alors
seulement la jeunesse pourra confesser sa foi
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dans les bons et les mauvais jours, n'ayant plus honte de
l'Évangile, ayant expérimenté qu'il est « la puissance de Dieu
pour le salut de tous ceux qui croient » (Romains 1, 16.)
Dans un monde où tout chancelle, où à la suite de Nietzsche
ou « transvalue des valeurs », où non seulement on ne fait plus
de différence entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre
ce qui est impur et ce qui est pur (Ézéchiel 22, 26) mais, où le
bien tend à s'appeler mal, la vérité erreur ; dans un monde où
l'on méprise les faibles pour exalter les forts, où la haine et la
vengeance sont glorifiées, et la pitié et le pardon bafoués, dans
le cœur du fidèle, trois choses cependant demeurent : la Foi,
l'Espérance et l'Amour (I Corinthiens 13, 13.)
Chrétiens qui lisez ces lignes, c'est l'heure de nous réveiller
du sommeil, de sonner fort de la trompette. Nous avons été
laissés ici-bas pour être les témoins du Christ, et non les
fossoyeurs du christianisme. Notre Seigneur nous appelle à
remonter le courant du siècle, revêtus de la cuirasse de la Foi,
portant bien haut le flambeau de l'Espérance et la bannière de
l'Amour.
La Foi, l'Espérance et l'Amour, sont l'essence du
christianisme, les trois vertus chrétiennes par excellence. Elles
résument et forment les éléments essentiels de la vie du
croyant. Elles sont la devise et les dispositions du vrai disciple
de Jésus Christ, dont la religion n'est pas seulement le
christianisme, mais dont Christ est la vie.
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Ainsi, c'est à ces trois indices sûrs que l'on reconnaît, au sein
de la profession chrétienne et des multiples divisions qui
déchirent l'Église, ceux qui sont sur le chemin du salut, ceux
qui invoquent le Nom du Seigneur d'un cœur pur et avec
lesquels nous sommes appelés à marcher (II Timothée 2, 22.)
Ils sont manifestés :
I. Par leur Amour pour Dieu, qui ne peut s'exprimer dans le
monde visible que par une obéissance joyeuse à Ses
commandements et par une charité active pour leur prochain,
l'homme, ami ou ennemi.
II. Par une Espérance vivante, qui illumine leur vie au sein
même de la tribulation, étant une source intérieure de joie et de
paix intarissable et indépendante des circonstances dans
lesquelles ils se trouvent.
III. Par une Foi opérante, basée sur une confiance totale dans
les promesses divines, et qui produit des œuvres à la gloire de
Dieu.
C'est toujours à ce triple caractère que l'apôtre Paul reconnaît
dans ses épîtres les vrais enfants de Dieu. (Voir Éphésiens 1 ,
15-18 ; Colossiens 1, 3-5 ; 1 Thessaloniciens 1 , 3 ; Tite 1 , 2-
13; Hébreux 6 , 10-12.) Qu'en est-il de chacun de nous ?
Arrêtons-nous un instant ! Il en vaut la peine. Laissons-nous
sonder par la lumière de Dieu qui nous connaît et adressons-
Lui cette prière
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du fond de nos cœurs , « Sonde-moi ô Dieu ! et connais mon
cœur ; éprouve-moi, et connais mes pensées. Et regarde s'il y a
en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie
éternelle » (Psaume 139 , 23-24.)
La plus grande de ces choses, celle qui doit donc nous
caractériser avant tout, celle sans laquelle nous ne sommes
rien, c'est l'Amour, non seulement parce qu'il subsistera dans le
ciel lorsque la Foi sera changée en vue et l'Espérance en réalité,
mais encore parce que l'Amour est l'âme, la vie même de la Foi
et de l'Espérance.
Que la lecture des lignes qui suivent atteigne les cœurs. Que
le Saint Esprit réveille les tièdes et donne la vie aux morts.
Qu'une armée de jeunes croyants se lève pour combattre pour
la seule Cause juste et véritable. Alors, du sein même de leur
orgueil ou de leur désespoir, les hommes pourront voir que le
christianisme n'est pas un idéal périmé, une religion usée et
dépassée, le vernis superficiel des lâches et des hypocrites,
mais une vie puissante qui s'accomplit dans la faiblesse
humaine, faisant des croyants la lumière du monde et le sel de
la terre (Matthieu 5, 13-14.)
« Et toi fils d'homme, je t'ai établi sentinelle... et tu entendras
la Parole de ma bouche, et les avertiras de ma part » (Ézéchiel
33 , 7.)
Leysin, mars 1944
CHAPITRE PREMIER
OPINIONS OU CONVICTIONS
Dans nos pays où le christianisme est devenu la religion
officielle, il suffit de naître dans une famille catholique ou
protestante pour être baptisé et porter d'office le nom de
chrétien. Aussi, pour beaucoup, ce nom porté par tout le monde
a perdu sa réelle signification.
Il n'en était pas ainsi dans les débuts de l'ère chrétienne.
Seuls ceux qui s'étaient convertis au Seigneur après avoir
entendu et cru l'Évangile, étaient baptisés et introduits dans
l'Église (Actes 2 , 41, 47.) Le nom de chrétien fut donné pour
la première fois à Antioche aux disciples du Christ (Actes 11 ,
26.)
Ceux-ci sortis du judaïsme, d'autres, plus tard, ayant rompu
avec le paganisme et ses coutumes par une conversion
véritable, manifestaient aux yeux du monde un changement
total de vie. Le christianisme à son origine, n'était pas une
simple étiquette extérieure, l'insigne d'une société
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particulière, ou seulement l'observance de nouveaux rites, la
pratique d'un nouveau culte, mais une vie nouvelle.
Aujourd'hui, par un éloignement progressif de la vérité
évangélique, on en est venu à s'attribuer le nom de chrétien
sans posséder nécessairement la vie de Dieu qui est dans Son
Fils (I Jean 5 , 11.) Ainsi, l'homme dont la conduite offre
parfois un saisissant contraste avec les enseignements de Jésus
porte le nom de chrétien comme le fidèle régénéré. Cette
funeste inconséquence crée une grande confusion et fausse le
principe de la vraie appartenance à l'Église.
Perdant de plus en plus la notion biblique du christianisme,
par la force des choses, par tradition, par éducation «on est
devenu chrétien » comme les enfants de parents bouddhistes ou
musulmans sont bouddhistes ou mahométans. Or si le
bouddhisme ou le mahométisme peuvent être un privilège de
naissance, il n'en est pas ainsi du christianisme. On ne naît pas
chrétien, on le devient par une nouvelle Naissance ( Jean 3 , 3.)
Quelle que soit la piété du milieu où nous voyons le jour, nous
naissons pécheurs dans ce monde. Notre grand privilège sur les
païens est que nous avons la possibilité d'entendre l'Évangile
dès notre enfance. Cet avantage immense, ne l'oublions pas,
augmente aussi terriblement notre responsabilité.
À l'heure actuelle, il est nécessaire que nous
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comprenions à nouveau le sens profond et le caractère du
christianisme. Ne nous contentons pas de notions vagues, car
l'heure est venue de montrer la couleur de notre drapeau. Nous
arrivons à des temps de décisions où l'indifférence et la
neutralité spirituelles ne pourront plus subsister. L'heure du
« pour » et du « contre » va sonner au cadran de l'histoire
(Apocalypse 3 , 16 ; 22 , 11.)
Jusqu'à présent, dans notre pays, les chrétiens n'ont guère été
mis à l'épreuve, mais il n'en sera peut-être pas toujours ainsi.
Notre christianisme est-il prêt à subir le feu du creuset ?
Tandis qu'une opinion est un sentiment particulier que l'on se
forme d'une chose en la considérant par soi-même, une
conviction est la certitude que l'on a de la vérité d'un fait, d'un
principe. Croyance probable, assertion qui n'est pas sûre,
l'opinion a sa place dans les choses sur lesquelles chacun peut
penser comme il lui plaît. Par contre dans le domaine religieux,
qui est celui de nos relations avec Dieu, des convictions sont
nécessaires, car étant des créatures dépendantes, nous ne
sommes pas libres de penser en dehors de la Révélation divine.
Beaucoup trop de personnes, croyons-nous, se sont
contentées jusqu'ici de partager les opinions courantes. Les
enfants de chrétiens eux-mêmes n'ont pas échappé à ce danger.
Ils se sont bornés à partager d'une façon vague et extérieure les
convictions de leurs parents. Ils ont été
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baptisés, ont reçu une éducation religieuse, sont peut-être
même devenus membre d'une église ou d'une assemblée.
Cependant, il est symptomatique de rencontrer parmi eux un
manque de certitude, qui se traduit dans toute leur manière de
vivre et d'agir dans ce monde. D'aucuns professent encore des
opinions religieuses, mais ne confessent plus leur foi.
La foi de plusieurs est tellement diluée, inconsistante, qu'au
moment du danger elle glisse entre leurs mains infidèles. Si des
opinions semblent suffire dans la vie en un temps facile, elles
provoquent un désastre dans les mauvais jours et les heures de
grandes tentations. La vie basée sur des opinions bonnes ou
mauvaises est un édifice construit sur le sable. Il tiendra debout
un temps, mais, quand viendront l'épreuve, les vents contraires,
les torrents des passions, cette maison s'écroulera parce qu'elle
n'est pas fondée sur le Roc. Ce Roc est Jésus Christ, la Parole
Vivante, et la Bible, la Parole écrite dont les enseignements
demeurent éternellement quand la figure de ce monde passe (I
Corinthiens 7 , 31.)
Mais peut-on être sûr de quelque chose, avoir des convictions
à une heure où tout est instable, où tout chancelle, où demain
vient donner un démenti aux espérances d'hier et d'aujourd'hui,
où beaucoup d'affirmations semblent être contredites par des
faits souvent tragiques ?
N'est-il pas plus sage de ne pas se prononcer
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cette horrible guerre ? Ne devons-nous pas rester neutres, ou
tout au moins n'est-il pas plus prudent de miser sur deux
tableaux ? Ne faut-il pas plutôt attendre, afin de ne pas nous
compromettre ?
Oui, si nous ne possédons comme source de convictions que
des idées humaines, hypothétiques et fragmentaires,
susceptibles de changement, de variation. Nous serions alors
dans le juste en recherchant et en faisant nôtre l'opinion qui
paraît actuellement la bonne, tout en nous réservant la
possibilité de l'abandonner, si des faits nouveaux viennent
l'infirmer et qu'une opinion meilleure nous soit présentée. Et
qu'alors périssent les doctrines sectaires, fanatiques, réputées
immuables ! Soyons souples. Vivons au jour le jour du temps
qui passe !
Non! si nous possédons une Révélation divine, si la source
de nos convictions est la Parole de Dieu et le témoignage du
Saint Esprit. Or nous avons une Révélation divine! Jésus a sans
cesse rendu témoignage aux Saintes Écritures. Ne disait-Il pas :
« Jusqu'à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un
seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit
accompli» (Matthieu 5 , 18.)
La question est trop capitale, le sujet trop brûlant, les
autorités trop importantes, pour que nous restions indifférents.
Nous ne pouvons nier sans examen la Révélation divine. Il
faudrait pour cela être insensé ou de mauvaise foi.
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Si nous doutons, enquerrons-nous, soyons sincères dans la
recherche de la vérité, et sans préjugé, assurons-nous si Dieu a
parlé ou non, si la Bible est un livre comme tous les autres, ou
supérieur aux autres seulement, ou si ce Livre est réellement la
Parole inspirée par Dieu. Lisons la Bible, et nous nous
rendrons compte si oui ou non c'est un livre qui renferme
l'ensemble de toutes les pensées de Dieu et de toutes Ses voies
relativement à l'homme, ainsi que Son propos arrêté à l'égard
du Christ et de l'homme en Lui, un livre qui fait connaître en
même temps ce que Dieu est, quelle est la responsabilité de
l'homme envers Lui, ce qu'Il a fait pour l'homme, et les
nouvelles relations avec Dieu dans lesquelles celui-ci entre par
Christ, un livre qui révèle ce que Dieu est moralement dans Sa
nature, et les économies au cours desquelles Il se glorifie
devant les cieux et leurs habitants, un livre qui dévoile les
secrets du cœur humain et met à nu son état, et qui, en même
temps, place à découvert devant Lui les choses invisibles, un
livre qui commence au point où le passé touche à l'éternité, et
qui nous conduit, par le développement et la solution de toutes
les questions morales, au but où l'avenir se perd dans l'éternité
selon Dieu, un livre enfin qui sonde les questions morales dans
la parfaite lumière de Dieu pleinement révélé, et nous fait
connaître les fondements de nouvelles relations avec Lui selon
ce qu'Il est
15
en Lui-même et selon ce qu'Il est en amour infini ? » (1)
Convaincus alors, nous serons appelés à prendre position, car
on ne peut rester neutre si Dieu a parlé, si Dieu s'est révélé en
Jésus Christ. Et c'est au Christ que toutes les Écritures rendent
témoignage (Jean 5 , 39.)
En vertu de l'autorité de Dieu, des convictions profondes
seront alors notre part. Nous ne serons plus ballottés et
emportés çà et là par tout vent de doctrine (Éphésiens 4 , 14.)
Le temps et les circonstances changeront et nous atteindront
aussi (Ecclésiaste 9 , 11), mais n'altéreront en rien nos
convictions. Nous serons sur le Rocher au sein de la tempête et
non plus dans l'esquif jouet des flots, dans la barque qui fait
eau des hypothèses et des concepts humains.
Avertis par la Parole de Dieu, nous conserverons notre
calme au sein des détresses actuelles. Les événements
n'ébranleront plus notre foi, mais au contraire la confirmeront
en rendant témoignage à ce que la Bible nous enseigne sur
l'avenir d'un monde qui croit pouvoir vivre sans Dieu, ou tout
au moins sans le Sauveur que Dieu lui a donné.
Les atrocités et les souffrances présentes ne seront plus
attribuées à Dieu, mais considérées comme les inévitables
conséquences de l'attitude de l'homme, qui croit pouvoir régner
seul ou se
(1) J. N. Darby. Introduction à la Bible.
16
conduire selon ses propres pensées ou encore se sauver par son
travail, ses œuvres, ses mérites et sa religion.
Sauvés par grâce, nous vivrons du pardon du Dieu St et
juste, annonçant la Parole de vie aux perdus.
La justice de Dieu ne sera plus pour nous une question, ni
une énigme, ni un problème, ni un sujet de discussion. Elle
sera un fait, le plus profond, le plus intime, le plus sûr de notre
vie. La guerre même ne nous fera plus nous poser cette
question absurde : « Si Dieu était juste, est-ce qu'Il permettrait
tout ce qui est en train de se passer dans le monde ? »
« Une question absurde ? » Oui, vraiment absurde si l'on
entend ici par Dieu le Dieu vivant. Car jamais le Dieu vivant
ne se révèle à notre conscience autrement que comme un Dieu
juste. Vraiment absurde, car si nous Le voyons tel qu'Il est, si
nous L'entendons, nous demander de Le reconnaître et de
l'accepter tel qu'Il est, quel sens cela peut-il avoir de lui poser
la question : «Es-tu juste ? » Mais une question pleine de sens,
très juste et très importante si nous la posons à ce dieu pour qui
nous avons, dans notre orgueil et notre désespoir, élevé nos
tours de Babel, à ce grand arrière-plan, personnel ou
impersonnel, mystique, philosophique ou naïf, à ce grand
patron protecteur de nos justices humaines, de notre morale, de
notre État, de notre culture, de notre religion. Oui, si c'est ce
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dieu que nous entendons, nous avons tout à fait raison de poser
la question : Dieu est-Il juste ? Et la réponse est vite trouvée. »
(1)
La chrétienté est tombée dans l'idolâtrie. Infidèle, foulant
aux pieds le premier commandement du décalogue
(Deutéronome 5 , 7), elle a sacrifié à des dieux sans nombre
(Deutéronome 32, 17.) On s'appelle «chrétien », disciple du
Christ, et une foule d'idoles règnent sur nos cœurs à la place du
Seigneur. Chez les uns, c'est une idée, une philosophie, l'Art, la
Musique, la Beauté, l'Amour ; chez les autres, l'Argent, un être,
une passion ! L'idolâtrie ! Voilà bien dans tous les temps la
source de toutes les misères des hommes. Au cours des siècles,
les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Seulement aujourd'hui encore il y a un remède. Les
compassions de Dieu ne sont pas épuisées. Son appel retentit
encore comme aux jours de Jérémie le prophète. Dieu
s'adresse à tous individuellement
«Reviens, nation rebelle ! dit l'Éternel ; je ne ferai pas peser
sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l'Éternel ; je ne
garderai pas ma colère à toujours. Seulement reconnais ton
iniquité... Si tu reviens... dit l'Éternel, reviens à moi ; et si tu
ôtes tes abominations de devant moi, tu ne seras plus errant, et
tu jugeras en vérité, en jugement et en justice : L'Éternel est
(1) KARL BARTH. Parole de Dieu, parole humaine, P. 23.
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vivant ! Et les nations se béniront en Lui, et en Lui elles se
glorifieront. Car ainsi dit l'Éternel aux hommes de Juda et de
Jérusalem Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas
au milieu des épines ! » (Jérémie 3 , 12 ; 4 , 1-3.) Comme
Israël, pour avoir abandonné l'Objet immuable de la foi, la
chrétienté est meurtrie et divisée aujourd'hui. Elle n'a pas su
garder le bon dépôt (II Timothée 1 , 14.) Elle s'est laissé
distraire par des idéologies étrangères ; elle n'a plus confessé
hautement la foi et est devenue la proie d'une philosophie sans
durée. Par elle, plusieurs ont laissé leur foi se dissoudre dans
toutes sortes de doctrines, qu'elles s'appellent rationalisme,
libéralisme, modernisme, étatisme. D'autres ont remplacé « la
foi opérante par l'amour » par des dogmes et des formes sans
vie.
Il est temps que nous retrouvions les caractères de la vraie
foi. Pour cela, défrichons pour nous un terrain neuf, et ne
semons pas au milieu des épines ! Délaissons nos idées, nos
idoles ; rejetons tout ce qui règne sur nous et revenons à Jésus
Christ, seul Seigneur de nos pensées, de nos cœurs, de nos
vies. Débarrassons la foi de tous les vêtements ecclésiastiques,
idéologiques et philosophiques dont nous l'avons affublée, et
recouvrons la foi pure et simple des évangiles, la foi qui a pour
Objet le Dieu de la Bible manifesté en Jésus Christ. Alors
seulement, dans la confession d'une foi vivante et
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pure, les croyants de l'Église, disséminés dans les églises,
connaîtront un renouveau de vie, et reprendront conscience de
leur unité merveilleuse qu'ils n'ont pas su garder ni manifester
au monde.
« Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les
paroles de la vie éternelle. Et nous, nous croyons et nous
savons que Toi, tu es le Saint de Dieu ! » (Jean 6 , 68-69.)
_________________________
CHAPITRE II
LA FOI. QU'EST-CE QUE LA FOI ?
DÉFINITION
Dans son sens général, la foi est la croyance qui repose sur le
témoignage. Avoir foi en quelque chose, c'est adhérer, sur le
témoignage d'autrui, à une vérité ou à un fait que nous ne
pouvons vérifier nous-mêmes. Il suit donc de là que la foi est
divine ou humaine selon que le témoignage vient de Dieu ou
des hommes (I Jean 5, 9-10 ; Jean 3 , 33.)
Le mot « foi » se rencontre fréquemment dans la Bible,
surtout dans le Nouveau Testament, et y est employé dans
différentes acceptions. Il peut désigner :
a) L'ensemble des vérités révélées par Dieu (Jude 3, 20 ; II
Timothée 4 , 8 ; Apocalypse 2 , 13.) C'est dans ce sens qu'on
dit des païens ou des Juifs qu'ils se sont rattachés à la foi
chrétienne. Quand l'apôtre parle du « mystère de la foi » que
nous sommes appelés à garder (I Timothée 3 , 9), il entend
l'ensemble des vérités qui constituent le christianisme
22
et qui ont été mises en lumière par la mort et la résurrection de
Christ ;
b) le degré selon lequel l'âme est entrée dans la connaissance
du Seigneur et de Sa Parole (Romains 12 , 3.) Dans ce passage,
la foi nous donne la mesure exacte de ce que nous sommes et
de ce qui nous est demandé. Considérée sous cet aspect, notre
foi peut être «petite » ou « grande » (Matthieu 6 , 30 ; 8 , 10) ;
on peut en posséder « peu » ou en être « rempli » (Matthieu 8 ,
26 ; Jacques 2 , 5 ; Actes 6 , 5-8.) Dans ce sens, la foi est
susceptible d'accroissement (II Corinthiens 10 , 15 ; II
Thessaloniciens 1 , 3), et comme les disciples nous pouvons
tous dire : » Seigneur augmente-nous la foi » (Luc 17 , 5.) Que
la foi soit petite ou grande, l'essentiel est de s'en servir, et alors
des prodiges s'accomplissent (Matthieu 21 , 21.) Il suffirait
d'avoir de la foi comme un grain de moutarde pour transporter
des montagnes et ne connaître aucune impossibilité (Matthieu
17 , 20.) Si nous désirons avoir plus de foi, il faut mettre en
œuvre celle que nous avons déjà (Matthieu 25 , 29) ;
c) dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, verset
9, où la foi est envisagée comme don spirituel, l'apôtre n'en
parle pas dans le sens de la foi qui sauve, car cette dernière est
offerte à tous les hommes (I Timothée 2 , 4), et tous les
membres du corps de Christ la possèdent. Mais il est question
d'un don spécial qui permet au croyant d'exercer un ministère
23
particulier, comme celui de Georges Muller, Hudson Taylor,
etc.
d) enfin, dans son acception la plus stricte et dans sa
signification subjective, la foi est une intuition de l'âme par
laquelle nous percevons des vérités qui sont en dehors du
monde des sens et de la sphère du raisonnement. C'est une
vertu surnaturelle, par laquelle, sous l'inspiration et par la grâce
divine offerte à tous les hommes (Tite 2 , 11), nous tenons pour
vrai ce que Dieu a révélé (Jean 3 , 33-34.)
La foi est l'attitude de l'homme en face d'une déclaration de
Dieu : il se soumet, il croit ce que Dieu dit, non parce que sa
raison humaine est satisfaite, mais en vertu de l'autorité de
Dieu même qui révèle Ses pensées et qui ne peut ni se tromper,
ni nous tromper (Hébreux 6, 17-18 ; Tite 1 , 2.) Il reçoit ainsi
ce que Dieu donne (Jean 3 , 16) et se livre à Lui sans réserve.
L'incrédulité est l'attitude contraire. Elle consiste à
abandonner le Dieu vivant et à refuser ses dons.
La foi, c'est croire. Croire Dieu, c'est avoir une confiance
absolue et inébranlable dans la vérité du témoignage de Dieu,
même si ce témoignage n'est appuyé par aucune autre preuve.
C'est avoir une confiance et une assurance totales dans
l'accomplissement des promesses divines, même si tout semble
les contredire. Croire, c'est prendre Dieu au mot.
24
La foi n'est donc pas la crédulité, ni une croyance sans
évidence, car si elle ne repose ni sur la vue, ni sur la logique,
elle a sa racine dans la confiance au Dieu vivant. Sa preuve
pleinement suffisante est la Parole de « Celui qui ne peut
mentir » (Tite 1 , 2 ; Hébreux 6 , 17-18.) Exiger une autre
preuve que celle-là n'est pas du rationalisme, mais de
«l'irrationnel. » Si nous recevons le témoignage des hommes, le
témoignage de Dieu est plus grand ! (I Jean 5 , 9-11.)
La foi est l'unique moyen de salut pour l'homme (Éphésiens
2 , 8-9), car elle seule s'approprie la justice de Dieu (Romains 1
, 16-17.) C’est par la foi que nous comprenons que les mondes
ont été formés par la Parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit
n'a pas été fait de choses qui paraissent (Hébreux 11 , 3.) Il faut
croire pour comprendre. « La foi est l'échelon qui conduit à la
science » (saint Augustin.)
Sans la foi « il est impossible de plaire à Dieu » (Hébreux 11
, 6), et c'est dans la foi et non ailleurs que se rencontre le Dieu
qui parle, qui commande, qui donne, et l'homme qui écoute,
obéit et accepte. La foi devient la sphère nouvelle dans laquelle
le chrétien vit (Galates 2 , 20 ; Romains 1 , 17), aime (Tite 3 ,
15) et meurt (Hébreux 11 , 13.) Comme nous l'avons vu, le
mot foi dans les Écritures a différentes acceptions. Cependant,
il n'y a qu'une seule et même foi pour les chrétiens, que nous
l'envisagions dans son Objet ou
25
dans sa nature intime (Éphésiens 4 , 5.) Cette foi doit produire
en tous les mêmes sentiments et la même vie chrétienne
(Philippiens 2 , 1-2.) Elle unit les hommes autrefois ennemis
de Dieu (Colossiens 1 , 21), haïssables, se haïssant l'un l'autre
(Tite 3 , 3), en une seule famille, la maison de Dieu (Éphésiens
2 , 19), que Paul appelle aussi « la maison de la foi » (Galates 6
, 10.) Malgré toutes les divisions qui déchirent la chrétienté,
l'unité de la foi est un fait. Dans leurs milieux divers, tous les
vrais croyants possèdent la même foi dans les grandes vérités
du salut. Cependant, nous sommes tous exhortés à marcher
vers une unité plus parfaite dans les choses où nous différons
encore (Éphésiens 4 , 13.) Ce but ne sera pas atteint par des
concessions réciproques. L'unité qui en résulterait serait factice
et risquerait de se faire au détriment de la vérité. Une unité
dans l'équivoque ne serait que confusion. L'unité selon Dieu ne
peut être atteinte que par un amour plus vivant pour Jésus et
une connaissance plus parfaite du Fils de Dieu qui est l'unique
objet de la foi. «Ce qui constitue nos différences dans la foi, ce
n'est pas la nature de cette dernière, mais bien son objet connu
à des degrés fort divers. Les progrès dans cette connaissance et
dans l'influence sanctifiante qu'elle exerce sur les vrais
chrétiens les unit toujours plus intimement à Christ, dont ils
sont les membres, et par là, ils s'avancent vers « la mesure de la
stature de Christ », étant
26
de plus en plus transformés à sa ressemblance, Christ lui-
même grandissant en eux » (Éphésiens 4, 15.) (1)
Si les chrétiens abandonnaient leurs systèmes et leurs vues
particulières, pour se soumettre à l'autorité du Seigneur, leurs
cœurs n'étant plus occupés que de Sa personne et de Ses désirs
(Psaume 38 , 9 ; Ésaïe 26 , 8), l'unité après laquelle tant de
croyants soupirent se réaliserait. La vérité sépare du mal et du
monde, mais ne divise pas les enfants de la même famille. La
division est l'œuvre de la chair (Galates 5 , 20.) La vérité nous
conduit à nous juger nous-mêmes et à prier pour les égarés. Ne
sommes-nous pas coupables de prendre parti de nos divisions
au nom de la vérité, et de les accentuer par notre orgueil et
notre manque de charité ?
Écoutons plutôt la prière que Jésus adressait à Son Père en
pensant à nous qui avons cru par la parole des apôtres : « Or je
ne fais pas seulement des demandes pour ceux-ci, mais aussi
pour ceux qui croiront en moi par leur parole ; afin que tous
soient un, comme Toi, Père, tu es en moi, et moi en Toi ; afin
que le monde croie que Toi tu m'as envoyé. Et la gloire que tu
m'as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un,
comme nous, nous sommes un ; moi en eux, et Toi en moi ;
afin qu'ils soient consommés en un, et que le monde connaisse
que Toi
(1) L. BONNET. Épître aux Éphésiens.
27
tu m'as renvoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé
» (Jean 17 , 20-23.)
C'est dans cette prière que nous trouvons la pensée du
Seigneur sur l'unité des croyants.
Connaissant cette pensée et possédant en Christ les
ressources nécessaires, nous sommes responsables devant Dieu
et le monde de manifester l'unité de notre foi.
« Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons ce sentiment ;
et si en quelque chose vous avez un autre sentiment, cela aussi
Dieu vous le révélera ; cependant, dans les choses auxquelles
nous sommes parvenus, marchons dans le même sentier
» (Philippiens 3 , 15-16.)
________________
CHAPITRE III
LA NATURE DE LA FOI
La foi ne se transmet pas avec le sang. Nous ne l'héritons pas
de nos parents ; elle ne sort pas de notre cœur charnel.
L'homme ne saurait l'inspirer à l'homme.
Elle est produite dans les âmes, non par des raisonnements
subtils, ou des paroles persuasives de sagesse humaine, mais
par une démonstration de l'Esprit, par la puissance de Dieu (I
Corinthiens 2 , 5 ; Jean 6 , 44), ou par une illumination divine
(II Corinthiens 4, , 6), qui accompagne la prédication de
l'Evangile (Rom. 10 , 14-17; I Corinthiens 1 , 21) et d'où naît
une conviction énergique et profonde (I Thessaloniciens 1 , 5 ;
Hébreux 10 , 22.) C'est la faculté qui perçoit l'invisible et qui
saisit les réalités spirituelles (Hébreux 11 , 1.) Ainsi les enfants
de croyants, tout en jouissant de grands privilèges (I
Corinthiens 7 , 14), ne sont pas chrétiens dès leur naissance en
vertu de la
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foi des parents (Jean 1 , 13.) Ils sont par nature des enfants de
colère, comme aussi les autres (Éphésiens 2 , 3.) L'éducation
chrétienne qu'ils reçoivent, les connaissances bibliques qu'ils
acquièrent, tout cela n'est pas encore la foi, mais doit les
conduire à la foi, c'est-à-dire à cet acte personnel par lequel
l'homme reconnaît la réalité de Dieu qui se révèle et qui
s'adresse à lui dans Ses divers témoignages : la Création, les
Écritures et Christ. La foi est donc une décision, la réponse
précise à l'appel de Dieu. Elle est l'attitude d'un cœur qui se
soumet aux déclarations de Dieu, confessant sa misère, et la
pure grâce de Dieu en qui il croit. La foi en son essence
subjective et morale n'est autre chose que l'obéissance
(Romains 1 , 5), comme l'incrédulité n'est que la révolte de la
créature envers le créateur (Jean 3 , 36.)
Toutefois, la valeur et la force de la foi ne se trouvent pas
dans les impressions ou l'élan de volonté qui accompagne notre
décision, mais en Dieu qui est le principe, l'Objet et le motif de
la foi.
La foi est donc d'ordre surnaturel
I. Par son Origine : elle est un fruit de la grâce divine, qui est
apparue à tous les hommes (Tite 2 , 11.) Elle est l'unique
moyen donné par Dieu pour nous approprier Son merveilleux
Salut. C'est une plante qui plonge ses racines en Dieu et qui
fleurit dans notre cœur ;
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II. Par son Objet : Christ, en qui se trouvent réunies toutes
les vérités révélées (Éphésiens 4 , 21) ;
III. Par son Motif : l'autorité de Dieu.
« De Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses !
À Lui soit la gloire éternellement ! Amen »
(Romains 11 , 36.)
___________________
CHAPITRE IV
L'OBJET DE LA FOI
L'Objet de la foi n'est pas l'existence de Dieu proprement
dite, que les insensés sont seuls à nier (Psaume 14 , 1 ; 53 , 1),
mais la réalité de Dieu dans Ses témoignages, la fidélité de Ses
promesses, la certitude de Sa Parole. Il est évident qu'on ne
peut croire une personne que si on est certain auparavant que
cette personne existe.
Au moyen âge spécialement, plusieurs théologiens et en
particulier saint Thomas d'Aquin, ont cru pouvoir établir
diverses preuves de Dieu. Ils avaient oublié, semble-t-il, que le
chrétien et l'Église n'ont pas à démontrer la vérité, mais à la
confesser.
Les savantes démonstrations thomistes ou autres qui
concluent à l'existence d'un Dieu saint et bon, sage et tout-
puissant ne sauraient amener l'intelligence naturelle à une
conviction ferme au sujet de Dieu ; car en regardant autour de
nous, nous demandons : où est la sainteté de Dieu ? Nous
voyons l'impiété et l'hypocrisie
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tolérées. Et Son amour ? Il y a tant de misères ! Et Sa sagesse ?
Le désordre envahit Son œuvre ! Et la Toute-puissance de Dieu
? Il ne semble pas faire respecter Ses lois.
Ceci explique qu'il ne suffit pas de montrer que Dieu est, ce
qu'Il est, pour satisfaire notre entendement obscurci et rebelle.
L'homme ne peut pas parvenir à la connaissance de Dieu par le
travail de sa raison. L'homme connaît Dieu et est assuré de son
existence par une expérience vivante. La certitude de Son
existence ne repose pas sur un échafaudage philosophique,
mais sur le fait que Dieu s'est approché de nous, est venu à
nous et nous a saisis. L'homme ne s'élève pas à Dieu, mais
Dieu dans Sa grâce est venu vers nous (Jean 3 , 13 ; 1 , 14.) Le
croyant est assuré de l'existence de Dieu, parce qu'Il en a
éprouvé la réalité dans sa vie, et non parce qu'il peut en donner
des preuves scientifiques. Ces preuves existent pour lui, mais il
évite les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse
science dont quelques-uns font profession (I Timothée 6 , 20-
21.)
Le croyant témoigne de l'existence de Dieu dans ce monde,
et son témoignage vivant a plus de force et de poids que toutes
les preuves raisonnées.
Si tu veux être assuré que Dieu existe, toi qui te heurtes à
des difficultés intellectuelles dans la recherche de la vérité, ne
te dérobe pas plus longtemps à la main de Dieu, qui te cherche
et
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qui veut te saisir (Ésaïe 50 , 2.) Abandonne tes vaines et
stériles recherches dont la poussière t'obscurcit la vue, désire
rencontrer Dieu, et soudain tu verras Dieu devant toi, et en Lui
tu te découvriras toi-même.
Alors seulement, saisi et subjugué par Dieu, dans cette
création qui soupire (Romains 8 , 22), dans la nature qui
t'offrait tant de choses contradictoires, tu discerneras avec force
la puissance éternelle et la divinité du Créateur (Romains 1 ,
20.) Le muet langage de l'étendue des cieux parviendra à ton
cœur (Psaume 19 , 1-3.) La voix de ta conscience sortant d'un
long sommeil te rappellera ton origine en te montrant tes
erreurs (Psaume 19 , 12.)
L'existence de Dieu n'est donc pas un objet de recherche, un
sentiment vague, une idée obscure, mais un fait indépendant de
nos circonstances bonnes ou mauvaises. Les événements
fâcheux qui atteignent ce monde, les épreuves pénibles
rencontrées sur notre route, nos souffrances actuelles ne
sauraient la mettre en doute, pas plus que l'insuffisance des
preuves scientifiquement développées. Les paroles de l'Écriture
accusent les païens, non pas d'avoir négligé les études pour
parvenir à la connaissance de Dieu, mais d'avoir méconnu la
vérité divine qui se découvre manifestement à tous dans la
création (Romains 1 , 18.) La négation de Dieu est donc une
offense à la nature et une offense à la raison.
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À vrai dire, les libres penseurs, les positivistes, les
matérialistes, les rationalistes renient la foi, non parce qu'ils ne
peuvent pas croire, mais parce qu'ils ne veulent pas croire.
L'orgueil des uns ne peut tolérer la suprématie d'un Être divin,
auquel ils auraient à rendre compte de leur conduite. Le
désespoir, le dépit, la révolte des autres qui ont vu les plans
chéris de leurs cœurs bouleversés les conduisent à rejeter l'idée
d'un Dieu juste et puissant. Si cet Être existait, n'aurait-Il pas
dû, en bon et puissant esclave, réaliser tous leurs projets ?
D'autres encore, voulant assouvir les inclinations mauvaises de
leurs cœurs, excluent la pensée gênante d'un Dieu saint. Ces
derniers malheureux ne sont cependant pas très dangereux pour
la foi chrétienne. Les grands ennemis de la foi sont bien plutôt
ceux qui font de leur esprit leur dieu, de leur raison leur unique
sagesse. Tout en s'appelant peut-être comme Nietzsche : «
Nous autres immoralistes» - «Nous autres sans patrie », ils ne
sont pas nécessairement de grands jouisseurs, ils ne vivent pas
toujours dans les péchés grossiers. Peut-être sont-ils, comme
Nietzsche et tant de grands révoltés, des chastes, des hommes
dont la vie privée semble irréprochable. Ce sont u des purs
selon le monde, mais certainement pas «des purs» selon Dieu
(Matthieu 5 , 8.) Leurs pensées, leurs paroles, leurs écrits sont
des blasphèmes. On ne leur connaît pas selon le monde de
«grands péchés », mais pourtant ils
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vivent dans « le péché », car la pureté selon Dieu c'est «
« l'obéissance à la vérité » (I Pierre 1 , 22.)
S'ils renient et nient Dieu, si avec Renan ils s'écrient : « Notre
Père le Néant », c'est pour mieux croire en eux-mêmes et
s'adorer eux-mêmes. Ce péché-là, c'est l'arbre mauvais. Tous
les autres péchés ne sont que les fruits de cet arbre maudit
(Romains 7 ,5.)
Cet orgueil de l'esprit humain qui, à l'instar de Satan (Ésaïe
14 , 13), veut supplanter Dieu, engendre tous les péchés. Il est
la cause de la guerre et de tous les maux. Le péché de certains
intellectuels, s'en rendent-ils compte, encourage les péchés des
classes ignorantes. Après avoir sapé au nom de la raison toutes
bases religieuses, ou simplement après avoir jeté le doute sur
les valeurs les plus sacrées, il ne faut pas s'étonner que tout
chancelle. « On ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme
aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6 , 7.)
Vous qui êtes si édifiés par l'exemple d'athées et d'incrédules
de votre connaissance, souvenez-vous que le péché, c'est
s'opposer à la volonté de Dieu, c'est détrôner Dieu. Ne nous
laissons pas illusionner par de belles apparences ou entraîner
par les divagations de notre esprit, mais souvenons-nous de
notre Créateur pendant qu'il en est temps encore ! (Ecclésiaste
12 , 1.) Réconcilions-nous avec Lui (Job 22 , 21), avant que le
Dieu vivant ne nous amène en jugement devant Lui
(Ecclésiaste 11)
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Notre destination est de glorifier Dieu ; si nous y manquons,
nous nous rapprochons de la bête.
Si nous sommes troublés par le problème du mal, du péché,
de la souffrance, des injustices ; si nous estimons Dieu injuste
ou impuissant, réalisons ce que nous sommes : fils de la
poussière, atome dans l'espace, éclair dans le temps, et nous
constaterons combien nos doutes sont misérables.
Qui sommes-nous pour analyser Dieu, le peser dans notre
balance, le soumettre à nos appréciations humaines et à nos
critiques insensées ? La chose formée, dira-t-elle à Celui qui l'a
formée : « Pourquoi m'as-tu ainsi faite ? » (Romains 9 , 20.) Si
nous pouvions sonder tous les problèmes, nous ne serions plus
créatures, mais Dieu Lui-même. Apprenons à Le connaître et à
nous connaître, et nous constaterons que le péché et l'injustice
sont en nous et non en Dieu. Le rejet de Christ, le Saint et le
juste, rejet qui se perpétue au travers des âges, n'est-il pas une
preuve de l'injustice de l'homme et de son état de péché ?
N'est-ce pas notre orgueil, notre vanité qui nous aveugle ?
Acceptons les réponses de la foi et nous comprendrons ! Ce
sont nos dieux profanes ou religieux, que nous nous sommes
choisis nous-mêmes, qui sont injustes et qui nous ont trompés.
Ce sont eux qu'il nous faut rejeter pour revenir au vrai Dieu
que nous
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avons méconnu et abandonné. La chrétienté est retournée au
paganisme. Sous un vernis de christianisme, elle s'est créé une
nouvelle mythologie. C'est là son péché et sa ruine.
En revenant à Dieu, en nous inclinant devant Lui, nous
serons sauvés. Dans la reconnaissance de Sa souveraineté
absolue et dans l'humble confession de notre dépendance, nous
trouverons l'apaisement. Nous pourrons comprendre que « Ses
pensées ne sont pas nos pensées » (Ésaïe 55 , 8.) Nous
pourrons admettre que le Dieu Créateur peut avoir des pensées
et des vues qui nous dépassent et que nous ne saisissons pas.
Après ces considérations que nous jugions nécessaires pour
la bonne compréhension de notre sujet, nous disons donc que
l'Objet direct de la foi n'est pas l'existence de Dieu, mais Dieu
Lui-même, tel qu'Il se révèle en Jésus Christ (Jean 17 , 3), et
dont l'Ecriture sainte rend témoignage (Jean 5 , 39.) L'Objet de
la foi comprend donc toutes les vérités révélées par Dieu et qui
se trouvent réunies en une seule personne, Jésus (Éphésiens 4 ,
21), le Saint et le Véritable (Apocalypse 3 , 7.) Christ est l'objet
immuable de la foi, mais on ne peut et on ne doit pas séparer
les vérités bibliques de Sa personne adorable.
Parce que nous ne connaissons encore qu'en partie (I
Corinthiens 13 , 12), il peut exister des différences
d'interprétation de détail. Par contre
40
un homme qui dit avoir la foi et qui nie certaines vérités
scripturaires, telles que la préexistence éternelle du Christ, Sa
divinité, les miracles, la résurrection, ou qui spiritualise des
vérités clairement établies, ne possède qu'une foi vaine,
hypocrite et morte (I Corinthiens 15 , 14 ; Matthieu 15 , 7-9 ;
Jacques 2 , 26.. Ce n'est pas la foi, mais l'incrédulité qui se
promène sous le manteau de la foi (Jacques 2 , 14.)
D'autre part, si la foi se détourne de son objet unique, qui
renferme toute la Révélation, pour se porter sur des traditions
humaines même les plus antiques et les plus dignes de respect
(Colossiens 2 , 23), ou sur des conceptions scientifiques même
les plus plausibles (Colossiens 2 , 8), elle perd par le même son
caractère essentiel, en cessant d'être exclusivement religieuse.
En terminant ce chapitre, je résumerai ce que nous devons
croire selon les Écritures pour être sauvés
Pour avoir la vie éternelle, nous devons croire du cœur que
Jésus Christ venu en chair est le Fils unique et éternel de Dieu
(Jean 3 , 16 ; I Jean 4 , 2.) Cette foi n'est pas intellectuelle, elle
n'est pas une opinion théologique, mais une assurance, une
conviction qui nous conduit à des actes, nous amenant à nous
confier en Lui et à soumettre toute notre vie à Son contrôle
(Galates 2 , 20.)
Nous devons croire à l'Évangile (Romains 1 , 16 ; I
Corinthiens 15 , 1-4.) Cet évangile, par lequel nous
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sommes sauvés, nous annonce que Christ est mort pour nos
péchés selon les Écritures, qu'il a été enseveli, et qu'Il a été
ressuscité le troisième jour selon les Écritures (I Corinthiens 15
, 1-4.) Croire à l'Évangile implique la reconnaissance de jésus
comme Sauveur et Seigneur de tout notre être (I Corinthiens 6 ,
19-20.)
Pour être sauvés nous devons confesser de notre bouche
Jésus comme Seigneur et croire dans notre cœur que Dieu l'a
ressuscité d'entre les morts (Romains 10 , 9.) Cela comporte la
foi en Sa divinité, car si à nos yeux Jésus est né selon la chair
de la semence de David, Il a été déterminé Fils de Dieu en
puissance, selon l'Esprit de Sainteté, par la résurrection d'entre
les morts (Romains 1 , 4.) La résurrection de Christ,
démonstration de Sa divinité, devient le fondement de notre foi
en Sa mort expiatoire. Notre foi en l'œuvre rédemptrice de
Christ trouve dans la résurrection du Seigneur le sceau de Dieu
sur la vie de Jésus et sur Son sacrifice et Son approbation de
cette vie et de ce sacrifice (Romains 4 , 25.) Christ étant
ressuscité, nous sommes conduits à croire à Son élévation dans
la gloire (Éphésiens 1 , 20), à Son intercession actuelle pour
nous et à Sa puissance pour nous délivrer du péché (Hébreux
7 , 5.)
Pour être sauvés, nous devons croire que jésus peut et veut
nous pardonner nos péchés (Luc 7, 36-50.) En croyant cela,
nous reconnaissons et nous confessons que Jésus Christ est
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Dieu, car un seul peut pardonner les péchés Dieu (Marc 2 , 7.)
« Crois au Seigneur Jésus, disait Paul au geôlier de Philippe, et
tu seras sauvé » (Actes 16 , 31.) De cette affirmation et de cette
circonstance, il ressort clairement que l'Objet de la foi c'est
Christ, une personne, et non un certain nombre de vérités. Mais
en croyant en cette personne et en étant ensuite enseigné dans
Sa Parole, on recevra également toutes les vérités qui se
rattachent à notre Sauveur, avec lequel elles formeront bientôt
pour nous une seule réalité vivante.
La foi qui sauve est donc autre chose qu'une adhésion
intellectuelle aux vérités révélées dans la Bible, et bien plus
qu'une simple confiance dans la parole d'un homme. La
confiance est cependant d'une importance extrême comme
point de départ de la foi. Mais la Parole révélée, objet de cette
confiance, ne doit servir qu'à nous amener à la vérité divine
qu'Elle renferme, à nous introduire auprès de la personne
vivante de qui l’Écriture émane. La foi est plus que
l'appropriation de certaines promesses. Elle nous fait vivre en
relations intimes avec Dieu Lui-même, connu comme Père, et
avec Son Fils bien-aimé connu comme Sauveur, Ami et Maître
de notre vie.
« Il n'y a de salut en aucun autre ; car aussi il n'y a point
d'autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par
lequel il nous faille être sauvés » (Actes 4 , 12.)
CHAPITRE V
LE MOTIF DE LA FOI
Le motif qui nous fait admettre une chose comme vraie, peut
être triple
A. Ou bien la chose est évidente : tout le monde reconnaît
par exemple que « la partie est plus petite que le tout. »
B. Ou bien la chose peut être vérifiée par l'expérience ou
démontrée par le raisonnement
tel est le cas de toutes les lois physiques et des théorèmes de
géométrie.
C. Enfin, nous pouvons connaître une chose par le
témoignage d'autrui.
Il serait tout à fait ridicule et déraisonnable de n'admettre
comme vrai que ce qui est évident et ce qui peut être constaté
expérimentalement ou logiquement démontré. S'il en était
ainsi, il faudrait supprimer l'histoire : car comment établir
l'existence de César, de Jeanne d'Arc, de Napoléon, etc... par
d'autres preuves que le témoignage ?
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Sans la foi, la vie humaine s'arrêterait, car la foi s'exerce
dans un domaine immense, puisque chacun croit infiniment
plus de choses qu'il n'en voit ou qu'il n'en a scientifiquement
vérifiées.
Le motif de la foi, ce n'est ni l'évidence, ni la vérification
possible des vérités qui nous sont enseignées, c'est le
témoignage qui repose sur l'autorité de Dieu.
Tout acte de foi peut donc se formuler ainsi
« Je crois parce que Dieu l'a révélé et que Dieu est la vérité
souveraine, incapable de se tromper et de nous tromper. »
L'acte de foi suppose par conséquent comme établi le fait
même de la Révélation. Il est évident qu'on ne peut croire une
personne que si on est certain auparavant que cette personne a
parlé.
La raison de la foi repose donc sur la confiance en Dieu qui
a parlé et sur la véracité de Son témoignage. Ce témoignage a
été confirmé visiblement par la venue de Jésus Christ sur la
terre, né en Palestine sous le règne de l'empereur romain
Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode
tétrarque de la Galilée (Luc 3 , 1.)
Dieu n'a pas voulu rester le «Dieu inconnu »auquel les Grecs
avaient élevé un autel (Actes 17 , 23), ni le Dieu qui se cache
(Ésaïe 45 , 15) et que servaient les Israélites. Pour les uns et les
autres, Il voulut devenir un Dieu proche et connu. Après s'être
révélé aux pères par les prophètes, Il nous parla dans le Fils ou
« en Fils »
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(Hébreux 1 , 2.) Quittant la gloire et la lumière inaccessible, Il
habita au milieu des hommes dans un corps de chair semblable
aux nôtres, mais sans péché (Romains 8 , 3 ; Hébreux 4 , 15.)
Jésus Christ, le Verbe divin, la Parole incarnée (Jean), l'Image
du Dieu invisible (Colossiens 1 , 15), le resplendissement de
Sa gloire, l'empreinte de Sa substance (Hébreux 1 , 3), vint au
milieu des hommes leur dévoiler la gloire du Dieu
incorruptible (I Timothée 1 , 17). Oui, la gloire de Dieu :
justice, sainteté, puissance, lumière, vérité, amour et grâce, ce
merveilleux ensemble des perfections divines fut manifesté en
Jésus Christ, qui marcha et parla sur la terre. Aussi, quiconque
contemple encore aujourd'hui Jésus dans les évangiles, se
trouve infailliblement devant cette alternative : se décider pour
ou contre Lui. On ne peut avoir une attitude neutre devant
Jésus Christ, car Il n'est pas seulement un grand personnage
historique, mais la Révélation de Dieu en chair, le Verbe par
qui ont été créées et par qui subsistent toutes choses
(Colossiens 1 , 16-17) ; le Saint et le juste renié et mis à mort
par la main d'hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité d'entre
les morts, l'établissant juge des vivants et des morts (Actes 10 ,
42.) Tous les prophètes et les apôtres lui rendent témoignage
que, par Son nom, quiconque croit en Lui reçoit la rémission
des péchés, et que de tout ce dont les hommes n'ont pu être
justifiés par la Loi de
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Moïse, quiconque croit est justifié par Lui (Actes 10 , 43.)
Le départ de Jésus Christ de la scène de ce monde n'est pas
une disparition, mais une courte absence aux yeux de Celui
pour qui un jour est comme mille ans et mille ans comme un
jour (II Pierre 3 , 8.) Sa résurrection n'est pas une légende
inventée par de grossiers imposteurs. Elle est une certitude
établie sur plusieurs preuves assurées (Actes 1 , 3 ; I
Corinthiens 15 , 4), et attestée par de nombreux témoins plus
dignes ou aussi dignes de foi qu'Hérodote, Josèphe ou
Michelet, les grands historiens qui nous documentent sur
l'histoire antique, l'histoire juive, et l'histoire de France.
Après avoir trouvé le tombeau vide, des yeux de chair
semblables aux nôtres ont contemplé en Christ ressuscité les
marques des clous du Crucifié. Le doigt de Thomas s'est posé
dans les stigmates que les clous de la Croix ont laissés dans les
mains du Christ ressuscité. Une main humaine a pénétré dans
le côté percé par la lance romaine sur le mont Golgotha (Jean
20 , 24-29.) Puis, après avoir été vu et entendu par Ses
disciples durant quarante jours (Actes 1 , 3), leur ayant fait la
promesse qu'Il reviendrait, Il fut élevé dans le ciel, d'où Il était
venu, et s'assit à la droite de Dieu (Actes 1, 9 ; Hébreux 10 ,
12 ; Philippiens 2 , 9-11.)
Selon le témoignage des apôtres, Jésus Christ mort pour nos
fautes au Calvaire, ressuscité
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pour notre justification (Romains 4 , 25), est donc actuellement
vivant dans le ciel, comme Il est présent sur la terre par Son
Esprit dans le cœur de tous ceux qui croient. Du mont des
Oliviers, les apôtres purent suivre du regard l'ascension de leur
Maître bien-aimé, qu'une nuée reçut et emporta de devant leurs
yeux (Actes 1 , 9.) Étienne, Paul et Jean ont vu le ciel ouvert et
y ont contemplé et entendu des choses ineffables que l'homme
ne peut dépeindre et ne saurait exprimer. Dès lors, ils furent les
témoins vivants et bouillants de leur Maître, invisible aux yeux
du monde, mais présent dans leur cœur par le St Esprit. Ils
savaient où était leur Seigneur. Le St Esprit descendu sur eux
le jour de la Pentecôte avait été l'accomplissent de la promesse
de Jésus : «Il vous est avantageux que Moi je m'en aille ; car si
je ne m'en vais, le Consolateur né viendra pas à vous ; mais si
je m'en vais, je vous l'enverrai... Quand celui-là, l'Esprit de
vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean
16 , 7-13.) Ils connaissaient aussi l'activité de leur Seigneur
dans la gloire. Il leur préparait des places dans les demeures de
la Maison du Père (Jean 14 , 2) à eux et à tous ceux qui
croiraient en Lui par leur témoignage. Ils le savaient occupé à
intercéder pour eux auprès du Père comme un fidèle Souverain
Sacrificateur pouvant sympathiser à leurs infirmités, ayant été
tenté en toutes choses comme eux à part le péché
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(Hébreux 4 , 15.) Ils avaient l'assurance qu'Il était auprès de
Dieu leur Avocat divin, le garant de leur salut acquis au prix de
Sa vie, la propitiation pour leurs péchés et non seulement pour
les leurs, mais aussi pour le monde entier (I Jean 2, 1-2.) Ils le
savaient prêt à revenir les chercher (I Corinthiens 15, 51-53 ; I
Thessaloniciens 4 , 13-18), puis à établir Son règne à l'heure
dont le Père a seul connaissance (Matthieu 24 , 36.) Ignorant
donc le jour et l'heure du retour de leur Maître, ils vivaient
constamment dans cette attente, veillant sans cesse sur leurs
pensées, leurs paroles, leur conduite, afin d'être trouvés dignes
de Lui à Sa venue (I Thessaloniciens 5 , 23.)
Témoins des choses qu'ils avaient vues et entendues, la
plupart des apôtres moururent martyrs pour le témoignage de
