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LE MONDE
ET SA DESTINÉE
GASTON RACINE
Mahanaim
© Gaston Racine
Manahaïm
Dépôt légal : 2ème trimestre 1988
Gaston RACINE
Né en Suisse en 1917, de descendance huguenote, il se
convertit à l'âge de 14 ans où il eut une vision particulière de
l'unité des chrétiens.
Arrêté en pleine jeunesse par la maladie, il apprit à l'école
de la souffrance à renoncer à ses plans et ses projets les plus
chers pour se soumettre à la volonté de Dieu.
Après plus de 50 ans de ministère pastoral et
d'enseignement biblique dans divers pays du monde, tout en
restant foncièrement attaché à la révélation divine telle
qu'elle est attestée dans l'Écriture Sainte, Gaston Racine
demeure humblement disponible pour servir Son Dieu où II
veut, comme II veut et quand II veut.
Pour accomplir cette vocation, depuis 1947, Gaston Racine
ne dépend d'aucune église particulière.
En revanche, il encourage tous ceux pour qui le Christ
devient un Sauveur personnel, à témoigner dans leur milieu
ou à se joindre à une communauté chrétienne non sectaire
mais fidèle aux principes d'Actes 2 v42: «Ils persévéraient
dans l'enseignement des apôtres, dans la communion
fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.»
Le monde et sa destinée
Introduction
Le monde est dans l'attente!
Jamais aucun siècle ne connut attente si anxieuse, si
universelle. Jamais la pensée de l'avenir ne fut plus présente
à tous les esprits, même aux plus vulgaires, même aux plus
légers.
Le sentiment exprimé, il y a longtemps déjà, par le
prophète Jérémie semble bien traduire l'état d'âme de
plusieurs:
On espérait la paix, et rien d'heureux n'arrive: Une ère de
relèvement, et voici l'épouvante. » (Jérémie 8 v15)
Pendant six ans, sur cette terre foulée jadis par Jésus-Christ,
les fils d'une civilisation qui porte encore Son Nom se
prétèrent au déchaînement des plus odieuses passions et l'on
vit s'ajouter une nouvelle page d'horreur au livre noir de
l'humanité. Quand cette guerre eut pris fin, on espéra que les
millions d'êtres opprimés durant ces années tragiques
proscriraient à jamais ces combats fratricides, ces
exterminations diaboliques.
N'avaient-il pas soupiré après la paix? Ne l'avaient-ils pas
désirée dans leur âme angoissée et dans leur chair meurtrie?
Les nations ayant connu les horreurs de la guerre seraient-
elles toujours prêtes à s'y plonger à nouveau?
L'homme, cet être assoiffé de bonheur, pourrait-il, dans son
orgueil insensé, se lancer si aveuglément sur le chemin de la
ruine et précipiter ses frères dans un abîme de douleur?
Anéantirait-il de ses propres mains ce qu'il édifia lui-
même au prix de tant d'efforts, mettant sa belle intelligence,
ses plus admirables et utiles inventions au service de fins
destructives?
Oui, tout cela est possible, à tel point qu'on parle sans
cesse d'une nouvelle conflagration générale plus
épouvantable que les guerres précédentes.
Certes beaucoup espèrent conserver la paix, mais le ciel
du monde reste sombre, l'air, saturé de menaces et de
haines. Déjà en maints endroits des incendies se sont
allumés, et le sang coule toujours. Les intérêts des puissants
s'affrontent. Malgré plans et conférences, l'espoir en un
avenir meilleur s'effrite chaque jour davantage et,
chancelant, le monde continue sa marche dans la nuit.
« Où va le monde? » écrivait en son temps François
Mauriac, dans le « Figaro ».
« Où va le monde? » s'écrient aujourd'hui, de la droite à
la gauche, tous ceux qui pensent encore!
I. UN APPEL SOLENNEL
Amis, votre vie est trop courte, vos âmes sont trop
précieuses, pour que nous vous fassions perdre du temps en
vous apportant ici le fruit de nos propres pensées sur
l'avenir de ce monde.
Nous croyons être arrivés dans les jours que la Bible
appelle « la dernière heure ». C'est pourquoi nous
voudrions simplement chercher à éveiller votre saine
intelligence en plaçant devant vos coeurs les vérités de la
Parole de Dieu.
Dans notre conférence intitulée «Croyance ou Foi » nous
avons déjà eu l'occasion de vous dire nos motifs de croire à
l'inspiration des Écritures.
Mais si vous ne partagez pas notre conviction au sujet de
la Bible, souffrez cependant que nous vous présentions ce
qu'elle déclare au sujet du monde et de sa destinée.
Il a créé la terre par Sa puissance, Il a fondé le monde par
Sa sagesse. Il a étendu les cieux par Son intelligence... Tout
homme devient stupide par sa science... Car c'est Lui qui a
tout formé... L'Éternel des armées est Son nom!. » Jérémie
10 v12 à 16
Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve,
étant Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des
temples faits de main d'homme; Il n'est point servi par des
mains humaines, comme s'Il avait besoin de quoi que ce
soit, Lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes
choses. »Actes 17 v24-25
Pris dans ce sens, le monde est le produit de la pure
volonté de Dieu: tel est le résumé du récit biblique de la
création. En outre, ce monde a été créé bon, c'est-à-dire
propre aux usages de l'homme qui devait l'habiter.
« Tout ce que Dieu a créé est bon, écrit saint Paul, et
rien ne doit être rejeté, pourvu qu'on le prenne avec actions
de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu
et la prière. »(I Tim.4 v4)
De même, le monde fut créé beau: il y règne un ordre
établi par Dieu. C'est un cosmos, c'est-à-dire un ensemble
harmonique, opposé au chaos primitif d'où Dieu tira le
monde.
Le caractère propre du monde est d'être limité; il passe,
comme tout ce qui est relatif et contingent, et Jésus, puis
les apôtres, ont annoncé qu'il finirait.
Comme le monde n'a pas en lui-même son principe, il
n'a pas non plus sa fin en lui-même; il n'a par lui-même
aucune valeur propre. Aussi Jésus pouvait-Il dire:
Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier,
s'il perdait son âme?» (Matth. 16 v26)
C'est pour la gloire de Dieu que le monde avait 8 été
créé. Il devait servir à manifester Sa puissance, être le
théâtre, la vaste scène où l'homme pourrait jouer la pièce
merveilleuse écrite par Dieu.
Hélas, dans cette création admirable où Dieu Lui-même
constatait que « tout était très bon », la chute de l'homme
introduisit les douloureuses conséquences du péché.
L'homme ne fut pas seul à souffrir de sa faute, mais toute
la création avec lui.
Ainsi, le sol si riche de ce monde fut maudit à cause de
l'homme et produisit des épines et des ronces. La stérilité,
la souffrance et la mort frappèrent le règne végétal comme
le règne animal.
Si aujourd'hui encore nous pouvons admirer dans la
nature la beauté, la sagesse et la puissance de Dieu, partout
cependant nous découvrons les traces du péché. Tout a été
soumis à la vanité.
Mais il n'en sera pas toujours ainsi, car si, comme le dit
Saint Paul, « la créature soupire et est dans les douleurs de
l'enfantement, elle espère qu'elle aussi sera affranchie du
joug de la corruption pour avoir part à liberté de la gloire
des enfants de Dieu. »(Rom.8 v19-22)
III. QUAND ET COMMENT
CETTE DÉLIVRANCE
S'ACCOMPLIRA-T-ELLE?
Toute l'Écriture annonce que cette libération universelle
aura lieu au retour personnel et glorieux de Jésus-Christ.
Cette affirmation ne devrait pas nous surprendre, car le
retour de Jésus-Christ est une des vérités les mieux établies
de la Bible.
On ne saurait donc accepter les textes affirmant la
naissance miraculeuse de Jésus, Sa mort pour nos péchés,
Sa résurrection et Son ascension glorieuses, et refuser les
versets concernant Son retour annoncé par plus de quinze
cents passages de l'Ancien Testament et plus de trois cents
dans le Nouveau.
Nous ne saurions, ici, entrer dans le détail des diverses
phases du retour de Jésus-Christ. Disons simplement qu'à
Sa venue, Il exterminera les rebelles et les impies et établira
sur la terre Son règne universel de justice et de paix.
Sous le gouvernement du Christ et la sage administration
de ceux qui sont appelés à régner avec Lui, la prospérité,
dans le droit et la justice, renaîtra dans le monde. La
création entière sera délivrée de la malédiction. Les
bénédictions des cieux descendront sur la terre.
De cet âge d'or, la Bible nous parle en des termes d'une
infinie beauté:
Le désert et la terre aride se réjouiront; le lieu stérile
sera dans l'allégresse, et fleurira comme la rose. »
Au lieu de l'épine, croîtra le cyprès; au lieu de l'ortie
croîtra le myrte... »
Le loup habitera avec l'agneau, le léopard couchera
avec le chevreau, la vache paîtra avec l'ours et le lion
mangera de la paille comme le boeuf. »
De Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de
l'Éternel. Et Il jugera au milieu des nations, et prononcera
le droit à beaucoup de peuples; et de leurs épées ils
forgeront des socs, et de leurs lances des serpes: une nation
ne lèvera pas l'épée contre une autre nation, et on
n'apprendra plus la guerre. »
On ne fera pas de tort, et on ne détruira pas, dans toute
ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la
connaissance de l'Éternel, comme les eaux couvrent le
fond de la mer. »
L'Apocalypse de saint Jean fixe le règne de Christ à mille
ans pendant lesquels le diable aura été lié et mis dans
l'impossibilité de soumettre les hommes à sa funeste
influence. Mais, après cette période, Satan sera relâché
pour un temps et l'humanité mise une dernière fois à
l'épreuve.
Chose extraordinaire, après avoir joui pendant mille ans
d'une paix et d'une prospérité fondées sur le droit et la
justice, des multitudes d'hommes suivront le diable dans
une dernière et suprême révolte contre Dieu.
Alors viendra la fin. Le feu descendra du ciel et dévorera
les rebelles mais en même temps le monde qui les porte.
Quelle que soit la gravité des événements actuels, il est
donc absolument faux de dire que la fin du monde est
proche. Nous arrivons à « la fin d'un âge », mais la fin du
monde proprement dite n'aura lieu qu'après le règne
millénaire du Christ.
Alors, dit l'apôtre Pierre, les cieux passeront avec
fracas, les éléments embrasés se dissoudront et la terre
avec les oeuvres qu'elle renferme sera consumée. »
Puis, dans l'Infini, se dressera un grand trône blanc,
devant lequel comparaîtront tous les morts, « les grands et
les petits », pour être jugés selon leurs oeuvres par Celui
qui est assis sur le trône.
Après quoi, Dieu créera un nouveau ciel et une nouvelle
terre où le péché et ses conséquences ne seront plus.
Ce monde fut la scène de trop d'iniquités pour que Dieu
le laisse subsister à toujours. Un trop grand crime y fut
perpétré: la crucifixion du Fils de Dieu.
Amis, souvenez-vous donc toujours que les choses
visibles ne sont que pour un temps et que seules les
invisibles sont éternelles.
Attachons donc nos coeurs à ce qui demeure, à ce Dieu
révélé en Jésus-Christ, et à qui toutes les oeuvres de la
nature rendent témoignage.
IV. LE MONDE DANS SON SENS
HISTORIQUE
Outre ce sens cosmologique, le mot « Monde »
a aussi dans la Bible un sens HISTORIQUE et désigne
l'humanité, les habitants de notre globe.
Ainsi lisons-nous dans l'Évangile:
Dieu a tant aimé le monde, qu'Il a donné Son Fils
Unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point,
mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3v16)
Entendu de cette manière, le monde est l'objet de la
bienveillance de Dieu dont le témoignage le plus irrécusable
a été le don de Son Fils comme « Sauveur du monde.
Pour le péché du monde, de l'humanité. Jésus-Christ s'est
offert aux coups de la justice divine, et ce péché Il l'a, par sa
mort. virtuellement vaincu et effacé.
C'est donc en Son Fils que Dieu nous est 'propice! « Dieu
était en Christ, nous dit saint Paul, réconciliant le monde
avec Lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs
fautes... Celui qui n'a point connu le péché, Il l'a fait devenir
péché pour nous afin que nous devenions en Lui justice de
Dieu. » (II Cor. 5 v19-21)
Ainsi le Christ est, dans le sens le plus vrai et le plus
complet du mot: LA VIE Du MONDE.
Sur l'origine de l'homme et sur sa destinée, la Bible nous
apporte un enseignement clair et précis, que Jésus-Christ
Lui-même a revêtu de Son autorité infaillible.
Dans notre précédente conférence, nous vous faisions
remarquer qu'en dehors de cette révélation, l'homme ne sait
ni d'où il vient, ni où il va.
Si le croyant reste ouvert aux découvertes scientifiques qui
jusqu'à ce jour n'ont jamais pu discréditer la Bible, mais n'ont
fait au contraire que confirmer son témoignage, il rejette par
contre les speculations de ceux qui veulent nous donner une
explication du monde contraire à la Bible, et qui nous
apportent de simples hypothèses appuyées sur des
apparences et non sur • des faits scientifiques prouvés.
Engagés dans une recherche dont Dieu est exclu
d'avance, et où les capacités et la sagesse humaines sont
divinisées, certains hommes ne manifestent que mépris et
haine pour la Bible qui met Dieu au centre et donne à
l'homme sa vraie place.
Prétendre que la Bible n'a aucune valeur scientifique,
c'est lui ôter du même coup son autorité morale. Dieu n'est
pas de ceux qui cachent une vérité spirituelle sous un
mensonge historique.
Si beaucoup d'hommes acceptent aujourd'hui les
données d'une fausse science, c'est parce qu'elle leur
permet plus ou moins consciemment de rejeter en même
temps d'autres vérités bibliques qui, reconnues,
contraignent l'homme à changer de voie et à se préparer à
rencontrer Dieu.
Pourtant, aujourd'hui encore, l'enseignement biblique sur
le monde et l'humanité n'empêche pas les intelligences que
le matérialisme ne satisfait plus, de venir à la foi. Celle-ci
vient au contraire en prenant connaissance de cette Parole
de Dieu dans laquelle se déroule, d'une manière
merveilleuse, tout le plan de Dieu pour l'humanité. Dans
un équilibre parfait nous est révélée la liberté de
l'homme, en même temps que nous est manifestée la
souveraineté de Dieu sur toutes Ses créatures. •
Le risque que comportait la création d'un être libre était
couvert par le plan de la rédemption. En cas de chute, de
mauvais choix, Dieu relèverait l'homme pécheur, l'attirerait
à Lui par la révélation d'un amour plus grand que celui qui
donne: « l'amour qui se donne. »
Mais cet amour ne pouvait être manifesté à l'homme qu'«
au temps convenable », c'est-à-dire à l'heure où l'humanité,
lasse de ses tâtonnements dans la nuit, de ses échecs
constants pour s'établir dans le bien, reconnaîtrait le besoin
d'une intervention de la grâce divine pour régénérer l'homme
perdu.
Alors parut Jésus, l'Agneau de Dieu, « pré-connu dès avant
la fondation du monde. »
Sa vie sans tache manifesta le véritable état des Juifs et des
païens. Arrêté par les chefs de son peuple, Il fut condamné à
mort, livré à Pilate afin que la sentence prononcée contre Lui
fût ratifiée et exécutée par les Romains.
Dès ce moment, Juifs et païens jusqu'ici ennemis, s'unirent
pour crucifier et ôter de la terre Celui qui était la vérité dans
tous les domaines:
LA VÉRITÉ SUR DIEU: Dieu aime Ses créatures. Il n'a
pas abandonné l'homme; il ne lui impute pas ses fautes. Il ne
veut pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie.
LA VÉRITÉ SUR L'HOMME: L'homme est un être créé à
l'image de Dieu et prédestiné à la gloire éternelle. Mais
l'homme n'a pas aimé Dieu et n'a pas cru à Son amour.
Voulant vivre sa vie, il se sépara de son créateur et tomba,
dans ce chemin de désobéissance, sous le pouvoir du diable
qui inspire ses pensées et ses oeuvres et le conduit à suivre
ses convoitises. Ainsi, l'homme n'est plus « réellement libre
». Ayant refusé d'être l'acteur de Dieu dans ce monde, il
devient l'instrument du diable qui est « menteur et meurtrier
dès le commencement ». La crucifixion du Christ mit en
lumière le véritable état de l'homme
devant Dieu, la nature et la puissance du péché. Le rejet de
Christ a établi irréfutablement la culpabilité du monde et
son impuissance à se justifier devant Dieu par des oeuvres
de loi et les efforts de la conscience.
Les hommes voulaient voir Dieu! Quand ils le virent, ils
le tuèrent, ne pouvant supporter, même voilé par sa chair,
l'éclat de Sa sainteté. Il ne reste donc plus de salut pour
l'homme qu'en la grâce de Dieu. CETTE GRÂCE, DIEU
L'ACCORDE À TOUS. Librement acceptée, elle
provoque dans le coeur de l'homme une réelle repentance
et la foi au Christ, dont le sang est le prix de notre salut.
La révélation de la justice et de l'amour de Dieu fait
alors naître en nous l'amour pour Lui et des « fruits de vie
». Mais, si cette grâce est refusée, l'endurcissement,
l'indifférence et la haine s'installent dans les coeurs et
produisent leurs « fruits-de mort ».
Depuis la Croix où Jésus-Christ mourut entre deux
malfaiteurs, le monde est divisé en deux:
D'un côté, des hommes perdus qui, à l'instar du brigand
repentant, se reconnaissent coupables et se confient au
Sauveur qui leur assure la vie éternelle avec Lui.
De l'autre côté, des hommes également condamnés qui,
avec l'autre brigand, ne voient pas leurs péchés mais
s'identifient à Dieu, blasphèment, veulent voir un miracle
et meurent dans l'impuissance.
Amis, de quel côté êtes-vous?
Où va le monde? Où va l'humanité? Les uns s'en
vont vers la vie éternelle.
Les aut
r
es s'avancent vers la mort et la perdition.
V. LE MONDE ENVISAGÉ
COMME SYSTÈME
Nous arrivons enfin au dernier sens biblique du mot que
nous analysons.
Outre les sens cosmologique et historique que nous venons
d'étudier, le terme « monde » a dans la Bible, une
signification MORALE ET RELIGIEUSE.
Dans le langage des écrivains sacrés, il sert à désigner,
ordinairement, non la totalité des choses créées, mais le
système, l'arrangement des affaires humaines sur la terre, cet
ensemble de principes et d'influences qui nous environnent
de toutes parts, qui agissent sur nous incessamment et où
Dieu n'a aucune place.
Le propre de ce système, c'est de se gouverner soi-même
sans aucune dépendance • réelle de Dieu. C'est le monde en
tant qu'étranger à la vie de Dieu, le milieu où, depuis la
chute, le mal règne et se développe et que saint Jean identifie
au mal lui-même en disant: « Le monde entier est plongé
dans le mal. »
Le prince de ce monde est Satan, nommé aussi le dieu de ce
siècle », le monde étant appelé aussi « le présent siècle » par
opposition aux réalités éternelles.
Ce monde agit sur nous principalement par la sensualité
(convoitise de la chair), la légèreté (convoitise des yeux) et
l'orgueil (orgueil de la vie).
Ainsi lisons-nous:
N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le
monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est
point en lui; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise
de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie ne
vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde
passe, et sa convoitise; mais celui qui fait la volonté de
Dieu demeure éternellement. » IJean 2 v 15 à 17
Adultères que vous êtes! Ne savez-vous pas que
l'amour du monde est inimitié contre Dieu? Celui qui veut
être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » (Jacques 4
v4)
L'histoire du inonde envisagé comme système,
commence au moment où l'homme fut chassé du paradis
où Dieu l'avait placé dans l'innocence et dans la paix. Sous
l'influence de Satan, il abandonna Dieu pour se livrer à ses
convoitises par lesquelles le diable établit son pouvoir sur
lui.
Sous la direction de Cain, « qui s'éloigna de la face du
Seigneur », le monde s'organisa en cité bâtie et embellie
par le travail et les inventions des hommes. Mais l'homme
était sans Dieu dans cette ville-là. Il n'est donc pas
étonnant que l'histoire de la civilisation, dont l'origine
remonte à la chute puisse être résumée par Dieu en ces
cinq mots de l'Apocalypse: » Mort, deuil, larmes, cris,
peines. » Cain, un meurtrier, en est le père.
Aussi, l'Écriture Sainte s'applique-t-elle à nous montrer:
1.
Que le train de ce monde est conduit par Satan.
2.
Que la sagesse de ce monde est une folie devant
Dieu.
3.
Que l'esprit du monde est un esprit d'aveuglement et
de séduction.
4.
Que les soucis de ce monde étouffent la Parole de
Dieu.
5.
Que la tristesse du monde produit la mort.
6.
Que les souillures du monde excluent de la présence
de Dieu.
7.
Que l'amour du monde rend ennemi de Dieu.
En bref, le monde est le système dont l'origine remonte à
fa chute et qui a rejeté Dieu dans la Personne de Son Fils
quand Il vint sur la terre.
Dans la nuit où Il fut livré, Jésus déclara que ce monde
était désormais jugé. « Je ne prie pas pour le monde, disait-
Il à Son Père, mais pour ceux que tu m'as donnés. « (Jean
17)
Les Écritures font clairement ressortir qu'aucun espoir
d'amélioration n'est laissé à ce monde envisagé comme
système. LE
SYSTÈME
EST
MAUVAIS
ET
DEFINITIVEMENT JUGÉ.
Quels que soient les acteurs, la pièce que jouent les
hommes sur le théâtre de Dieu est celle du diable.
Aucune philosophie, aucune idéologie, aucune religion
ne pourra améliorer le système et apporter le bonheur à
l'humanité séparée de Dieu.
Quels que soient les mouvements politiques qui
prendront encore le pouvoir, rien ne pourra empêcher le
monde d'aller à la faillite.
Sur la scène du monde, dont les merveilleux décors
proclament encore la gloire de Dieu, les hommes jouent le
commencement du dernier acte du drame écrit par Satan.
Après avoir, dans les actes précédents, conduit les
hommes à se séparer de Dieu, puis à le tuer dans la
personne de son Fils, il ne lui reste plus qu'à conduire
l'humanité au suicide.
Mais si le diable manifeste ses sombres desseins, Dieu
lui aussi nous révèle Son plan.
La fin de cette terrible « occupation du monde par
Satan est proche.
Jésus-Christ, le roi des rois et le Seigneur des seigneurs,
va revenir!
Toutefois, les derniers événements prédits par l'Écriture
doivent s'accomplir. NE SOYONS PAS TROUBLÉS,
MAIS RÉCONCILIÉS AVEC DIEU PAR JÉSUS-
CHRIST, afin que nous puissions tenir ferme et tout
surmonter.
Revenons à Dieu afin de jouer le rôle qu'Il a écrit pour
nous dans Son livre de vie et que Jésus-Christ est venu
nous apprendre.
VI. QUE SERONS-NOUS
DANS CE MONDE?
Ainsi compris le monde devient donc pour nous: un
moyen de glorifier Dieu, ou une séduction qui nous
détourne de Lui, selon que nous saurons le dominer par
l'Esprit et vaincre sa puissance funeste, ou que nous
deviendrons nous-mêmes ses esclaves.
Serons-nous des « collaborateurs 0, c'est-à-dire des
hommes qui, pour une gloire, des facilités et des
jouissances terrestres, acceptent tous les reniements et tous
les compromis?
Deviendrons-nous, au contraire, des « résistants », de
ceux qui, par leur foi, triomphent du monde et persévèrent
dans l'obéissance absolue aux ordres du Christ,
accomplissant les missions qu'Il leur confie en attendant
Son avènement?
Sauver sa vie dans le présent siècle, c'est vouloir la
perdre demain et sombrer dans la honte éternelle.
Perdre sa vie aujourd'hui par amour pour Jésus-Christ,
c'est la sauver pour demain et partager la gloire de Son
règne.
Voilà pourquoi le seul espoir pour les hommes est
d'accepter l'Évangile. Cette révélation de Dieu nous
déclare que la puissance que nous constatons partout,
dans la nature, ne veut pas rester extérieure à nous et
nous écraser. Elle cherche au contraire à nous saisir, à
nous pénétrer, à nous remplir; elle veut nous rendre
participants de la nature divine afin que nous recevions
d'elle tout ce qui contribue à la vie et à la piété. (IIPierre
Iv3-4)
Sur cette terre, cette puissance de grâce a été manifestée
d'une manière parfaite en Jésus-Christ.
Amis, en cet instant même elle vous est encore propice.
Elle s'oppose à vous tant qu'elle reste pour vous anonyme et
extérieure à votre vie. Mais, dès l'instant où vous l'acceptez,
où vous la reconnaissez, elle vous transforme et pénètre
votre être. Vous éprouvez alors que Dieu n'est plus contre
vous, mais POUR VOUS. La lutte avec Dieu cesse, c'est
Dieu qui vous porte et LUTTE EN VOUS contre le mal.
CROYEZ-LE, C'EST DE CETTE PUISSANCE QUE LES
HOMMES ONT BESOIN AUJOURD'HUI.
CONCLUSION
Tous les progrès de la civilisation n'ont pas apporté le
bonheur à l'humanité. Meurtrie, languissante, malade de la
tête aux pieds, il n'y a plus rien en elle qui soit sain, et aucun
remède ne lui apporte la guérison. Elle s'avance dans une
vallée où plane l'ombre de la mort, où les larmes, les deuils,
les cris, les peines sont devenus le pain quotidien, où
l'injustice augmente et multiplie les révoltés.
Leur puissance, les hommes l'emploient pour détruire. Ils
préparent de nouvelles guerres alors que les ruines des
précédentes sont encore fumantes.
Les savants aujourd'hui n'ont pas honte de certaines
inventions mises au service d'une puissance de destruction
jusqu'ici inégalée.
Les ingénieurs n'ont pas honte de la technique, puissance
qui conduit souvent les hommes à l'esclavage.
Les capitalistes n'ont pas honte de l'argent; puissance
d'injustice et d'égoïsme.
Les leaders politiques n'ont pas honte de la puissance de
certains ferments révolutionnaires qui répandent la haine
dans les coeurs et le sang dans les rues.
Les artistes n'ont pas honte de la puissance du film, qui trop
souvent travaille à habituer à des moeurs relâchées et
corrompues, par les spectacles qu'il offre à la vue et à l'ouïe.
Les journalistes n'ont pas honte de nous donner tous les
détails des crimes et des scandales les plus odieux.
Les sportifs n'ont pas honte de se casser la figure en public
pour obtenir une gloire périssable.
C'est pourquoi, à notre tour, même si vous deviez nous
prendre pour un fou, un arriéré ou un illuminé, nous venons
vous dire avec force, que nous n'avons pas honte de
L'ÉVANGILE QUI EST LA PUISSANCE DE DIEU pour le
salut de quiconque croit. (Romains I v16-17)
Amis angoissés par l'état du monde, Dieu a des droits sur
vous. Vos vies sont en Ses mains.
Ni votre incrédulité, ni vos moqueries, ni vos efforts
n'empêcheront Dieu d'accomplir ce qu'Il a déterminé pour le
monde.
Faites la paix avec Lui et vous serez sauvés.
Celui qui aura su discerner que le monde est le théâtre où
Dieu lui donne la possibilité de Le glorifier,
Celui qui aura su reconnaître en Jésus-Christ le vrai
Sauveur du monde, et qui L'aura reçu, connaîtra l'amour du
Père et Ses glorieuses pensées à l'égard de l'humanité.
Il vivra « dans le monde comme n'étant pas du monde
Refusant d'être acteur de Satan, il jouera dans la pièce de
Dieu le rôle créé exprès pour lui.
Il travaillera au bien de son prochain, attendant
l'accomplissement des desseins de Dieu pour toutes Ses
créatures: voies d'amour et de paix, si nous savons L'aimer et
Lui donner notre coeur.
Série: « Pour le connaître Lui. »
Les textes abrégés de conférences publiés aujourd'hui dans
la série: « Pour le connaître Lui », ont paru une première
fois en 1956, l'année même où ces conférences furent
prononcées dans une salle publique de la ville de Nice.
(France.)
Ces exposés n'ayant rien perdu de leur actualité, nous
sommes heureux de les présenter sous une forme plus
attrayante et dans un caractère plus facile à lire.
Chaque conférence complète en elle-même préparait la
suivante dans l'espoir de faire découvrir à tous, croyant ou
incroyant, « le si grand salut de Dieu. » (Héb. 2v3).
Montréal, Avril 1988.
Du même auteur
« Être chrétien»
« Le Christ inconnu»
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« Donnez gloire à votre Dieu !»
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2.
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5.
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6.
Peut-on naître de nouveau ?
7.
L'homme face à la souffrance
8.
L'homme face à la mort
9.
Vivre
10.
L'homme et Sa destinée
11.
Le Monde et Sa destinée
12.
L'Église et sa destinée
13.
Israël et sa destinée
Au Canada:
Chez l'auteur: 1745 Cedar Avenue
Montréal (Québec)
H3G 1A7
En Europe :
« Le Refuge» 21, a
y
. Cernuschi
06100 Nice (France.)
© G. Racine, 1988
