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ENRACINES ET EDIFIES
EN
LUI
(Col.
2, 7)
En vente aux
ÉDITIONS BIBLES ET TRAITÉS CHRÉTIENS, VEVEY
1964
Imprimé en Suisse

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Avant-propos
« Les lèvres du juste en repaissent plusieurs » (Prov. 10,
21)
Au cours de mes lectures, j'ai pris l'habitude, depuis
quelques années, de .noter les pensées qui me paraissaient
particulièrement édifiantes, afin de pouvoir les méditer de
nouveau ultérieurement. J'en ai recueilli une telle
bénédiction qu'il m'a paru utile, après en avoir référé à
quelques frères expérimentés, de publier ces notes, dans
l'idée qu'elles pourraient être utiles à d'autres personnes,
Afin de rendre la lecture de ces pensées aussi profitable
que possible, je les ai groupées par sujet. Puisse ce recueil
contribuer à affermir la foi du lecteur et l'aider à croître
dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et
Sauveur Jésus Christ !
Berne, septembre 1964.
Marc Tapernoux.

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Table des matières
Avant-propos.....................................................5
I. L'amour de Dieu .........................................7
II. Christ
1. Sa Personne .................................................10
2. Son oeuvre ....................................................14
3. La position du croyant en Christ . ................23
4. Christ en vous ..............................................30
III. Marcher en Christ (Col. 2, 6)
1. L'obéissance ................................................36
2. L'amour .......................................................42
3. La vigilance ..................................................45
4. L'humilité ....................................................46
5. Le service .....................................................48
6. Le témoignage .............................................54
7. Jusqu'a Lui ...................................................55

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IV. Le combat chrétien
1. Satan .............................................................59
2. La chair .........................................................61
3. Le monde ......................................................65
4. La loi ............................................................71
5. Lutte et victoire ............................................75
6. Chutes et restauration ...................................78
7. La sanctification ...........................................80
8. Souffrance ....................................................88
V. Les ressources du croyant
1. Le ministère de Christ ..................................94
2. Le ministère du Saint-Esprit .........................97
3. La Parole de Dieu .........................................101
4. La foi ............................................................105
5. La prière .......................................................110
6. La communion .............................................115
7. Paix et repos .................................................121
8. La joie ...........................................................130
9. L'espérance ...................................................131

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I. L'amour de Dieu
L'on ne peut avoir en Jésus une foi réelle, sans aimer sa
Personne, parce qu'il est la pleine expression de l'amour de
Dieu, amour dont la perfection ne se trouve nulle autre part.
Christ s'est abaissé au plus bas, afin qu'il n'y eût aucun être
humain, fût-ce le plus misérable, qui ne sentît que Dieu était
près de lui en bonté, entièrement accessible pour lui, venu
jusqu'à lui. L'amour de Dieu a ainsi trouvé dans la misère de
l'homme l'occasion de son parfait exercice, l'occasion de
montrer qu'il n'y a aucun besoin où il ne se trouve pas
présent et auquel il ne puisse ré-pondre.
Nous avons besoin d'être constamment renouvelés, sinon
l'énergie spirituelle ne se maintient pas. Ce n'est pas le
progrès dans la connaissance qui opère ce résultat; ce qui
importe, c'est que nous demeurions près de Dieu. C'est là que
l'amour, son amour agissant dans nos âmes, se maintient et
se développe.
Si nous connaissions un peu plus la consolation et la joie
qu'il y a à nous désaltérer à la plénitude de l'amour de Dieu,
nous sentirions que les circonstances sont le néant même.

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Il y a, dans l'essence divine, deux perfections infinies que
l'Esprit Saint résume de la manière suivante: Dieu est amour,
Dieu est lumière. Ces deux côtés de sa gloire ne doivent pas
être confondus et sont aussi importants l'un que l'autre.
Chacun d'eux a sa manifestation dans les actes et les voies de
Dieu envers l'homme. L'amour de Dieu prend envers lui le
caractère de grâce, à cause de son état de péché qui rend
nécessaire le déploiement de cette grâce. La lumière se
manifeste dans une sainteté infinie qui repousse le mal et le
juge. La croix a été la manifestation parfaite de ces deux
aspects de la gloire de Dieu; elle a permis à Dieu de sauver le
pécheur, en ôtant le péché par la mort expiatoire du
Rédempteur. Reçue par la foi, la vie nouvelle communiquée
par le Saint-Esprit au croyant a les caractères de sa source.
Elle vient de Dieu; elle aime, prouvant ainsi son origine
divine: «Qui-conque aime est né de Dieu et connaît Dieu» (1
Jean 4, 7). L'amour est donc le fruit et la manifestation de la
nature divine qui, en nous, a les mêmes caractères qu'en
Celui qui en a été ici-bas l'expression parfaite. L'autre
caractère fondamental de la nature divine, la lumière, fait des
rachetés des «enfants de lumière», appelés à manifester cette
lumière dans les fruits qu'elle produit: «Or le fruit de la
lumière consiste en toute bonté, justice et vérité» (Eph. 5, 9).
«Mon fils... était perdu, et il est retrouvé»— voilà le
coeur de la parabole de Luc 15. Il n'est

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pas question de ce que le fils a souffert, mais de ce que le
père a perdu. C'est lui qui souffre; c'est lui qui perd. Une
brebis est perdue: Qui en supporte la perte? Le berger. Une
pièce d'argent est perdue : Qui en supporte la perte ? La
femme. Un fils est perdu : Qui en supporte la perte ? Le père.

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II. Christ
1. Sa Personne
Le Fils de l'homme est un titre d'une signification très
étendue. Il exprime l'homme dans sa perfection, un homme
selon Dieu. Il nous dit, en quel-que sorte, que l'homme se
tient comme un être nouveau en Jésus, et qu'en Lui, se voit la
beauté humaine et morale dans toute sa plénitude. Mais ce
n'est pas seulement toute cette perfection morale qui est
exprimée dans ce titre de « Fils de l'homme », ce sont toutes
ses souffrances et toutes ses gloires se rapportant à lui
comme tel. Comme Fils de l'homme, il fut humilié (Ps. 8),
mais comme tel il est aussi exalté à la droite de la Majesté
dans le ciel (Ps. 80)'. Comme tel, il n'avait pas un lieu où
reposer sa tête (Luc 9, 58), mais comme tel aussi, il vient à
l'Ancien des jours pour prendre le royaume (Dan. 7, 13). Le
jugement lui est donné comme tel (Jean 5). Il est prophète,
sacrificateur et roi comme tel, héritier et Seigneur de toute
chose, Tête et Époux de l'Église. Comme Fils de l'homme, il
a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés (Mat. 9, 6)
et il est le Seigneur du sabbat (Marc 2, 28), bien qu'il doive
rester trois jours

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et trois nuits dans le sein de la terre (Mat. 12, 40). Comme
Fils de l'homme, il était le semeur fatigué, et il sera
comme tel le glorieux moissonneur de la moisson. Il a été
crucifié et ressuscité comme tel (Mat. 17, 9, 22, 23). Mais
comme Fils de l'homme, il avait constamment sa propre
place dans le ciel (Jean 3, 13-14). Et comme le Fils de
l'homme, il est le centre de toutes choses, célestes et
terrestres (Jean 1, 52)
Ainsi ce titre du Seigneur a une portée très étendue et
très élevée; il se lie étroitement à sa personne avec toutes
ses douleurs, mais aussi avec toutes ses dignités, excepté
naturellement ce qu'il possède en lui-même comme étant
«Dieu sur toutes 7 choses béni éternellement». Il est
l'Homme oint, le temple humain sans souillure, élevé au
commencement par le Saint-Esprit, puis rempli par lui
(Luc 1, 35; 4, 1). Il est l'Homme abaissé qui chemina dans
la douleur ici-bas jusqu'à la mort de la croix (Phil. 2). Il
est l'Homme exalté, couronné maintenant de gloire et
d'honneur et qui bientôt aura tout pouvoir (Héb. 2).
«Le chef du monde vient, et il n'a rien en moi.» Homme
parfait, descendu du ciel pour accomplir la volonté de Dieu,
Christ a marché au milieu de la souillure de ce monde sans
en être atteint; il a subi tous les assauts de l'ennemi et la
haine des hommes; il est arrivé au terme de sa course dans
ses perfections absolues, aussi propre pour rentrer dans

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la gloire que lorsqu'il la quitta, sans avoir besoin de passer
par la mort.
Le Seigneur Jésus est en lui-même le résumé de toutes les
beautés et de toutes les perfections possibles.
Dans quelque relation que notre bien-aimé Seigneur nous
soit présenté, quelque office qu'il remplisse, quelque oeuvre
qu'il accomplisse, quelque position qu'il occupe, ses gloires
personnelles rayonnent de tout leur éclat divin.
Le Seigneur Jésus ne fut jamais plus visiblement présenté
comme «le saint de Dieu» que lorsqu'il fut fait péché sur le
bois maudit. L'odieux et la noirceur de ce avec quoi il était
identifié sur la croix, ne servait qu'à faire ressortir plus
claire-ment qu'il était «très saint». Quoique portant le péché,
il était sans péché. Quoique endurant la colère de Dieu, il
était les délices du Père. Quoique privé de la clarté de Dieu,
il habitait dans le sein du Père.
La vision de Jésus crucifié, la vision de Jésus ressuscité et
glorifié, voilà ce qu'il nous faut. Voilà ce qui produira dans
notre vie des fruits bénis, des oeuvres bénies. C'est en
contemplant Christ que nous sommes transformés, de gloire
en gloire, à son image. Que cette vision nous soit donnée, et

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que nous puissions refléter quelque chose de sa lumière!
Au ciel, tout regard sera fixé sur Jésus, tout coeur sera
occupé de Jésus, le seul cri éternel, universel et unanime
sera: «Tu es digne».
Dans le Christ Jésus, «autant il y a de promesses de Dieu,
en lui est le oui et en lui l'amen, à la gloire de Dieu, par
nous». Il n'y a pas de «non» quand il s'agit de Christ. Tout
est «oui», tout est divinement établi et fixé.
La prérogative de la foi chrétienne consiste en ceci, que
tout ce qu'elle a et tout ce qu'elle offre est concentré dans une
Personne. C'est ce qui fait sa force, alors que tant d'autres
choses ont prouvé leur faiblesse. Elle n'a pas simplement une
délivrance, mais un Sauveur; non la rédemption seulement,
mais un Rédempteur. Et quelle différence entre nous
soumettre à un ensemble de règles et nous jeter sur un coeur
qui bat, entre accepter un système et nous attacher à une
Personne ! Notre bénédiction consiste en ce que nos trésors
sont amassés dans une Personne qui n'a pas été seule-ment
pour une génération, dans un Docteur pré-sent et un Seigneur
vivant pour toutes les générations successives, Celui qui a
été mort, mais qui est présent et vivant pour tous.

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Dans les relations du Seigneur Jésus avec le monde qui
l'entourait, nous le voyons à la fois comme un Victorieux, un
Souffrant, et un Bienfaiteur. Quelles gloires morales brillent
dans un tel ensemble! Il a vaincu le monde, refusant toutes
ses séductions. Il a souffert de sa part, rendant témoignage
contre sa manière de faire. Il lui faisait du bien, en dispensant
incessamment le fruit de sa grâce et de sa puissance. Les
tentations de ce monde firent de lui un Vainqueur, ses
souillures et ses inimitiés en firent celui qui souffrait, ses
misères en firent un Bienfaiteur. Quel concours merveilleux!
2. Son oeuvre
Nos sentiments ne sont pas à la mesure de ce que Dieu est
envers nous; tout est absolument accompli; nous ne pouvons
rien ajouter par notre joie ou notre affliction à l'oeuvre
parfaite de Christ. Ce n'est pas ce que nous pensons de
l'oeuvre de Christ, mais ce que Dieu en pense, qui sauve; et
notre connaissance, par la foi, de ce que Dieu en pense, nous
donne la paix. Dieu dit aux Israélites en Égypte, non pas:
Lorsque vous verrez le sang, je passerai par-dessus vous,
mais: «Quand je verrai le sang». C'est lui qui a été offensé,
c'est lui qui juge et c'est lui qui a accepté la rançon en justice
comme il l'a donnée en amour. Il est fidèle et juste pour nous
pardonner. Christ a fait la paix par le sang de sa croix. Il a
tout fait et ne nous a

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rien laissé à faire, sinon à lui rendre grâces et à le louer. Afin
que tout puisse être grâce, Dieu a voulu que ce soit par la foi
que nous saisissions le salut, et quoique la foi produise
d'immenses effets, elle n'ajoute rien à la chose qu'elle croit.
Christ et l'efficacité de son oeuvre doivent être et sont devant
Dieu tout ce que je suis appelé à croire qu'ils sont, avant que
je le croie.
Tout ce que la mort peut nous faire, c'est de nous retirer
de la scène où elle exerce sa puissance, pour nous faire entrer
dans celle où elle n'a aucune puissance. Au lieu de craindre
la mort, nous rendons grâces à Celui qui nous a donné la
victoire par Jésus.
La puissance de Dieu lui-même, telle qu'elle a agi en
Christ lors de sa résurrection, opère en nous pour nous
donner la nouvelle position dans la vie. Cette vie implique,
par le fait même que nous la recevons, que nous sommes
pardonnés parfaite-ment et pour toujours. Nous étions sous le
poids de nos péchés, et morts dans nos péchés: Christ s'est
placé sous ce poids, et il est mort pour nous. En ressuscitant,
Christ a laissé derrière lui la mort et le poids de la
condamnation sous laquelle nous étions; nous aussi, nous
avons été ressuscités avec Lui. Nous avons donc, comme Lui
et avec Lui, laissé tout ce poids de péchés et de
condamnation derrière nous, avec la mort dont nous avons
été

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délivrés. Ainsi, Dieu nous fait sortir de la mort et de la
condamnation, avec Christ qui les a subies pour nous.
Quelle valeur a, pour Dieu, le sang de l'Agneau! Qui, sur
la terre, pourrait décrire la puissance sanctifiante et
rédemptrice du sang de Jésus ? Il délivre le pécheur de
l'esclavage du monde et du péché, et justifie Dieu quand il
fait miséricorde. Il est le fondement de toutes nos
bénédictions terrestres et nous donne droit aux plus riches
bénédictions célestes. Il nous a ouvert l'accès au trône du
Père et nous rend propres pour y paraître comme des enfants
bien-aimés. Il a déchiré le voile et ou-vert à l'adorateur le
lieu très saint. Il répond aux exigences les plus élevées de
Dieu, comme aux besoins les plus profonds de l'homme.
Seul un homme altéré connaît la valeur de l'eau, et seule
une âme altérée connaît la valeur de l'eau vive.
Tout ce qu'il y avait à faire, Dieu lui-même l'a fait; et
assurément il ne condamnera pas sa propre oeuvre. La justice
qui était requise, Dieu lui-même l'a fournie; lui,
certainement, n'y trouvera aucun défaut. Voir, des yeux de la
foi, Jésus cloué à la croix et assis sur le trône, est quelque
chose qui doit donner à la conscience une paix solide, et au
coeur une parfaite liberté. Nous pouvons regarder

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dans la tombe et la voir vide, nous pouvons regarder le trône
en haut et le voir occupé, et continuer notre chemin tout
joyeux. Un Christ ressuscité est la preuve éternelle d'une
rédemption accomplie; et si la rédemption est un fait
accompli, la paix du croyant est une vraie et stable réalité.
Nous n'aurions qu'une idée bien incomplète du mystère de
la croix, si nous n'y voyions que ce qui répond aux besoins
de l'homme comme pécheur. Il y a, dans la mort de Christ,
des profondeurs qui sont hors de la portée de l'homme et que
Dieu seul a pu sonder.
Aucun homme, ni aucun ange ne peut sonder jusqu'au fond
le mystère de la mort de Christ ; mais nous pouvons en
discerner au moins quelques caractères qui, à eux seuls,
rendent déjà cette mort précieuse, au-delà de toute
expression, pour le coeur de Dieu. C'est de la croix que Dieu
recueille sa plus riche moisson de gloire. Il n'aurait pu,
d'aucune autre manière, être glorifié comme il l'a été par la
mort de Christ. C'est dans l'abandon volontaire que Christ
fait de lui-même à Dieu, que la gloire divine reluit dans tout
son éclat ; et c'est dans cette offrande que Christ a faite de
lui-même que fut posé le solide fondement de tous les
conseils divins: la création était insuffisante pour cela.
Christ a tellement pris la place du croyant sur la croix —
celui-ci était si entièrement identifié

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avec lui — tous les péchés du croyant lui ont été alors si
complètement imputés, que toute question de culpabilité du
croyant, toute idée de jugement ou de colère, auxquels il
serait exposé, est éternellement mise de côté. Tout a été
réglé sur le bois maudit, entre la Justice divine et la Victime
sans tache. Et maintenant le croyant est aussi absolu-ment
identifié avec Christ sur le trône, que Christ fut identifié
avec lui sur la croix. La justice n'a plus aucun grief à élever
contre le croyant, parce qu'elle n'a aucun grief à élever
contre Christ. Il en est ainsi à jamais.
Le sang de Christ est la base de tout. C'est le principe de
la justice de Dieu en justifiant un pécheur impie qui croit au
nom du Fils de Dieu, et c'est le principe de la confiance du
pécheur pour s'approcher d'un Dieu saint, dont les yeux sont
trop purs pour voir le mal. Dieu serait juste en condamnant
le pécheur; mais, par la mort de Christ, il peut être juste et
justifier ceux qui croient — un Dieu juste et sauveur.
C'est par le sang, et rien que par le sang, que nous
obtenons le pardon, la paix, la vie, la justice.
En tant que dernier Adam, Christ est la somme totale de
l'humanité; en tant que second Homme, il est la Tête d'une
nouvelle race. Nous trouvons donc ici une double union —
l'une est liée à sa mort, et l'autre à sa résurrection. En
premier lieu,

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son union avec la race, en tant que «dernier Adam», a
commencé historiquement à Bethléem, pour se terminer à la
croix et au tombeau. Par elle, il a englobé en lui-même tout
ce qui était en Adam pour l'apporter au jugement et à la mort.
En second lieu, notre union avec lui, en tant que «second
Homme», commence à la résurrection pour se terminer dans
l'éternité — ce qui signifie pour ne jamais se terminer — car
ayant dans sa mort mis de côté le premier homme en qui le
dessein de, Dieu avait été frustré, il est ressuscité comme la
Tête, le Chef, d'une nouvelle race d'hommes, en qui ce
dessein sera pleinement réalisé.
Ainsi, lorsque le Seigneur Jésus fut crucifié sur la croix, il
fut crucifié comme le dernier Adam. Tout ce qui était dans le
premier Adam fut ras-semblé et mis de côté, en Lui. Nous y
étions compris. En tant que dernier Adam, il a effacé la
vieille race; en tant que second Homme, il introduit la race
nouvelle. C'est dans sa résurrection qu'il s'avance comme le
second Homme, et là aussi, nous y sommes compris. «Car si
nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa
mort (c'est-à-dire par la conformité à sa mort), nous le serons
donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection (c'est-à-
dire par la conformité à sa résurrection)» (Rom. 6, 5). Nous
sommes morts en lui, le dernier Adam; nous vivons en lui, le
second Homme. La croix est ainsi la puissance de Dieu, qui
nous fait passer d'Adam en Christ.

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C'est le Juge lui-même qui a pris sur lui nos péchés et a
subi à notre place le châtiment que nous avions mérité.
Comment pourrait-il anéantir sa propre oeuvre expiatoire?
Nous avons donc toute assurance pour le temps présent et
pour le jour où nous serons manifestés devant le tribunal
de Christ. Celui même qui siégera sur le trône reconnaîtra,
en ces heureux élus, sa propre image et ses propres
perfections.
A la croix, toutes les exigences de la sainteté divine ont
été parfaitement satisfaites; en sorte que, mieux nous
comprenons cette sainteté, mieux aussi nous apprécions la
croix. Plus nous estimons la sainteté, plus aussi nous
estimerons l'oeuvre de la croix.
Christ, ayant la vie en lui-même, est descendu ici-bas et
a satisfait à toutes les conséquences du péché de l'homme,
quelles qu'elles fussent; en se soumettant à la mort, il
détruisit celui qui en avait l'empire et devint, en
résurrection, la vie et la justice de tous ceux qui croient en
son nom. Il est impossible désormais que Satan porte
atteinte à cette vie, soit dans sa source, soit dans son canal,
soit dans sa puissance, soit dans sa sphère, soit dans sa
durée. Dieu en est la source; Christ ressuscité, le canal; le
Saint-Esprit, la puissance; le ciel, la sphère, et l'éternité, la
durée.

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Là où le Christ ressuscité introduit son peuple, la mort
n'existe pas. Ne l'a-t-il pas abolie? La Parole de Dieu nous le
déclare! Christ a fait disparaître la mort de dessus la scène et
y a introduit la vie; ce n'est donc pas la mort, mais la gloire,
que le chrétien a devant lui. La mort est derrière lui pour
toujours; quant à l'avenir, tout est gloire, gloire sans nuages.
La Parole nous enseigne que Dieu a fait le premier pas
vers l'homme, que ce premier pas a conduit le Seigneur à la
croix, que par elle seule l'homme commence à lui être
agréable. Tel est donc notre point de départ pour venir après
lui.
En Christ, tout est infailliblement assuré pour la gloire de
Dieu et la bénédiction éternelle de l'homme. Le dessein
éternel de Dieu est «d'établir Christ comme chef sur toutes
choses». Il n'y a pas une seule chose dans laquelle le premier
homme a manqué, que le second ne restaure. Tout est établi
sur une base nouvelle en Christ. Il est le chef de la nouvelle
création, héritier de toutes les promesses faites à Abraham, à
Isaac et à Jacob au sujet du pays, héritier de toutes les
promesses faites à David concernant le trône.
L'empire sera posé sur son épaule. Il revêtira ces gloires. Il
est Prophète, Sacrificateur et Roi. En un mot, Christ restaure
tout ce qu'Adam a perdu, et il apporte beaucoup plus que tout
ce qu'Adam a jamais possédé.

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Le Seigneur Jésus était le Fils unique, et en tant qu'unique,
il n'avait pas de frères. Mais le Père envoya le Fils, afin que
l'Unique devienne le Premier-né, et que le Fils bien-aimé ait
beaucoup de frères. Nous avons là toute l'histoire de
l'incarnation et de la croix; et là, nous trouvons enfin
l'accomplissement du dessein de Dieu, qui est d'amener
plusieurs fils à la gloire (Héb. 2, 10). Il a fait tout ce qui était
nécessaire pour que le ciel soit rempli de fils glorifiés. Tel
était son dessein dans la rédemption.
La croix est la mesure de la haine de Dieu contre le péché,
tout comme elle est la mesure de son amour pour le pécheur.
Quand le Saint-Esprit déploie devant nos coeurs quelque
chose de la profonde bénédiction, du prix et de l'efficace de
la mort de notre Seigneur Jésus Christ, il nous amène à
méditer sur le mystère de ses souffrances, à repasser dans
nos coeurs tout ce par quoi il a dû passer pour nous, tout ce
qu'il lui en a coûté pour nous sauver des conséquences
éternelles du péché auquel, hélas! nous nous laissons aller si
souvent avec légèreté. Or c'est là un travail très profond et
saint, qui conduit l'âme à ces exercices dont les «pains
d'affliction» dans la fête des pains sans levain, étaient
l'image. Il y a une grande différence entre les sentiments que
nous éprouvons en nous occupant de nos péchés, et ceux qui
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— 23 —
viennent de la vue des souffrances de Christ pour ôter ces
péchés.
3. La position du croyant en Christ
Christ est là, au ciel, agréé de Dieu, à cause de l'oeuvre
qu'il a accomplie, et c'est là ce qu'il me faut. La justice a été
montrée en ceci, savoir que Christ est assis à la droite de
Dieu. Dieu l'a pris hors du monde, il m'en sort aussi, et me
dit: La justice est là à ma droite. Là est ma justice.
Ensemble avec Christ, sur la croix, dans le tom-beau et
dans les lieux célestes! Ainsi, le Seigneur glorifié peut
partager avec tous les croyants la victoire de sa croix, la
puissance de sa résurrection et la plénitude de sa vie
glorieuse.
Être en Christ, c'est être là où Christ se trouve, c'est être ce
qu'il est, c'est partager ce qu'il possède.
Être en Christ, c'est être dans les lieux célestes; ce n'est
donc que dans les lieux célestes que le chrétien est vraiment
chez lui. Il est pèlerin sur la terre; sa patrie est le ciel.
Être en Christ, c'est être ce qu'il est. Christ est la tête, le
chrétien est l'un des membres du corps; tête et corps ont une
seule et même vie. Ainsi la même vie anime Christ dans les
lieux célestes et le chrétien sur la terre.

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Être en Christ, c'est avoir part aux richesses de Christ.
Tout ce qu'il possède, nous le possédons aussi. Toutes les
bénédictions spirituelles, la joie, la paix, la victoire, la
puissance, la sainteté sont à nous, en Christ, dès cet instant.
Enfants de Dieu, nous sommes ses héritiers, cohéritiers de
Christ, de sorte que tout ce que le Père a donné au Fils, le
Fils le partage avec nous. «Béni soit le Dieu et Père de notre
Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction
spirituelle dans les lieux célestes en Christ» (Éph. 1, 3).
«Celui même qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a
livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don
aussi, librement, de toutes choses avec lui?» (Rom. 8, 32).
Nous sommes élus en Christ, avant la fondation du monde.
Nous appartenons, dans les conseils de Dieu, à un système
établi par lui en Christ avant que le monde existât, système
qui n'est pas du monde quand celui-ci existe, et qui subsistera
après que la figure de ce monde aura passé. Notre place en
Christ nous a été donnée avant que le monde existât. «Dieu...
nous a sauvés et nous a appelés d'un saint appel, non selon
nos oeuvres, mais selon son propre dessein et sa propre grâce
qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps
des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par
l'apparition de notre Sauveur Jésus Christ» (2 Tim. 1, 9-10).
«L'espérance de la vie éternelle

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que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des
siècles» (Tite 1, 2).
Nous avons une vie, mais c'est en Christ; cette vie est
cachée avec Lui, en Dieu, en sûreté dans son éternelle
source. Elle a le sort de Christ en qui nous la possédons. Il
est caché en Dieu, ainsi aussi est notre vie: quand Christ
apparaîtra, nous apparaîtrons aussi avec Lui. Compter sur le
Seigneur toujours présent, c'est la sainteté. Cette grâce de la
foi est la chaîne qui lie l'âme à Christ et fait que le Sauveur et
le racheté font un. Un canal est alors ouvert par lequel la
plénitude de Christ est répandue abondamment en nous. Le
sarment stérile de-vient une portion du cep fécond. Une seule
et même vie circule dans la plante entière.
Ne cherchons rien hors de Christ, mais réjouissons-nous
d'être nous-mêmes en lui, un avec lui et par conséquent, un
avec toute sa plénitude. N'attendons pas que la foi produise
la sainteté, mais réjouissons-nous de la parfaite sainteté en
Christ comme d'un fait; réalisons qu'étant un avec lui, d'une
manière inséparable, cette sainteté est la nôtre et, acceptant
ce fait, nous en constaterons la réalité.
Je n'ai pas à faire de moi un sarment. Je le suis, du moment
que Jésus me le dit. Je suis une partie de lui-même; à moi de
le croire et d'agir en consé-

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quence. Je suis un membre de Christ, et je puis prendre de sa
plénitude tout ce dont j'ai besoin.
Quelle chose merveilleuse d'être réellement un avec un
Sauveur ressuscité et glorieux, d'être un membre de Christ!
Pensons à ce que cela implique. Christ peut-il être riche et
moi, pauvre? La Tête peut-elle être bien nourrie et le corps,
mourir de faim?
Toutes les choses qui nous rendront heureux dans le ciel,
nous les possédons dès maintenant. Si vous désirez savoir ce
qui rend un chrétien heureux dans la vie et dans la mort, c'est
le fait que le Christ qu'il possède aujourd'hui est le même
Christ qu'il aura dans le ciel. Il est chez lui là où Celui qu'il
aime et connaît le mieux, se trouve déjà.
Il n'est pas possible que le Chef et les membres soient
acceptables dans des mesures différentes. La Tête et les
membres sont un. Dieu les tient pour un; par conséquent, ils
sont un. Cette vérité est à la fois le fondement de la
confiance la plus haute et de l'humilité la plus profonde: elle
donne la plus entière certitude, «toute assurance au jour du
jugement» (1 Jean 4, 17), attendu qu'il est impossible qu'il
soit mis quoi que ce soit à la charge de Celui auquel nous
sommes unis; et elle nous donne un profond sentiment de
notre néant, attendu que notre union avec Christ est fondée
sur la mort de

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la nature humaine et sur l'abolition complète de tous ses
droits et de toutes ses prétentions.
Il y a dans notre coeur une tendance continuelle à faire
reposer notre paix et notre acceptation sur quelque chose qui
est en nous ou qui vient de nous, bien que nous admettions
que ce «quelque chose» soit un fruit du Saint-Esprit. De là
vient que nous regardons constamment en nous-mêmes,
tandis que le Saint-Esprit voudrait toujours nous faire
regarder en dehors de nous. La position du croyant ne
dépend pas de ce que lui est, mais de ce que Christ est.
S'étant approché de Dieu «au nom de Jésus», il est identifié
avec lui et accepté en son nom, et il ne peut pas plus être
rejeté que Celui au nom du-quel il s'est approché de Dieu.
C'est notre heureux privilège de pouvoir, dans la confiance
de la foi, renvoyer toute accusation et tout accusateur à
Christ et à l'expiation qu'il a accomplie. Tout, pour nous,
découle de lui. Nous nous glorifions en lui continuellement.
Nous n'avons aucune confiance en nous-mêmes, mais en
Celui qui a accompli toutes choses pour nous. Nous nous
attachons à son nom; nous nous confions en son oeuvre; nos
regards sont arrêtés sur sa personne, et nous attendons son
retour.
Inséparablement uni à Christ, le croyant partage
nécessairement son acceptation auprès de Dieu et son rejet
par le monde. Ces deux choses vont en-

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semble: la première nous constitue adorateurs et citoyens du
ciel; la seconde nous constitue témoins et étrangers sur la
terre; la première nous introduit au-dedans du voile; la
seconde nous fait sortir hors du camp; et l'une est aussi
parfaite que l'autre.
La connaissance de notre position, absolument parfaite et
établie en Christ, est la chose même dont le Saint-Esprit se
sert pour nous exciter à tendre vers la perfection pratique.
Nous ne devons jamais mesurer notre position par notre état;
mais, au contraire, toujours juger notre état par notre
position. Abaisser la position à cause de l'état, c'est donner le
coup de mort à tout progrès dans le christianisme pratique.
Le croyant est «mort au péché». Comment? Il est mort en
Christ. Par nature, il était mort dans le péché. Par grâce, il est
mort au péché. Quels droits peut-on avoir sur un homme
mort? Aucun. «Christ est mort une fois pour toutes au
péché» et le croyant est mort en lui. «Or si nous sommes
morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec
lui, sachant que Christ ayant été ressuscité d'entre les morts,
ne meurt plus; la mort ne domine plus sur lui. Car en ce qu'il
est mort, il est mort une fois pour toutes au péché, mais en ce
qu'il vit, il vit à Dieu» (Rom. 6, 8-10). Que résulte-t-il de tout
cela pour les croyants? «De même, vous aussi, tenez-vous
vous-mêmes pour morts au péché,

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mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus» (v. 11). Telle
est, devant Dieu, la position inaltérable du croyant, de sorte
qu'il a le saint privilège de jouir de la délivrance du péché, en
tant que dominateur sur lui, quoique le péché habite encore
en lui.
Le chrétien possède la nouvelle nature, qui ne peut
aucunement produire les fruits de la vieille nature. Christ ne
pèche pas; sa vie en nous ne peut pécher. Celui qui demeure
en lui ne pèche pas. «Quiconque est né de Dieu ne pratique
pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne
peut pas pécher, parce qu'il est né de Dieu» (1 Jean 3, 9).
Comment Jésus nous donnerait-il ce commandement:
«Demeurez en moi», sans nous assurer la grâce et la
puissance de le faire?
La vie en Christ est une source inépuisable de bonheur. A
mesure que Christ prend plus pleine-ment possession de
l'âme, elle entre dans la joie de son Sauveur qui devient la
sienne à toujours. La joie est un trait caractéristique de celui
qui vit en Christ, et nous savons tous en apprécier la valeur;
elle est la meilleure preuve que le coeur est réellement
satisfait. Aussi n'y a-t-il pas, chez le chrétien, d'attrait plus
irrésistible, de prédication plus persuasive et qui manifeste
mieux au monde la réalité

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de l'amour divin, que le rayonnement de cette joie,
triomphant des épreuves de la vie. Pour le bien même du
croyant, elle est un élément indispensable; car la joie du
Seigneur est sa force. En elle se retrempent sa confiance, son
courage et sa patience. Avec un coeur joyeux, aucun travail
ne lasse, aucun fardeau n'accable, et Dieu lui-même est notre
force et notre chant de victoire.
4. Christ en vous
Dans la pensée de Dieu, Christ et le chrétien sont tellement
unis que Christ est à la fois dans les lieux célestes et sur la
terre, et que le chrétien est à la fois sur la terre et dans les
lieux célestes. Le chrétien sur la terre, c'est Christ rendu
visible. Nous devons donc avoir une telle plénitude de la vie
de Christ que ceux qui le discernent en nous se sentent attirés
à lui.
Christ est en moi. D'abord «j'ai été crucifié avec Christ»;
ensuite «Christ vit en moi». C'est sur un trône dont le «moi»
a été chassé que le Christ veut monter.
Être chrétien, c'est faire de Christ le centre de sa vie. C'est
être transformé à l'image de Christ, de gloire en gloire et de
jour en jour. Être chrétien signifie que Christ anime notre
esprit, notre coeur, notre volonté, de telle sorte qu'il pense
par notre

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esprit, qu'il aime par notre coeur, qu'il exprime sa volonté par
la nôtre. C'est laisser Christ occuper tant de place en nous,
que nous n'ayons plus aucune vie en dehors de lui.
Christ qui est la source de notre vie, qui est notre vie, en
est aussi l'objet. C'est ce qui caractérise toujours la vie de
Christ en nous ; lui-même en est l'objet, lui seul. Christ est
personnellement l'objet dont la vie se nourrit. Il est tout
revêtu à nos yeux de l'amour qu'il nous a montré dans sa
mort. Nous vivons par la foi au Fils de Dieu qui nous a aimés
et s'est donné pour nous.
La conscience de notre relation avec Christ s'applique à
tout: rien ne se fait sans lui. Il est présent comme le premier
mobile de nos actes et ce qui leur imprime leur vrai
caractère, et le coeur est occupé de lui en les accomplissant.
Tout se rapporte à lui: nous ne mangeons pas sans lui, nous
ne buvons pas sans lui; ce que nous disons, ce que nous
faisons, est dit et fait au nom du Seigneur Jésus. La
conscience de sa présence, le sentiment que tout se rapporte
à lui, qu'on ne peut rien faire, sinon charnellement, sans lui,
parce que la vie que nous avons de lui, agit avec lui et en lui,
ne se sépare pas de lui et l'a lui-même pour objet en tout, de
même que l'eau s'élève à la hauteur d'où elle est descendue
— voilà le vrai caractère de la vie du chrétien.

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La nature se confond souvent avec la grâce aux yeux
inexpérimentés des hommes, mais la conscience intelligente
qu'on a de Christ comme objet du coeur, la conscience de sa
présence, du sceau de son approbation quand on pense à lui,
ne se confond avec rien: rien n'y ressemble, aucune belle
apparence n'en peut prendre la place. Quand il se révèle au
coeur et que le coeur marche avec lui et s'entretient avec lui,
ne cherchant que le regard de sa face, le sceau de sa faveur
sur l'âme en toutes choses: alors Christ est connu, bien
connu. Il n'y a que lui qui se communique ainsi en grâce à
l'âme qui marche dans les voies de sa volonté exprimée dans
sa Parole.
Ceux qui sentent le plus profondément qu'ils sont morts en
Christ et qu'ils ont subi en sa Personne le châtiment du
péché, atteignent les plus hauts sommets de la vie divine.
Celui-là est le plus saint, qui possède le mieux Christ au-
dedans de lui et qui se réjouit le plus complètement dans son
oeuvre accomplie. C'est l'imperfection de la foi qui entrave la
marche et est la cause de beaucoup de chutes.
Dieu ne me donnera pas l'humilité, ou la patience, ou la
sainteté, ou l'amour, comme des dons de sa grâce isolés. Il ne
détaille pas sa grâce, pour nous la distribuer par petites
doses, accordant une mesure de patience à celui qui est
impatient, un

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peu d'amour à celui qui n'aime pas, un peu d'humilité à celui
qui est orgueilleux, en quantités que nous pourrions recevoir,
et sur la base desquelles nous pourrions opérer comme avec
une sorte de capital. Il nous a fait un seul Don qui répond à
tous nos besoins — son Fils Jésus Christ'. Et lors-que je
regarde à lui, pour qu'il vive sa vie en moi, il sera humble et
patient, et plein d'amour, et tout ce dont j'ai besoin — à ma
place. Il est tout ce que je ne puis, et dois, être. «Dieu nous a
donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils: celui qui
a le Fils, a la vie, celui qui n'a pas le Fils de Dieu, n'a pas la
vie» (1 Jean 5, 11-12). La vie de Dieu ne nous est pas donnée
comme un objet séparé; la vie de Dieu nous est donnée dans
le Fils. C'est « la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre
Seigneur » (Rom. 6, 23). Notre relation avec Christ est notre
relation avec la vie.
Je refuse d'agir de ma propre volonté ; je dé-pends de lui
pour qu'il agisse, et j'entre ensuite pleinement et joyeusement
dans l'action qu'il a commencée. Ce n'est pas de la passivité,
c'est une des vies les plus actives que de se confier au
Seigneur de cette manière; de tirer de lui la vie, de le prendre
pour qu'il soit ma vie même, de le laisser vivre sa vie en moi.
1 .De sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur
grâce» (Jean 1, 18).

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Ce qui occupe Christ et ce à quoi il pense, c'est ce qui
devrait nous occuper et ce à quoi nous devrions penser. Si
Christ est notre vie et, par l'Esprit, la source de nos pensées,
nous aurons ses pensées en toute chose. Nous devons être au
milieu des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons
comme Christ y serait; c'est cela, la vie chrétienne. Il n'est
jamais nécessaire que nous fassions un mal quelconque, que
nous agissions selon la chair. Bien qu'elle soit là, nous
n'agirons pas sous son impulsion si nous sommes pleins de
Christ, car c'est lui qui nous suggère nos pensées.
Devenir la possession de Christ signifie bien plus que
nous ne pensons au premier abord. Christ possède-t-il mon
corps, mes yeux, mes oreilles, ma langue, mes mains et mes
pieds? Possède-t-il toutes mes facultés, ma mémoire, mon
imagination, mon intelligence? Possède-t-il mes pensées?
Mon être entier est-il vraiment à sa disposition pour
accomplir sa volonté?
Seigneur, pénètre partout où tu voudras dans mon coeur,
fais ce qu'il te plaira. Tu es ici chez toi.
Tout ce qui est indigne de Christ est indigne d'un chrétien.
Nous sommes en Christ devant Dieu; Christ est en nous
devant le monde. Ces deux choses sont

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inséparables. C'est l'union avec Christ par le Saint-Esprit,
mais envisagé du côté de Dieu, d'une part, du côté du monde,
de l'autre. «Christ en vous, l'espérance de la gloire» (Col. 1,
27) : il a plu à Christ de nous unir à lui par le Saint-Esprit,
nous rem-plissant de l'espérance d'une chose, non encore
atteinte, la gloire, que lui-même a atteinte. mais dont l'union
avec lui nous donne la certitude absolue.

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III. Marcher en Christ
1. L'obéissance
Les qualités dominantes de la nouvelle nature sont la
dépendance et la soumission ; et les circonstances par
lesquelles nous passons dans ce monde, les difficultés, les
épreuves et les tentations de la route, sont autant d'occasions
où ces qualités sont mises à l'épreuve et peuvent se
manifester et s'exercer. Il y a de la bénédiction dans l'épreuve
pour celui qui est dépendant et soumis. «Estimez-le comme
une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à
diverses tentations» (Jacques 1, 2).
Nous ne devons pas laisser tomber le mot
«commandement», parce que le commandement exprime
l'autorité, et que lors même que nous ferions extérieurement
toutes choses bien, rien n'est bien qui n'est pas fait dans un
esprit d'obéissance.
L'obéissance chrétienne, c'est une nouvelle vie qui trouve
son plaisir à faire la volonté de Christ, en reconnaissant
l'entière autorité de Christ sur elle. Nous nous tenons pour
morts à tout le reste;

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nous sommes vivants à Dieu; nous ne sommes pas à nous-
mêmes. Nous ne connaissons Christ qu'autant que nous
sommes vivants de sa vie. Or cette vie est l'obéissance.
Celui qui a perçu les premiers rayons du soleil d'En haut
n'a qu'un seul désir: marcher toujours plus à sa seule clarté.
La tâche la plus difficile du Saint-Esprit est peut-être
d'amener le croyant à acquiescer entièrement à la volonté de
Dieu. La volonté propre subsiste en chacun de nous, toujours
prête à la rébellion. Le remède est dans la résolution
délibérée de faire la volonté de Dieu à tout prix, en toutes
choses, en tout temps. Il s'agit d'avoir, comme règle absolue,
de faire la volonté de Dieu, sans souffrir aucune exception.
C'est une des séductions du coeur que, lorsque nous
connaissons parfaitement la volonté de Dieu, nous allions
demander avis à quelqu'un qui n'est pas plus spirituel que
nous. Sans doute un esprit plus spirituel peut m'aider à
discerner la volonté de Dieu; mais Dieu a lié la connaissance
du sentier qui est selon sa volonté, de son sentier à lui, avec
l'état intérieur de l'âme, et il nous fait traverser des
circonstances — la vie humaine ici-bas — afin de mettre cet
état à l'épreuve, de nous révéler à nous-mêmes quel est cet
état et de nous y exercer.

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Le chrétien doit, par son état spirituel, connaître les voies de
Dieu. Le moyen à employer, c'est la Parole.
On ne peut manifester son amour pour le Seigneur qu'en
obéissant à ses commandements. Pour-quoi employer de
belles expressions pour témoigner son amour envers lui, si
l'on marche contrairement à ses pensées, en se laissant
diriger par sa propre volonté? Les commandements du
Seigneur sont exprimés par sa vie entière, par tout ce qu'il a
dit et fait. Il sert de modèle à ceux qui, par la foi, le
possèdent comme leur vie. Pour eux, toute sa vie, ses actes,
ses paroles font autorité. L'amour pour le Seigneur est le
mobile d'action du croyant. Il est alimenté par la
connaissance de sa Personne, de sa marche, de son
dévouement jusqu'à la mort, de ses souffrances. Si le
croyant ne s'occupe pas du Seigneur, s'il ne vit pas de lui, il
ne peut marcher sur ses traces.
La grande bénédiction du croyant consiste à connaître
toujours mieux la Personne du Seigneur; cette connaissance
ne peut se réaliser que dans une vie d'obéissance.
Seule l'obéissance permet de réaliser toutes les
bénédictions propres à la position dans laquelle la grâce
nous a placés. Aimer le Seigneur, c'est garder ses
commandements. Celui qui garde ses comman-

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dements demeure dans son amour, participe à sa joie, comme
à sa paix.
Rappelons-nous que, si nous sommes dans une entière
dépendance du Seigneur, la tentation ne nous atteindra pas
du tout. L'épreuve peut survenir; mais, comme Jésus, nous
pouvons dire de celle-ci: «La coupe que le Père m'a donnée,
ne la boirai-je pas?» (Jean 18, 11). Si nous sommes près de
Dieu, toute épreuve devient une occasion précieuse de
manifester une obéissance plus grande, sinon c'est une
tentation de sortir du chemin de la dépendance.
La libre volonté n'est que l'esclavage du diable.
Ne pas avoir d'autre motif que la volonté de notre Père,
quelle simplification dans nos circonstances! Si nous
pensions à ne jamais rien faire que parce que c'est la volonté
expresse de Dieu, combien de choses disparaîtraient
immédiatement de notre vie! Nous ne lutterions pas sans
cesse contre ceci ou cela, mais nous serions gardés dans la
conviction paisible que la grâce de Dieu a pourvu à tout et
que nous n'avons pas à faire un pas sans que son amour y ait
pourvu d'avance.
Nous trouvons dans la Parole la règle de la con-duite du
chrétien. Elle est très simple, très catégorique et parfaitement
satisfaisante pour le coeur

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qui désire réellement faire la volonté de Dieu «Quelque
chose que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au
nom du Seigneur Jésus » (Col. 3, 17).
Si nous sommes assez près de Dieu, nous ne serons pas
embarrassés pour connaître sa volonté.
Là où il y a du discernement spirituel, les choses
deviennent aussi simples et claires que la lumière du jour.
«Le secret de l'Éternel est pour ceux qui le craignent» (Ps.
25, 14). Là où est la crainte du Seigneur, il y aura
l'intelligence de sa Parole et de sa pensée; mais la Parole de
Dieu ne sera pas simple, si l'on ne se soumet pas à lui.
Le signe caractéristique de ceux qui aiment le Seigneur est
l'obéissance. Lorsque nous jouissons d'une relation intime
avec lui, notre amour se manifeste en ce que nous cherchons
à connaître les désirs de son coeur. Si Christ nous est
précieux, nous serons attentifs à sa Parole.
Aimez-vous la volonté de Dieu ? Il nous faut arriver bien
des fois à la place où nous sommes prêts à abandonner les
choses que nous pensons être bonnes et précieuses, afin que
sa volonté s'accomplisse. Quand l'esprit est pur, libre de ce
mélange de sentiments de l'âme, nous reconnaîtrons la
volonté de Dieu, et nous trouverons que c'est en

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elle seule que notre coeur peut se réjouir. Nous ne verserons
même plus une larme par sympathie pour la chair. Oui,
l'action de la croix pénètre profondément et il importe qu'elle
soit réelle à l'égard de l'âme.
L'activité de la nature divine en nous se manifeste toujours
dans l'obéissance. Ce qui n'est pas obéissance, n'est pas
Christ.
Reconnaître la seigneurie de Christ est un des grands
secrets de notre vie chrétienne. C'est mettre de côté notre
propre volonté pour n'obéir qu'à celle du Maître.
Chaque pas dans le chemin de l'obéissance est
accompagné de bénédictions réelles, parce que l'obéissance
est le fruit de la foi, et que la foi nous associe avec Dieu et
nous introduit dans une communion vivante avec lui.
Seigneur, délivre-nous de cette légèreté d'esprit qui
consiste à ne pas prendre le temps et la peine de considérer
en toutes choses ta volonté?
Le critère du croyant dans toute sa marche doit être «ce qui
satisfait le coeur de Christ», et non pas: «quel mal y a-t-il en
ceci ou en cela?»
Comme Jésus était entièrement dépendant du Père pour
toutes ses paroles et ses oeuvres, de même le croyant ne peut
rien faire de lui-même.

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Nous nous tourmentons souvent pour des choses que Dieu
ne nous demande pas du tout. Notre état d'âme joue un grand
rôle. Ce sont «les débonnaires qu'il fera marcher dans la
justice et auxquels il enseignera sa voie». Si nous sommes
humbles et méfiants de nous-mêmes, si nous comptons sur
Dieu en simplicité de coeur, il nous dirigera sûrement. Mais
c'est un manque fatal de droiture que de demander conseil à
Dieu, lorsque nous avons un parti pris et que notre volonté
est en jeu.
C'est une grande chose de pouvoir dire au diable et au
monde, non des lèvres seulement, mais en vérité et par toute
notre vie: «Je suis parfaitement satisfait de la volonté de
Dieu».
2. L'amour
L'amour n'est ni aveugle ni faible. Seulement, au contraire
de notre coeur naturel, il ne se plaît jamais à découvrir le mal
et à le publier; il ne le suppose pas; quand il le trouve sur son
chemin, il en est affligé et, au lieu de l'exposer à la malignité
publique, il en cherche le remède. Mais il rie le traite jamais
avec indifférence. Il en supporte les conséquences qui
l'atteignent personnellement sans se plaindre ni se venger. En
aucun cas, il ne s'y associe.

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L'amour sert, l'amour s'humilie, prend volontairement la
position la plus vile (la plus vile selon l'orgueil de l'homme),
pour servir, et y trouver ses délices. Christ a agi par amour,
Christ a voulu servir, Christ a voulu prendre la place la plus
basse — Lui qui pouvait s'humilier; — et nous?
Étant le déploiement de la nature divine en nous et ce qui
maintient le coeur dans la communion de Dieu lui-même,
l'amour est le lien de la perfection, le vrai moyen de sainteté.
Le coeur est, par lui, retenu loin de la chair et de ses pensées,
dans la pure lumière de la présence de Dieu.
L'amour fait surmonter les difficultés, les persécutions, la
frayeur que l'ennemi cherche à produire dans nos coeurs. Si
nous sommes occupés de Dieu, heureux en lui, le poids des
afflictions ne se fait pas sentir. La force de Dieu est dans le
coeur et nos peines ne sont «qu'une légère tribulation d'un
moment».
La récompense d'aimer, c'est d'aimer encore davantage.
Celui qui aime, s'enrichit de ce qu'il donne.
Dieu respecte l'amour qu'il obtient: car l'amour de ses
créatures est son plus beau titre de gloire.

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Le choix de la seule chose nécessaire est aussi le fruit de
notre amour pour Christ. Parce que nous l'aimons, rien ne
vaut pour nous autant que sa présence, et nous choisissons sa
présence. C'est à lui de décider quelles sont les autres choses
qu'il choisit de nous donner.
Plus encore que notre service, il désire notre amour.
Si nous aimons Christ véritablement, nous dis-cernons ce
qui lui plaît, sa volonté, ce qui à ses yeux a le plus
d'importance, et cet amour doit nous aider à toujours choisir
le meilleur, à renoncer aux biens secondaires ou à les placer
au second plan.
L'amour est la conformité à la nature de Dieu, l'expression
vivante de ce que Dieu est, la manifestation d'une
participation à sa nature: on agit, on sent d'après la nature de
Dieu. L'amour a sa source au-dedans de celui en qui il agit;
sa force est indépendante des objets dont il s'occupe, et c'est
ainsi qu'il peut agir là où les circonstances pourraient
produire dans le coeur de l'homme l'irritation ou la jalousie.
Quel objet difforme qu'un chrétien égoïste! Il est une
contradiction constante, un mensonge vivant.

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3. La vigilance
Pierre n'est pas le seul pour qui le coq a dû chanter deux
fois.
Il est d'un grand profit pour notre âme que nous ayons le
jugement de Dieu présent à nos pensées, et que le sentiment
de l'immuable majesté de Dieu soit maintenu dans notre
conscience par ce moyen. La conscience que nous devrons
tous être manifestés devant le tribunal de Christ engage le
coeur du croyant accepté de Dieu à chercher à plaire au
Seigneur à tous égards. Celui qui marche maintenant dans la
lumière, celui dont la conscience réfléchit cette lumière, ne la
craindra pas au jour où elle paraîtra dans la gloire. Affranchi
de toute crainte, dans la parfaite lumière et avec la
consolation de l'amour parfait et, en même temps, avec le
sentiment de l'autorité et du gouvernement divin pleinement
démontré dans l'âme, tout est jugé par l'âme elle-même
comme Dieu le juge, et en communion avec lui. Cela est
extrêmement précieux.
Prenons garde, dans les choses ordinaires de la vie, au
premier pas qui nous éloignerait de la sainteté intérieure et
de cette séparation de coeur pour lui qui nous donne son
secret, savoir la lumière d'En haut, sur tout ce qui nous
entoure; car «le secret

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de l'Éternel est pour ceux qui le craignent» (Ps. 25, 14).
Dieu ne nous demande d'être fidèles qu'un jour à la fois.
Nous voyons par là le prix que nous devons attacher à
chacune de nos journées. Nous sommes facilement portés à
considérer la vie comme un tout et à négliger le court espace
d'un jour; nous oublions que les jours font les années, que la
valeur d'un jour dépend de son influence sur tout l'ensemble
de la vie. Un jour perdu est un anneau brisé de la chaîne et en
demande souvent plus d'un pour être réparé; il déteint sur le
suivant et le rend plus difficile à passer; il peut même rendre
inutile le travail de mois et d'années.
4. L'humilité
Dieu hait l'orgueil par-dessus tout, parce que l'orgueil
donne à l'homme la place qui appartient à Celui qui est dans
les cieux, exalté au-dessus de tout.
La vraie humilité ne consiste pas tellement à penser du mal
de nous-mêmes qu'à n'y pas penser du tout. Je suis trop
mauvais pour mériter qu'on pense à moi. Ce dont j'ai besoin,
c'est de m'oublier moi-même et de regarder à Dieu qui est
digne de toutes mes pensées.

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Que Dieu nous accorde d'être n'importe quoi ou de n'être
rien du tout, afin que le Seigneur Jésus Christ soit tout.
L'humilité qui découle du pardon de nos péchés, sera
toujours plus profonde que celle qui découle de la découverte
de ces péchés. La première nous met en rapport avec Dieu ;
la seconde a affaire avec le «moi». Pour être vraiment
humble, il faut marcher avec Dieu dans l'intelligence et la
puissance de la relation où il nous a placés. Il nous a faits ses
enfants; et pourvu que nous marchions comme tels, nous
serons humbles.
Nous ne devons pas nous comparer aux autres pour nous
justifier. Considérons plutôt notre par-fait modèle, Christ;
alors, au lieu de nous justifier, nous nous condamnerons.
Rien n'indique un état de coeur plus déplorable, et rien ne
peut être un plus grand obstacle à la bénédiction, qu'un esprit
de censure et de critique.
S'occuper de soi d'une manière quelconque, est une chose
des plus pernicieuses; c'est le coup de mort de la
communion. Tout ce qui tend à placer le «moi» devant l'âme
doit être jugé et rejeté d'une manière décisive, car la faiblesse
et la stérilité en sont la conséquence.

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C'est une grande chose que nous soyons réduits à rien; et si
nous ne savons pas comment n'être rien, il faut que Dieu
nous y amène; un homme humble n'a pas besoin d'être
humilié.
5. Le service
La grande affaire pour nous est d'être près de Christ et d'y
demeurer constamment; car c'est là que l'âme est gardée en
paix dans le sentiment pro-fond de son amour. Ainsi notre
service découle du fait que nous demeurons auprès de lui, et
il en porte l'empreinte.
Se livrer, c'est la cession volontaire et définitive de l'être
tout entier, esprit, âme et corps, du «moi» à Christ, à qui il
appartient de droit parce qu'il l'a créé et racheté. Désormais,
Christ a le droit d'employer et de contrôler cet être qui lui
appartient entièrement. Ce n'est pas pour être à lui, mais
parce que nous sommes à lui que nous lui livrons notre vie.
Sur la croix, au prix de son sang, Jésus a acquis le titre de
propriété sur notre vie. Elle est sienne par droit d'achat. Lui
avez-vous jamais livré ce qui lui appartient ? Christ a le droit
de prendre de force ce qui est à lui, car il est le Seigneur.
Mais il préfère nous contraindre par amour. Il nous sollicite
de cette manière: «Je vous exhorte donc, frères, par les
compassions de Dieu, à présenter

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vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu». La
consécration s'étend à tous les membres de notre corps. Tout
est compris; rien n'est omis. Comprenons bien que nous ne
devons faire aucune réserve en ce qui concerne ce don de
nous-mêmes. La plus petite réserve serait considérée par
Dieu comme un acte de rébellion. Si Christ doit être notre
maître, il doit être le maître de tout.
La seule puissance pour la délivrance du péché ou pour le
vrai service, c'est Christ.
C'est l'amour pour Jésus qui nous pousse à l'oeuvre: il ne
saurait y avoir d'autre motif. Toute activité extérieure qui
n'est pas le fruit de la vie intérieure, tend à nous faire agir
sans Christ et à lui substituer le «moi». J'ai peur d'une grande
activité sans grande communion.
A moins que l'activité ne se renouvelle dans la communion
avec le Seigneur, toute sincère qu'elle est, elle dégénérera en
routine et deviendra même dangereuse, car par son moyen
l'âme s'éloigne de Dieu sans le savoir.
Le temps viendra bientôt où nous dirons de tout ce qui,
dans nos vies et nos voies, n'a pas été Christ: «Tout cela fut
du temps perdu».

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Puissent l'amour et l'approbation du Seigneur, et non les
choses qui vont disparaître, être les motifs qui nous
gouvernent.
Heureux qui s'oublie et dont le regard, attiré par Christ, est
détourné de sa propre contemplation. Heureux qui pense aux
autres, et qui aime et qui sert, qui sort de soi en portant du
fruit. Heureux qui se donne pour sauver. Pour qui sert, tout
est joie.
Nous ne sommes pas souples entre les mains du Seigneur.
Il doit donc briser en nous la volonté propre et ses
manifestations, afin de nous amener à faire une chose parce
qu'il la désire, et non parce que nous l'aimons. Il veut nous
amener à la place où il n'a plus qu'un désir à exprimer pour
que nous y répondions instantanément. C'est là l'esprit du
serviteur. Mais un tel esprit ne se produira naturellement en
aucun de nous. Il se manifestera seulement lorsque notre
âme, le siège de notre énergie, de notre volonté, de nos
sentiments naturels, aura connu le toucher de la croix. Tout
vrai serviteur de Dieu doit connaître, à un moment donné,
cette expérience. Il faut que soit produite en nous une
véritable crainte de nous-mêmes. Nous redouterons de faire
quelque chose par nous-mêmes. Mais lors-que nous en
arrivons à vivre notre vie dans l'Esprit et par l'Esprit, bien
que nous employions encore les facultés de notre âme
comme nos forces

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— 51 —
physiques, elles sont désormais les servantes de l'Esprit; et
lorsque nous en sommes là, Dieu peut réellement nous
employer.
Un jour doit arriver dans notre vie, aussi précis que le jour
de notre conversion, où nous abandonnons tout droit sur
nous-mêmes pour nous sou-mettre à la souveraineté absolue
de Jésus Christ. Les conséquences pratiques peuvent être
suscitées par Dieu, pour éprouver la réalité de notre
consécration, mais qu'il en soit ainsi ou non, il doit y avoir
un jour où, sans réserve, nous lui abandonnons tout — nous-
mêmes, nos familles, nos biens, nos intérêts et notre temps.
Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons est
désormais à lui, pour être entièrement à sa disposition. A
partir de ce jour, nous ne sommes plus nos propres maîtres,
mais uniquement ses administrateurs. Tant que la
souveraineté de Jésus Christ n'est pas établie dans nos
coeurs, l'Esprit ne peut agir efficacement en nous. Il ne peut
réellement diriger nos vies, tant que nous n'en avons pas
remis le contrôle entre ses mains. Si nous ne lui donnons pas
l'autorité absolue dans nos vies, il peut y être présent, mais il
ne peut y être puissant. La puissance de l'Esprit est paralysée.
Lorsqu'il approuva, à Béthanie, l'action de Marie, le
Seigneur Jésus établit le principe fondamental de tout
service: c'est que nous lui donnions, à

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— 52 —
lui, tout ce que nous possédons, tout ce que nous sommes. Et
si c'était là tout ce qu'il nous demande, cela lui suffirait. Il
n'est pas question de savoir tout d'abord si «les pauvres» ont
été secourus ou non. La première question est: le Seigneur a-
t-il été satisfait?
Celui qui ne commence pas par se mettre à l'école de la
sagesse, ne sera jamais un vrai serviteur.
Dieu, dans sa grâce, trace à chacun de nous le chemin qu'il
doit suivre, donnant à chacun une sphère d'action et des
devoirs à remplir; et nous sommes tenus de connaître quelle
est notre vocation et quels sont les devoirs qui se rattachent à
cette vocation, afin que, par la grâce qui nous est donnée
chaque jour, nous puissions travailler efficacement à la gloire
de Dieu. Il importe peu quelle est notre mesure, pourvu
qu'elle nous ait été départie de Dieu. Nous pouvons avoir
«cinq talents», ou n'en avoir reçu «qu'un seul»; mais si nous
faisons valoir ce «seul» talent, les yeux arrêtés sur notre
Maître, nous entendrons aussi certainement de sa part ces
paroles: «Cela va bien», que si nous avions fait valoir les
«cinq talents».
Que de fois lorsque Dieu nous confie une activité pour son
service, nous avons la manière d'agir et les décisions de
l'homme selon la chair, et notre

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travail reste stérile. Il est important de comprendre que
dans le ministère tout, absolument tout, doit être de Dieu,
et rien de l'homme.
Les oeuvres expriment la foi et la nourrissent.
Le vrai service ne consiste pas dans l'activité qui s'y
déploie, mais dans la profonde soumission à la volonté du
Seigneur, dont cette activité est l'ex-pression.
Oh! que les croyants cessent de regarder à eux-mêmes
pour se plaindre de leur faiblesse, comme si Dieu les
appelait à une oeuvre pour laquelle il ne les a pas préparés!
Qu'ils acceptent joyeusement et avec foi le fait merveilleux
qu'en les unissant à Christ, Dieu se charge de leur
développement spirituel et des fruits qui en découlent!
Alors, toute paresse, toute hésitation malsaine
disparaîtront. Sous l'influence bénie de la foi en la fidélité
de Celui par qui ils sont en Christ, ils se lèveront pour
accomplir leur glorieuse destinée.
Prenons garde de ne pas nous laisser aller à l'influence
desséchante d'un fatalisme pernicieux qui, avec un certain
air de vérité, est complètement faux, en tant qu'il renie la
responsabilité de l'homme, et paralyse toute énergie divine
pour la cause de Christ. Nous devons nous rappeler que
Celui

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qui, dans ses conseils éternels, a décrété la fin, est aussi
Celui qui a déterminé les moyens; et si, par incrédulité, ou si,
influencés par une vérité partielle, nous nous croisons les
bras et négligeons les moyens, il nous mettra de côté et fera
accomplir son oeuvre par d'autres. Il agira, mais nous
perdrons l'honneur, le privilège et la bénédiction d'être ses
instruments.
Ce n'est que par une mortification complète du «moi» que
les forces merveilleuses que Dieu nous a dispensées pour le
servir, nos dons, nos talents, tout en nous, peut lui être
entièrement consacré.
6. Le témoignage
Se dire chrétien, c'est affirmer qu'on a dépouillé le vieil
homme et revêtu le nouveau; c'est dire que Christ est notre
vie.
Mais dire est une chose, vivre en est une autre. Vivre en
chrétien, c'est exprimer Christ, prouver ce nouvel homme en
le montrant à l'oeuvre dans un bienheureux renouvellement à
l'image de Celui vers lequel les regards du fidèle sont
tournés.
L'opprobre de Christ est un trésor pour le croyant fidèle,
car c'est le sceau attestant que nous lui appartenons.

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— 55 —
Quiconque croit en Jésus est appelé à laisser couler les
fleuves bienfaisants dont il est le canal, en faveur de tous
ceux qui l'entourent. Le chrétien doit se considérer comme le
canal des grâces diversifiées de Christ, en faveur d'un monde
pauvre et misérable ; et plus il sèmera libéralement, plus
aussi il recevra libéralement: «Tel disperse, et augmente
encore; et tel retient plus qu'il ne faut, mais n'en a que
disette» (Prov. 11, 24). Le chrétien est ainsi placé dans une
position, où à la fois il jouit des privilèges les plus doux, et
où il est sous la responsabilité la plus solennelle. Il est appelé
à être un témoin constant de la grâce de Celui en qui il croit,
et à manifester cette grâce incessamment.
Or mieux il comprendra ses privilèges, mieux aussi il
s'acquittera de sa responsabilité. Plus il se nourrira
habituellement de Christ, plus son regard sera arrêté sur
Jésus, plus aussi son coeur sera occupé de la personne
adorable du Sauveur; et sa vie et son caractère rendront un
témoignage vrai et non équivoque à la grâce qui lui a été
révélée et qu'il goûte.
7. Jusqu'à Lui
C'est beaucoup que de ne jamais perdre de vue le but
céleste, de ne jamais avoir le coeur partagé, de ne penser qu'à
une chose, d'agir et de penser

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toujours selon l'énergie positive qu'opère le Saint-Esprit dans
le nouvel homme en le dirigeant vers ce seul et céleste but.
Une fois que nous sommes fils de Dieu, la vie du Fils de
Dieu comme homme ici-bas devient notre règle de vie.
«Soyez imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants,
et marchez dans l'amour comme aussi le Christ nous a
aimés.»
«Afin que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de
Dieu» (Éph. 3, 19). Il n'y a pas de limites à notre
développement spirituel, sinon celles que nous établissons
nous-mêmes par notre résistance et notre incrédulité.
La vie chrétienne n'est pas caractérisée seule-ment par
certaines qualités subjectives qui découlent de Christ, mais
par le fait qu'elle a Christ lui-même pour but et pour objet du
coeur et de la pensée, dans tout ce qu'elle fait à tous égards.
Christ domine personnellement et est présent au coeur en
toutes choses.
Tout ce qui, en nous brisant, nous délivre de nos propres
voies et nous amène dans celles du Seigneur, nous est
salutaire. Tout ce qui a pour effet de nous faire apprécier
Christ, aussi bien à la fin qu'au commencement du voyage,
un Christ connu

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comme la portion dont nos âmes se nourrissent, comme nous
l'avons connu pour le pardon de nos péchés, tout ce qui
produit de tels fruits, nous est bon.
On parle de sacrifices à faire: ce n'est pas un grand
sacrifice d'abandonner des ordures. Si nos yeux étaient assez
fixés sur Christ pour que ces choses prennent un tel
caractère, nous n'aurions pas de peine à les abandonner. Le
caractère des choses dépend de l'objet que le coeur poursuit.
Pour courir, on jette les poids qui alourdissent; tout ce qui
m'occupait naguère est entrave et perte pour moi. Il ne vaut
pas la peine de m'y arrêter, ce sont des ordures. Si, ayant
quitté les choses du monde, je pense que j'ai fait un grand
sacrifice, cela prouve que j'estime encore le monde, tandis
que je ne puis trouver qu'il y ait un sacrifice quel-conque à
quitter des ordures. Au contraire, je suis débarrassé; c'est la
liberté. Ce qui me possède, c'est l'amour de la justice, c'est la
contemplation de la gloire de Jésus à la droite de Dieu. Cela
délivre le coeur de toute entrave.
Aucune épreuve ne peut atteindre celui qui a Christ pour
son tout. Il peut avoir perdu telle chose ou telle autre, mais
s'il a Christ, il possède ce qu'il ne peut perdre.

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Lorsque nos yeux on été ouverts sur l'excellence de notre
Seigneur, rien n'est trop bon pour lui.
Le secret d'un progrès réel est l'attachement personnel à
Christ lui-même.
Il faut que le Seigneur ouvre nos yeux sur sa valeur à lui,
sur ce dont il est digne.
La perfection actuelle, c'est la condition d'un homme qui
réalise par l'Esprit cette vérité qu'il est ressuscité avec Christ
et glorifié en lui dans le ciel, et qu'il sera parfait tel que lui.
La perfection n'est pas un état que nous atteignions ici-bas.
«Non que je sois déjà parvenu à la perfection» (Phil. 3, 12).

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IV. Le combat chrétien
I. Satan
Celui qui pratique le péché est du diable, il a moralement
la même nature que le diable; car le diable pèche dès le
commencement. C'est son caractère originel comme diable.
Or Christ a été manifesté, afin qu'il détruisît les oeuvres du
diable; comment donc celui qui partage le caractère de cet
ennemi des âmes, peut-il être avec Christ? Celui qui est né
de Dieu ne pratique point le péché. La raison en est évidente:
il est rendu participant de la nature de Dieu; il tire sa vie de
lui. Ce principe de la vie divine est en lui. La semence de
Dieu demeure en lui; il ne peut pécher, parce qu'il est né de
Dieu. Comment se pourrait-il que la nature divine péchât?
Le croyant, entre les bras de son Sauveur, est à l'abri de
toute la puissance de Satan, et Satan le sait très bien. Aussi
tous ses efforts tendent-ils à nous séparer de Christ, ne fût-ce
qu'un instant. Lorsque par ruse, il nous aura attirés hors de la
forteresse de l'amour de Dieu, il nous aura totalement à sa
merci. Malheur à qui cède, par lâcheté, par faiblesse, ou
peut-être par amour du péché !

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Nous pensons parfois qu'une bonne bataille livrée à Satan
nous suffira, mais il n'en est rien. Nous avons la sécurité en
Christ et la certitude de la victoire, mais aucune promesse
que le combat prendra fin.
Les tentations de Satan n'ont pas pour premier but de nous
faire commettre un péché particulier, mais simplement de
nous amener à agir dans notre propre énergie; et dès que
nous sortons de notre refuge pour agir sur cette base, il a
remporté la victoire sur nous. Tant que nous ne bougeons
pas, tant que nous ne sortons pas de l'abri de Christ pour
revenir dans le domaine de la chair, il ne peut pas nous
atteindre.
Jésus n'a pas dit à Satan: Je suis Dieu, va-t-en! Cela
n'aurait été pour nous ni un secours, ni un exemple. Il a cité
la Parole donnée à l'homme, en Homme obéissant, et
l'homme fort a été vaincu.
Nous avons à nous rappeler que Christ a lié Satan, en sorte
que maintenant il peut piller ses biens. Il permet peut-être
que Satan jette quelques-uns en prison pour qu'ils soient
éprouvés, mais Satan n'y gagne rien; quand il se trouve
devant une personne qui marche avec Christ, il n'a
absolument aucune puissance contre elle. Que les eaux soient
agitées ou calmes, il sera toujours vrai que nous y
enfoncerons si Christ n'y est pas avec nous, et que nous
marcherons sur elles, s'il est avec nous.

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Au lieu de mettre Dieu entre nos soucis et nous, ce sont
nos soucis que nous plaçons entre Dieu et nous, de telle sorte
qu'au lieu d'être gardés dans sa paix, nous demeurons dans
l'inquiétude. L'ennemi ne réussit que trop à nous occuper de
tous nos soucis, afin de nous empêcher de jouir de ce que
nous avons en Christ.
Nulle part la lutte avec l'ennemi n'est sentie plus
intensément que dans la prière; c'est là que Satan désire
intervenir.
2. La chair
Tout ce que je n'ai pas reçu par la nouvelle naissance, mais
que j'ai hérité par ma naissance naturelle, est chair et ne peut
apporter de gloire qu'à l'homme, et jamais à Dieu. Cette
déclaration peut nous paraître amère, mais elle est vraie.
L'origine d'une chose détermine sa destinée, et ce qui est
«de la chair» à l'origine ne pourra jamais devenir spirituel
par aucun «perfectionne-ment». Ce qui est né de la chair est
chair, et ne sera jamais autre chose. Tout ce que nous
pouvons accomplir par nous-mêmes, n'est «rien» aux yeux
de Dieu, et il nous faut accepter l'appréciation de Dieu, et
reconnaître que ce n'est rien! «La chair ne profite de rien»
(Jean 6, 63). Seul ce qui vient d'En haut peut demeurer.

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Dieu nous demande de nous considérer comme morts,
non pour que nous mourions en le faisant, mais parce que
nous sommes morts. Il ne nous a jamais demandé de
reconnaître une chose qui ne serait pas un fait.
Tandis que Romains 6 parle du «corps du péché» (v. 6),
Romains 7 parle de «ce corps de mort» (v. 24). Dans le ch.
6, c'est tout le problème du péché qui est devant nous; dans
le ch. 7, c'est le problème de la mort. Quelle est la différence
entre le corps du péché et le corps de mort? Par rapport au
péché (savoir tout ce qui déplaît à Dieu), j'ai un corps de
péché, c'est-à-dire un corps engagé activement dans le
péché. Mais par rapport à la loi de Dieu (savoir tout ce qui
exprime la volonté de Dieu), j'ai un corps de mort. Toute
mon activité à l'égard du péché fait de mon corps, un corps
de péché; mon impuissance à l'égard de la volonté de Dieu
fait de mon corps, un corps de mort. Par ma propre nature,
j'accepte tout ce qui est mal, tout ce qui est du monde et de
Satan, et je refuse tout ce qui appartient à la sainteté, au ciel,
et à Dieu.
Avons-nous découvert que nous sommes encombrés du
fardeau d'un corps sans vie à l'égard de la volonté de Dieu?
La mort signifie faiblesse absolue; elle signifie qu'on est
faible au point de ne pouvoir l'être davantage. Le fait que j'ai
un corps de mort à l'égard de la volonté de Dieu, signifie
que je suis si faible, que je suis plongé dans la dé-

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tresse la plus terrible. «Misérable homme que je suis, qui me
délivrera de ce corps de mort?» (Rom. 7, 24).
Le «moi» ne nous laisse pas de repos. Orgueilleux, il
n'aime pas à être mis de côté; susceptible, il ne peut accepter
une parole dure ou injuste, il ressent la moindre offense. Il
est facilement découragé, prompt à s'irriter, difficile à
contenter, pré-somptueux et à la fois craintif.
Ce «moi» égoïste, si fatigant par ses exigences, ses
susceptibilités, ses oeuvres propres, a été cloué à la croix.
Le «moi» doit être, tôt ou tard, connu et jugé. Si l'on
n'apprend pas à le connaître dans la communion de Dieu, il
faut qu'on l'apprenne par l'expérience amère de quelque
chute: «En sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu».
Dieu veut avoir des vases vides.
La chair est en nous comme une nature ennemie et
condamnée, et n'est que cela.
Dieu n'a pas pardonné, mais il a condamné le péché dans
la chair, et cela dans la Personne de Christ, sacrifice pour le
péché. Uni avec lui dans le ciel, le chrétien doit marcher
comme lui a marché sur la terre.
Un royaume ne peut avoir deux rois. Si le Seigneur règne
sur notre coeur, le vieil homme doit abdiquer.

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— 64 —
Par la crucifixion du vieil homme, le pécheur est délivré de
la puissance et de l'empire du péché; par la grâce, cette
libération est un fait accompli; par la foi, elle devient une
expérience. Par la grâce, le vieil homme a été mis au
tombeau; par la foi, il y restera. Quand le chrétien se regarde
comme «mort au péché», le Saint-Esprit fait de cette mort
une réalité.
La chair ne supporte pas d'être condamnée au néant, non
par des efforts pour s'annuler elle-même, ce qui la rétablirait
dans toute son importance, mais par une oeuvre qui la laisse
dans sa vraie nullité, et qui a prononcé sur elle le jugement
absolu de la mort, de sorte que, convaincue de n'être rien que
péché, elle n'a plus qu'à se taire. Sa place est d'être morte, et
non pas de devenir meilleure. Nous avons le droit et le
pouvoir de tenir la chair pour morte, parce que Christ est
mort et que nous vivons sa vie de résurrection; il est devenu
lui-même notre vie.
Notre propre volonté et le fait que nous faisons du «moi»
notre centre, sont la source de toute notre misère; car les
circonstances extérieures peu-vent nous éprouver et causer
de la douleur, mais non de la misère morale; celle-ci découle
de la propre volonté agitée et mécontente.
Lorsque nous prêtons l'oreille aux sollicitations de la chair
ou si, même, nous entrons en lutte avec

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elle, nous reconnaissons comme vivant quelque chose que
nous devrions tenir pour mort. Ne faire aucun cas des
prétentions de la chair, voilà le vrai combat: il mène toujours
à la victoire.
3. Le monde
Celui qui est né de Dieu est victorieux du monde (1 Jean 5,
4). Il a une nature et un principe qui surmontent les
difficultés que le monde oppose à sa marche. Sa nature est la
nature divine, car il est né de Dieu; son principe est celui de
la foi. La foi est insensible aux attraits que ce monde offre à
la chair, et cela parce que cette nature a, complète-ment en
dehors de ce monde, un esprit indépendant, un objet à elle
qui la gouverne. La foi dirige ses pas; or la foi ne voit pas le
monde, ni ce qui est présent. Le monde a perdu son empire
sur elle. Les affections et la confiance de cette nature sont
fixées sur Jésus, qui a été crucifié. Ainsi, le croyant, détaché
du monde, a le courage de l'obéissance et fait la volonté de
Dieu.
Mettons de côté tout ce qui est une perte pour nous; il y a
toujours un ver rongeur dans les choses de la terre auxquelles
nos coeurs s'attachent encore si souvent avec ardeur. Il n'y a
pas, pour la foi, d'autre trésor que le Seigneur Jésus dans le
ciel. Si nous le négligeons, c'est qu'il n'a pas pris, dans nos
coeurs, la place à laquelle il a droit. De-

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mandons instamment à Dieu qu'il nous donne de pouvoir
répondre à notre appel céleste. Quand le coeur est ainsi
engagé avec le Seigneur en haut, de telle sorte que nos
affections trouvent en lui leur objet, il se produit tout
naturellement un effet correspondant dans la marche : « Que
vos reins soient ceints et vos lampes allumées » (Luc 12, 35).
Il faut que nos reins soient ceints afin que, l'homme intérieur
étant toujours sous le contrôle et l'autorité de la Parole, nous
soyons gardés de la souillure de ce monde.
Les choses célestes et les choses terrestres ne peuvent aller
ensemble. Regarder en haut et en bas, avoir nos motifs dans
le ciel et sur la terre en même temps, est impossible; être
tenté par les choses terrestres, avoir à les combattre, oui bien;
mais ce n'est pas les avoir pour objet. La raison toutefois de
cette abnégation des choses d'ici-bas, se trouve dans notre
position: nous sommes morts et notre vie est cachée avec le
Christ en Dieu. Telle est la précieuse et consolante vérité, à
l'égard du chrétien, en vertu de ce que Christ est mort pour
nous. Nous avons reçu la vie de Christ, et tout ce que Christ
a fait pour nous dans cette vie, nous appartient.
Christ et le péché ne peuvent cohabiter, et nous ne
pouvons avoir sa présence avec l'amour du monde.

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--67 —
Un chrétien céleste tient pour une honte toute marque du
monde sur lui.
Un coeur distrait est un fléau pour le chrétien. Quand le
coeur est rempli de Christ, il n'a point de place ni de désir
pour les vanités du monde. Si Christ habite dans notre coeur
par la foi, nous ne nous poserons pas la question si fréquente:
«Quel mal y a-t-il en ceci ou en cela?» Nous nous
demanderons plutôt: «Est-ce que je fais ceci pour Christ?
Peut-il m'approuver en cela?» Si nous sommes en
communion avec lui, nous découvrirons facilement ce qui
n'est pas selon lui. Ne laissons pas le monde intervenir et
détourner nos pensées.
Ce qui nous empêche de nous réjouir, ce ne sont pas les
difficultés du chemin, mais un coeur partagé. Quand un
chrétien marche avec le monde, sa conscience lui fait des
reproches, et s'il rencontre des chrétiens spirituels, il est
malheureux en leur compagnie: de fait, il n'est heureux nulle
part.
Il est une marche aisée, un chemin facile de mondanité, et
rien n'est plus triste que de voir un chrétien vivre
tranquillement et confortablement, allant de l'avant, jour
après jour, sans aucune dépendance du Seigneur.
Tout signe du monde est un opprobre pour ce-lui qui est
céleste. Le principe de la mondanité

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est déraciné chez celui qui est mort et ressuscité avec Christ,
et qui vit d'une vie céleste. La vie d'un ressuscité n'est pas de
ce monde; elle n'a pas de lien avec lui.
Si le croyant est sur une croix et le monde sur une autre, la
distance morale qui les sépare est considérable. Si la distance
est considérable en principe, elle devrait l'être en pratique
aussi. Le croyant se montre infidèle à Christ en proportion de
la communion qu'il entretient avec le monde. Nous sommes
morts au monde et vivants avec Christ. Nous sommes à la
fois participants de son rejet sur la terre et de son acceptation
dans le ciel; et la joie de cette acceptation nous fait compter
pour rien l'épreuve qui se rattache au rejet.
Qu'est-ce que le monde? La Parole de Dieu le définit avec
une parfaite précision: «Ce qui n'est pas du Père» (1 Jean 2,
15-16). Ainsi, plus ma communion avec le Père sera
profonde, plus aussi sera exercé mon discernement à l'égard
de ce qui est du monde. Plus vous vous réjouissez dans
l'amour du Père, plus aussi vous rejetez le monde. Mais qui
est-ce qui révèle le Père? C'est le Fils. Et il le fait par la
puissance du Saint-Esprit. C'est pourquoi plus je sais, dans la
puissance d'un Esprit non contristé, m'abreuver dans la
révélation que le Fils fait du Père, plus mon discernement de
ce qui est du monde est juste. «Marchez par l'Esprit, et

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vous n'accomplirez point la convoitise de la chair» (Gal. 5,
16). Marchez avec Dieu et vous ne marcherez pas avec le
monde. Quel bonheur ce serait, si tous ceux qui font
profession de sortir d'Égypte, s'en éloignaient véritablement
et savaient bien reconnaître la croix et la tombe de Christ
comme formant la limite entre eux et le monde.
Qu'il est déplorable de voir des chrétiens rechercher les
choses du monde! Cela prouve claire-ment qu'ils sont
«dégoûtés» de la manne céleste et qu'ils l'estiment être un
«pain misérable». Ils servent ce qu'ils devraient mortifier.
L'activité de la vie nouvelle est toujours liée au
dépouillement du «vieil homme avec ses actions» (Col. 3, 9);
et plus ce dépouillement aura lieu, plus on désirera se nourrir
du «pain qui soutient le coeur de l'homme» (Ps. 104, 15).
A quoi servons-nous si, dans notre marche, nous nous
identifions à un monde qui a rejeté Christ ?
Quand un chrétien a honte de confesser Christ quelque
part, la première chose qu'il doit examiner, est s'il ne se
trouve pas en un lieu et dans une compagnie où le chrétien
devrait avoir honte de se trouver.
Paul considérait le monde comme une chose qui devait
être clouée à la croix; et le monde, en crucifiant Christ, avait
crucifié tous ceux qui lui appartenaient.

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Notre association avec Christ nous ouvre le ciel et nous
rejette hors de ce monde; or, si nous faisons profession
d'être du ciel sans que le monde nous rejette, cela prouve
qu'il y a quelque chose de faux dans la position que nous
avons prise.
Il vaut mieux être attiré par les joies du ciel, qu'être
poussé en haut par les chagrins de la terre. Le croyant ne
devrait pas attendre que le monde l'abandonne pour
abandonner le monde; il devrait laisser les choses de la
terre, par la puissance de la communion des choses qui
sont En haut. Quand, par la foi, on a saisi Christ, il n'est
pas difficile de laisser le monde; la difficulté alors serait
plutôt de rester attaché au monde.
Ce n'est que par la foi que nous pouvons sur-monter le
monde. L'incrédulité nous place sous la puissance des
choses présentes, ou, en d'autres ter-mes, donne au monde
la victoire sur nous; tandis que l'âme qui, par
l'enseignement du Saint-Esprit, a appris à connaître que
Dieu suffit parfaitement, est entièrement indépendante des
choses d'ici-bas. «C'est ici la victoire qui a vaincu le
monde, savoir notre foi.»
Les pires et les plus dangereux instruments de Satan
sont des croyants possédant la vérité et en jouissant, peut-
être, mais craignant l'opprobre et l'inimitié du monde.
Reculer devant la croix, c'est renier le christianisme.

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La même oeuvre qui a pour toujours enlevé nos péchés
nous a retirés (littéralement: arrachés avec force) hors de ce
présent siècle mauvais. Les deux choses vont ensemble.
Christ m'a non seulement délivré des conséquences de mes
péchés, mais aussi de la puissance actuelle du péché ou des
exigences et des influences de ce système que l'Ecriture
appelle «le monde».
Ceux qui professent d'être chrétiens, tout en reniant leur
appel et leur caractère célestes, ou en agissant comme s'ils
étaient citoyens de ce monde, font un tort considérable à la
cause de Dieu et au témoignage de Christ. Ils deviennent des
instruments dont Satan sait tirer parti. Un chrétien indécis,
partagé, est plus inconséquent qu'un mondain sincère ou
qu'un véritable incrédule.
4. La loi
La loi n'a rien amené à la perfection; elle a été, du reste,
mise de côté «à cause de sa faiblesse et de son inutilité»
(Héb. 7, 18-19). Elle a maudit les coupables et n'a pu en
sauver aucun. Notre Sauveur a subi cette malédiction pour
ceux qui croient en lui, afin que «la bénédiction nous parvînt
dans le Christ Jésus» (Gal. 3, 13). La loi est retournée au
trône de Dieu, avec toute la gloire qu'elle a reçue, par la
sanction que Dieu a fait reposer sur

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— 72 --
elle, par le jugement de notre divin Substitut, afin qu'au lieu
de la malédiction que nous avions en-courue, nous recevions
la vie et le Saint-Esprit, puissance de cette vie. Lorsque
Christ a subi le jugement, nous avons été atteints nous-
mêmes par ce jugement et devons le réaliser heure par heure,
en portant la croix chaque jour. Ainsi la loi qui s'adressait à
l'homme pécheur, l'ayant condamné et maudit, n'a plus rien à
nous dire, puisque nous sommes morts à la loi, pour être à un
autre, au Christ Jésus ressuscité. Notre Sauveur ayant pris
notre place sous le jugement, la loi ne s'adresse plus à nous;
nous sommes délivrés de son autorité et de sa malédiction, et
vivons d'une vie nouvelle de résurrection en Christ
ressuscité, dans laquelle nous n'avons plus rien à faire avec la
loi. Ce n'est cependant pas que nous soyons sans loi quant à
Dieu, mais nous sommes justement soumis à Christ (1 Cor.
9, 21). Ainsi les justes exigences de la loi se trouvent
réalisées en ceux qui, sans être placés sous l'autorité et sous
la malédiction de la loi, marchent non selon la chair, mais
selon l'Esprit (Rom. 8, 3).
La grâce dans laquelle nous sommes, ôte à la chair tout
pouvoir sur nous. Si la loi est la puissance du péché (1 Cor.
15, 56), la grâce en est l'impuissance. La loi donne au péché
de la puissance sur nous; la grâce nous donne de la puissance
sur le péché.

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— 73 —
Dieu a certaines exigences de sainteté et de justice que je
suis appelé à remplir: c'est la loi. Or, si la loi signifie que
Dieu
me
demande
d'accomplir
certaines
choses,
l'affranchissement de la loi signifie qu'il ne me le demande
plus pour mériter sa faveur, parce que, dans sa grâce, il y a
pourvu lui-même. La loi signifie que Dieu me demande de
faire quelque chose pour lui; la délivrance de la loi signifie
qu'il m'exempte de le faire, parce que, dans sa grâce, il le fait
lui-même.
Les exigences de Dieu n'ont pas changé, mais ce n'est pas
à nous à y répondre. Que Dieu soit loué! Il est sur le trône,
Celui qui donne la loi, et il est dans mon coeur, Celui qui
l'observe. C'est lui qui a donné les commandements, et lui-
même qui les accomplit.
Tant que nous nous efforçons de faire quelque chose, Dieu
ne peut pas agir pour nous.
Quand nous abandonnons la partie, Dieu la prend en
mains. Il attend que nous soyons à la fin de nos ressources et
que nous ne puissions plus rien par nous-mêmes. Dieu a
condamné tout ce qui est de la vieille création et, en la
Personne de notre Seigneur Jésus, l'a clouée sur la croix. La
chair ne sert de rien ! Si nous essayons de faire quelque
chose dans la chair, nous rejetons virtuellement la croix de
Christ. Dieu a déclaré que nous ne méritions

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— 74 --
que la mort. Lorsque nous le croyons réellement, nous
confirmons le verdict de Dieu en abandonnant tout effort
charnel pour lui plaire.
La vie chrétienne ne consiste point dans l'observation de
certaines ordonnances, commandements ou traditions. Elle
est une divine réalité. C'est Christ dans le coeur, et Christ
reproduit dans la vie de chaque jour, par la puissance du
Saint-Esprit. C'est l'homme nouveau, formé d'après le
modèle de Christ lui-même, et se révélant dans les
moindres détails de notre conduite et de notre marche au
milieu du monde, de nos familles, de nos trans-actions
avec nos semblables, dans nos manières, notre humeur, en
un mot dans tout ce qui est nous-mêmes. Ce n'est point une
affaire de profession ou de dogme, d'opinion ou de
sentiment, mais une réa-lité vivante et incontestable. C'est
la dépendance de Dieu établie dans le coeur, étendant sa
domination bénie sur tout l'être moral, et répandant sa
douce influence sur toute la sphère où nous sommes
appelés à vivre. C'est le chrétien marchant sur les traces
bénies de Celui qui allait de lieu en lieu, faisant du bien,
trouvant son plaisir à donner et à servir, toujours prêt à
soulager et à sympathiser avec les coeurs affligés ou
découragés.
Je ne dis pas que l'autorité de la loi se soit affaiblie ou
ait cessé: ce que je dis, c'est que j' y suis mort. La loi a de
l'autorité sur l'homme aussi longtemps

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qu' il vit, et ne peut en avoir plus longtemps. Or je ne suis
plus vivant dans la chair. Délivré, tout à fait hors d'elle, par
la rédemption, je suis mort et ressuscité; je suis en Christ.
5. Lutte et victoire
Un chrétien charnel et endormi n'aura pas à soutenir une
grande lutte spirituelle: il est déjà parmi les vaincus. Mais
plus un croyant sera rempli de l'Esprit, plus il voudra avancer
dans la sanctification, et plus il aura à subir les assauts de
l'ennemi.
Dieu ne se moque pas de nous. Il ne nous revêtirait pas de
son armure, si elle n'était pas capable de résister aux coups
de l'adversaire. Il ne nous lancerait pas non plus dans la
bataille, si la victoire n'était pas possible.
Il n'y a pas une position dans laquelle un saint se trouve,
où il ne puisse chercher la présence de Dieu pour être
secouru.
Le chemin le plus difficile, celui qui nous mène aux plus
rudes combats, n'est que le chemin de la victoire et du repos,
nous faisant avancer dans la connaissance de Dieu. C'est le
chemin dans lequel on est en communion avec Dieu, lui qui
est la source de toute joie; ce sont les arrhes et l'avant-goût
du bonheur éternel et infini.

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— 76 —
L'Esprit et la Parole sont le tout de la vie spirituelle. Munie
de cette force, la foi va en avant, fortifiée par la Parole
encourageante de notre Dieu. Dieu a un chemin dans le
monde où Satan ne peut nous atteindre. C'est le chemin où
Jésus a marché. Satan est le prince de ce monde, mais il y a
un chemin divin pour le traverser et il n'y en a pas d'autre.
C'est là qu'est la puissance de Dieu. La Parole en est la
révélation.
L'habitude constante de juger la chair dans les petites
choses est le secret pour être gardé de chutes.
Les moyens par lesquels Dieu nous délivre du péché ne
consistent pas à nous rendre de plus en plus forts, mais à
nous rendre de plus en plus faibles. C'est sûrement une
manière plutôt singulière de nous amener à la victoire, direz-
vous; mais c'est le chemin de Dieu. Dieu nous affranchit du
pouvoir du péché, non pas en fortifiant notre vieil homme,
mais en le crucifiant; non pas en l'aidant à arriver à quelque
chose, mais en le mettant hors d'action.
Souvent le chrétien cherche à oublier sa faiblesse, il veut la
vaincre, en être délivré. Dieu veut, au contraire, que nous en
soyons conscients, que nous la sentions profondément ; il
veut que nous y demeurions et même que nous nous
réjouissions en elle. Le chrétien gémit de sa faiblesse, mais

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Christ enseigne à ses disciples à dire: «Je me glorifierai très
volontiers plutôt dans mes infirmités». Le chrétien la
considère comme le plus grand obstacle qui l'empêche de
vivre pour son Dieu ; et Dieu nous dit qu'elle est le secret de
la puissance et du succès. C'est notre faiblesse, franchement
reconnue, qui nous donne droit et accès à la force de Celui
qui a dit: «Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit
dans l'infirmité».
Le Seigneur ne supprime pas le sentiment de notre
faiblesse; au contraire, chose merveilleuse, en laissant et
même en développant en nous le sentiment d'une totale
impuissance, il nous donne, en même temps, conscience
d'une grande force en lui. «Nous avons ce trésor dans des
vases de terre, afin que l'excellence de la puissance soit de
Dieu et non pas de nous.» La faiblesse et la force marchent
de front; si le sentiment de l'une augmente, le sentiment de
l'autre augmente aussi, jusqu'à ce qu'enfin nous puissions
dire avec l'apôtre Paul: «Quand je suis faible, alors je suis
fort. Je me glorifierai donc très volontiers plutôt dans mes
infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi».
Acceptons, par la foi, ce plan admirable de Dieu: en nous,
rien que faiblesse; en Christ la toute-puissance. Ne regardons
plus à nous-mêmes, mais seule-ment à Christ, et nous
pourrons dire alors : « Je puis toutes choses en Celui qui me
fortifie ».

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--6. Chutes et restauration
Lorsque la communion est interrompue, lorsque nous
avons péché (non pas lorsque nous nous sommes repentis,
car c'est son intercession qui nous mène à la repentance),
Christ intercède pour nous. La justice est toujours là — notre
justice — «Jésus Christ le Juste». Ainsi la grâce agit en vertu
de cette justice et de ce sang qui est devant Dieu — elle agit,
en réponse à l'intercession de Christ qui ne nous oublie
jamais, pour nous ramener à la communion par la
repentance.
Lorsque nous avons perdu la communion avec Dieu, notre
coeur naturel dit: «Je dois en corriger la cause, avant de
pouvoir venir à Christ». Mais il est plein de grâce et, si nous
le savons, notre devoir est de revenir à lui immédiatement
tels que nous sommes, et ensuite de nous humilier
profondément devant lui. Ce n'est qu'en lui et par lui que
nous trouverons ce qui restaure nos âmes.
Quand c'est Dieu qui fixe notre position, nous pouvons
être sûrs qu'elle est choisie avec sagesse et qu'elle est
salutaire; et même, quand nous l'avons follement et
volontairement choisie nous-mêmes, Dieu, dans sa
miséricorde, domine notre folie et fait que la puissance des
circonstances dans les-quelles nous sommes placés, travaille
à notre bien spirituel.

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-- 79
Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour
nous pardonner nos péchés. La confession est donc ce que
Dieu demande. Un chrétien qui aurait péché en pensée, en
paroles ou en action, pourrait prier pendant des jours et des
mois pour demander le pardon, et cependant ne pas avoir
l'assurance, fondée sur 1 Jean 1, 9, qu'il est pardonné. Tandis
que, dès qu'il confesse sincère-ment son péché devant Dieu,
ce n'est plus qu'une affaire de foi de savoir qu'il est
parfaitement par-donné et parfaitement purifié.
Il est de toute importance que notre vie intérieure soit
maintenue à la hauteur de notre activité extérieure, sinon
nous sommes près de quelque chute spirituelle.
Une fausse humilité, fruit de l'incrédulité, porte celui qui
s'est égaré ou qui est resté en arrière, à prendre une position
inférieure à celle qu'il tient de Dieu, parce qu'il ne connaît
pas le principe sur lequel Dieu restaure ceux qui sont tombés,
ni dans quelle mesure il les restaure. Le fils prodigue
demande à être fait serviteur, ignorant que, quant à lui, il n'a
pas plus droit à la place de serviteur qu'à celle de fils, et que,
en outre, il serait indigne du caractère du père de le placer
dans une telle position. Il ne lui reste donc qu'à accepter ce
que le père trouve bon de lui donner, savoir la position la
plus élevée, celle de la communion avec lui-même.

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Il faut plus de peine pour revenir dans le chemin de la
bénédiction, que pour se tenir loin du mal.
Il n'y a peut-être rien qui endurcisse autant le coeur que
l'habitude de confesser le péché sans le sentir.
Il n'y a aucune limite au pardon divin, par le fait qu'il n'y
en a aucune à l'étendue de l'expiation, aucune à la vertu et à
l'efficace du sang de Jésus Christ, le Fils de Dieu, qui purifie
de tout péché; aucune à la valeur de l'intercession de notre
grand Souverain Sacrificateur, qui peut sauver jusqu'au bout
tous ceux qui s'approchent de Dieu par lui.
7. La sanctification
La sanctification est fondée sur une oeuvre par-faite de
réconciliation avec Dieu déjà accomplie. Le chrétien est
envisagé, dans les Écritures, comme parfaitement sanctifié.
La sanctification s'effectue par l'opération de l'Esprit Saint
qui, en nous communiquant la nouvelle nature, nous sépare
entièrement du monde. Il est important de maintenir cette
vérité et de nous tenir pour déjà sanctifiés, autrement la
sanctification pratique n'est plus que l'amélioration de
l'homme naturel ; elle devient tout à fait légale; le chrétien
rentre après sa réconciliation dans le doute et l'incertitude,
parce que,

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— 81 —
quoique justifié, il n'est pas considéré comme étant prêt pour
le ciel; son acceptation dépend, pense-t-il, de ses progrès, de
sorte que la justification ne lui procure pas la paix avec Dieu.
Par de telles vues, l'oeuvre de la rédemption est affaiblie,
pour ne pas dire détruite, c'est-à-dire l'appréciation de cette
oeuvre par la foi dans nos coeurs. Pris comme pécheurs dans
le monde, nous sommes mis à part par le Saint-Esprit pour
jouir de toute l'efficace de l'oeuvre de Christ selon les
conseils du Père. C'est par la vérité, par la Parole, que la
sanctification s'accomplit en nous, soit au commencement,
dans la communication de la vie, soit, en détail, tout au long
du chemin. « Sanctifie-les par la vérité ; ta Parole est la
vérité. » « Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux
aussi soient sanctifiés par la vérité. » Le Saint-Esprit attache
le coeur à Dieu, en le révélant aussi toujours davantage; il
dévoile en même temps la gloire de Christ et toutes les
qualités divines qui se déploient en lui dans la nature
humaine, et forment ainsi notre nature en tant que nous
sommes nés de Dieu. Il est de toute évidence que la
communion avec Dieu est la position pratique de la plus
haute sanctification. Si Dieu est tout pour nous dans notre vie
pratique, nous sommes tout saints.
Le souhait sincère de votre âme est-il de croître dans la
grâce et dans la sanctification pratique ? Alors prenez garde
de ne pas vous associer, ne fût-

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ce qu'une heure seulement, à des choses qui souilleraient vos
mains, chargeraient votre conscience, contristeraient le
Saint-Esprit et interrompraient votre communion avec Dieu.
Soyez fermement décidés de tout votre coeur à vous en
abstenir! Renoncez immédiatement à tout ce qui est impur,
quoi qu'il vous en coûte; quelle que soit la perte qui puisse en
résulter pour vous, abandonnez-le!
Aucun gain mondain, aucun avantage terrestre ne saurait
compenser la perte d'une conscience pure, d'un coeur rempli
de paix et la jouissance d'une communion sans entrave avec
Dieu, notre Père, et avec son Fils, notre Seigneur.
La sainteté de Dieu, quelle pensée! La séparation absolue
de tout mal, parce qu'il est le bien absolu; cette pureté
inaltérable qu'aucune souillure ne peut atteindre ; cette
lumière qu'aucunes ténèbres ne peuvent obscurcir; voilà la
sainteté, l'état moral auquel Dieu veut que nous participions.
Et c'est pour nous dégager de tout ce qui pourrait être une
entrave à la jouissance toujours plus grande de cet-te
condition qu'il nous discipline. En Christ, nous avons devant
Dieu une position de sainteté parfaite: «Saints et
irréprochables devant lui en amour» (Éph. 1). Mais il veut
que nous lui ressemblions pratiquement; que moralement
notre état réponde à ce qu'il est.
Plus un croyant aime Dieu, plus il craint de lui déplaire;
cette crainte, fruit de l'amour, est le vrai

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— 83 —
principe d'une sainte conduite: elle incite le fidèle à fuir les
tentations, à se retirer du mal, et cela, parce qu'elle lui inspire
l'horreur du péché.
Nous n'avons jamais d'excuse pour un seul péché en acte
ou en pensée, parce que la grâce de Christ nous suffit et que
Dieu est fidèle qui ne permettra pas que nous soyons tentés
au-delà de ce que nous pouvons supporter.
Bien qu'elle ne soit pas le fondement de notre salut, la
sainteté pratique est intimement unie à la jouissance du salut.
Ceux qui appartiennent à l'assemblée de Dieu doivent se
conduire comme des saints; ils ont non seulement été
délivrés de la coulpe et des conséquences du péché, mais
encore de la pratique, de la puissance et de l'amour du péché.
Le fait même qu'Israël était délivré par le sang de l'agneau
pas-cal, lui imposait la responsabilité d'ôter du milieu de lui
le levain.
Une vraie connaissance de moi-même ne me viendra
jamais par mes propres efforts, mais uniquement lorsque je
laisserai à Dieu le soin de me sonder.
Le jugement de soi-même est un des exercices les plus
précieux et les plus salutaires de la vie

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chrétienne, et par conséquent tout ce qui tend à l'amener doit
être hautement estimé par tout chrétien sérieux.
On devrait toujours pouvoir appliquer spirituellement au
chrétien ce vers d'un poète qui a dit de l'albatros: «Et même
quand il marche, on sent qu'il a des ailes».
Plus nous contemplons le caractère divin et comprenons la
puissance de nos relations avec Dieu, en Christ, par l'énergie
du Saint-Esprit, plus nous serons, nécessairement, saints en
pratique. Il ne peut y avoir progrès dans l'état de sainteté où
le croyant est introduit, mais il y a, et il doit y avoir progrès
dans l'appréciation, dans l'expérience et la manifestation
pratique de cette sainteté.
La même croix qui nous a amenés au-dedans du voile,
nous a jetés hors du camp. Christ en fut aussi chassé et là
nous sommes avec lui: mais il a été reçu dans le ciel, et nous
y sommes avec lui. N'est-ce pas une grâce que d'être en
dehors de tout ce qui a rejeté notre Seigneur et Maître?
Assuré-ment; et plus nous connaissons Jésus, plus nous
connaissons ce présent siècle mauvais, plus aussi nous serons
reconnaissants de trouver notre place en dehors de tout, avec
lui.
Nous savons que la justification nous est acquise en vertu
de l'oeuvre de Christ et qu'elle ne demande

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aucune oeuvre de notre part, mais nous pensons que la
sanctification dépend de nos propres efforts. Nous savons
que nous recevons le pardon en plaçant toute notre confiance
dans le Seigneur; et ce-pendant nous croyons obtenir la
délivrance du péché en faisant nous-mêmes quelque chose.
Nous craignons, si nous ne faisons rien, de n'arriver à rien.
Après notre expérience du salut, notre vieille habitude de
«faire» quelque chose réapparaît, et nous recommençons nos
propres efforts personnels. Alors la Parole de Dieu vient
nous redire : «C'est accompli» (Jean 19, 30). Il a tout
accompli sur la croix pour notre pardon, et il veut tout
accomplir en nous pour notre délivrance. Dieu est toujours et
en tout celui qui agit. «C'est Dieu qui opère en vous» (Phil.
2, 13). Dieu veut tout accomplir, car toute la gloire doit être à
lui. Si nous faisions une partie de l'oeuvre, nous aurions une
partie de la gloire; il faut que toute la gloire revienne à Dieu,
c'est pourquoi il accomplit toute l'oeuvre du commencement
à la fin.
C'est la joie du coeur que de savoir que Christ lui-même
nous rendra tout ce qu'il désire que nous soyons.
Il est bon de se demander chaque jour: «Quelle est la
pensée qui m'occupe? A quoi s'applique mon activité? Quels
sont mes calculs dans le secret de mon coeur? Est-ce de
l'Esprit ou de la chair que

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j'attends un aliment pour mon âme? Mes désirs sont-ils d'En
haut ou d'en bas?»
Pour le chrétien, seul importe, quant à sa marche, ce qui
est approuvé de Dieu, savoir ce qui est en accord avec sa
nature essentielle et avec ses attributs immuables.
Quiconque a jamais ressenti l'angoisse d'une conscience
souillée, ne peut contracter légèrement la souillure. Une
conscience pure est un trésor par trop précieux pour qu'on
s'en dessaisisse à la légère; une conscience souillée est un
fardeau par trop lourd pour qu'on s'en charge avec légèreté.
Le croyant est manifesté dès maintenant. Il ne craint pas de
l'être. Toutes les voies passées de Dieu envers lui se
déploieront devant lui quand il sera dans la gloire; mais il est
manifesté à Dieu maintenant, sa conscience est exercée dans
la lumière. Ainsi la pensée du tribunal a une puissance
actuelle sanctifiante.
Comme il est donc évident que «ceux qui sont dans la
chair ne peuvent plaire à Dieu»! Grâces à Dieu, le croyant
n'est pas «dans la chair», mais «dans l'Esprit». Il a été
complètement sorti de son état dans la vieille création, et
introduit dans la nouvelle création où les péchés moraux ne
sauraient subsister. Il a toujours, il est vrai, la vieille nature,
mais il a l'heureux privilège de la compter

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comme une chose morte et de marcher dans la puissance
constante de la nouvelle création, où «toutes choses sont de
Dieu». C'est ici la liberté chrétienne — liberté de marcher en
tout sens dans cette belle création où aucune trace de mal ne
saurait se trouver; liberté sacrée de marcher en sainteté et en
pureté devant Dieu et les hommes; liber-té de fouler ces
sentiers élevés de la sainteté personnelle, sur lesquels les
rayons de la face divine versent leur brillant éclat. Voilà ce
qu'est la liberté chrétienne. C'est la liberté, non pas de
commettre le péché, mais de goûter les douceurs célestes
d'une vie de véritable sainteté et d'élévation morale.
L'union avec Christ est le secret de la vie sans péché, car
«il n'y a point de péché en lui» (1 Jean 3, 5).
La foi doit vivre au jour le jour et ne se préoccuper que du
moment présent. Si nous croyons que Jésus peut nous garder
présentement de toute transgression, cela suffit; allons de
l'avant avec une confiance toujours renouvelée. Et qu'au lieu
de nous décourager, les chutes et les péchés servent à nous
faire rechercher, avec plus d'ardeur, la force et le salut en
Christ. Nous pouvons faire des progrès dans cette voie-là,
pourvu que nous nous remettions entièrement aux mains de
Dieu pour être gardés par lui de pécher, et que nous
persévérions dans la foi.

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La sanctification est notre conformité intérieure d'affection
et d'intelligence — et par conséquent de conduite extérieure
— avec Dieu et avec sa volonté.
8. Souffrance
Il vaut la peine de souffrir pour apprendre à comprendre et
à consoler.
Notre Dieu sait que les exercices douloureux de sa
discipline paternelle ne sauraient être, alors que nous y
passons, un sujet de joie. Si nous ne les ressentions pas, s'ils
ne produisaient pas la tristesse, quels fruits pourraient-ils
porter? Le chrétien n'est pas un stoïque qui,
orgueilleusement, brave la douleur. Il sent les coups, mais il
connaît la main qui les inflige, et en les sentant, il regarde au
résultat béni qui en sera la conséquence: le fruit paisible de la
justice pratique, la réalisation dans la vie de cette sainteté
dont nous sommes faits participants.
Si le ciel était toujours serein, le sentier toujours uni, le
croyant ne connaîtrait pas aussi bien le Dieu auquel il a
affaire; car nous savons combien le coeur est enclin à
prendre la paix extérieure pour la paix de Dieu.
Quand nous nous reposons sur les circonstances, au lieu de
nous reposer sur le Seigneur, il nous

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— 89 —
visite et, d'une manière ou d'une autre, il ébranle nos faux
appuis. Il y a plus: nous sommes souvent portés à croire que
telle voie est droite, parce qu'elle est exempte d'épreuves et
vice-versa. C'est une grande erreur. Le sentier de l'obéissance
est souvent tout ce qu'il y a de plus éprouvant pour la chair et
le sang. Lorsque Paul fut appelé en Macédoine, la prison de
Philippes fut presque la première chose qu'il rencontra.
Le chemin qui conduit au royaume passe par la souffrance,
l'affliction et la tribulation; mais, grâces à Dieu, par la foi,
nous pouvons dire : « Les souffrances du temps présent ne
sont pas dignes d'être comparées avec la gloire à venir qui
doit nous être révélée» (Rom. 8, 18). Et encore: «Nous
savons que notre légère tribulation d'un moment opère pour
nous en mesure surabondante un poids éternel de gloire» (2
Cor. 4, 17). Et enfin: «Nous nous glorifions dans les
tribulations, sachant que la tribulation produit la patience, et
la patience l'expérience, et l'expérience l'espérance» (Rom. 5,
3-4). C'est un grand honneur et un privilège réel pour nous
qu'il nous soit donné de pouvoir boire à la coupe de notre
Maître, et de pouvoir être baptisés de son baptême; de
traverser, dans une bienheureuse communion avec lui, le
chemin qui conduit directement à notre glorieux héritage.
L'Héritier et les cohéritiers parviennent à cet héritage par le
sentier de la souffrance.

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Plus nous serons semblables au Seigneur, plus aussi nous
souffrirons avec lui; et plus notre communion avec lui dans
ses souffrances sera profonde, plus aussi le sera notre
communion avec lui dans la gloire.
Souvenons-nous que souffrir pour Christ n'est pas le joug
d'un esclave, mais un privilège; non une loi de fer, mais une
faveur de la grâce. «A vous il a été gratuitement donné, par
rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais aussi
de souffrir pour lui» (Phil. 1, 29). De plus, il est bien certain
que le vrai secret des souffrances pour Christ, c'est que nos
affections soient concentrées sur lui. Plus nous aimerons
Jésus, plus aussi nous nous tiendrons près de lui; et plus
nous nous tiendrons près de lui, plus nous l'imiterons
fidèlement; et plus nous l'imiterons fidèlement, plus aussi
nous aurons à souffrir pour lui.
Quand nous sommes dans l'épreuve, n'oublions jamais que
ce dont nous avons besoin, c'est non de voir changer nos
circonstances, mais de remporter la victoire sur nous-mêmes.
La réalité de notre amour pour Dieu, de notre confiance en
lui, de notre dépendance à son égard, ne se manifeste jamais
mieux que dans les tribulations, les privations, au milieu des
détresses. Courage donc ! Puisque le sens de toutes nos
tribulations

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nous est révélé, accueillons-les avec joie, sa-chant qu'elles
expriment toutes l'amour de notre Père, qui veut nous faire
participer à sa sainteté.
Accepter de suivre Christ ne signifie pas se mettre à l'abri
des épreuves et de tous les ennuis aux-quels on voudrait
pouvoir se soustraire dans la vie. Comment nous attendre à
une vie sans souffrance morale et physique dans un monde
où Christ a sacrifié sa vie?
Il a tellement souffert sur cette terre! Il a marché dans le
chemin du renoncement et de la croix, et ceux qui veulent
être ses disciples ne doivent pas prévoir autre chose pour
eux-mêmes. Mais une promesse leur est donnée, simple et
belle, et qui suffit: «Je suis avec vous tous les jours... —
quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et par les
rivières, elles ne te submergeront pas; quand tu marcheras
dans le feu, tu ne seras pas brûlé». Ils n'éviteront pas le feu ni
les grandes eaux, mais avec Christ ils ne seront ni
submergés, ni brûlés.
Même si Dieu juge convenable qu'une affliction nous
atteigne, si même il l'envoie, elle vient d'une main qui ne se
trompe jamais et répond toujours à un coeur dont l'amour est
parfait.
Dieu n'a jamais promis que le chrétien échappe-rait aux
tentations et aux épreuves de la vie. Mais il a promis qu'avec
la tentation, il préparerait le

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moyen d'en sortir, et qu'avec l'épreuve, il enverrait la force
de la soutenir. Plus grande est notre faiblesse, plus manifeste
est sa puissance.
Celui-là seul qui a reçu les prémices de l'Esprit porte en
lui-même le vrai soupir; celui-là seul con-naît le vrai
écartèlement entre les souffrances du temps présent et la
gloire à venir, qui participe à la mort de Christ et, ici déjà, à
sa résurrection. C'est dans le chrétien que le gémissement
ineffable, l'attente, l'espérance, atteignent leur point
culminant, parce qu'en lui, l'Esprit a déposé les prémices,
c'est-à-dire le premier fruit de la nouvelle création. Car c'est
en espérance que le chrétien est sauvé. La présence de son
Dieu est une présence dans l'absence; sa paix est une paix
dans la lutte; sa joie est une joie dans les larmes; c'est sous la
croix qu'il connaît la résurrection.
L'orgueil et une résistance stoïque à la souffrance ne nous
conviennent pas. Ce n'est pas ainsi que nos âmes sont
amenées à Dieu, mais, au contraire, c'est ainsi qu'elles sont
effectivement tenues à distance de lui. Lorsque la douleur est
complète et sans issue, elle nous donne de l'intimité avec lui,
qui veut et peut nous secourir, et c'est alors que nous
trouvons réellement notre ressource en Dieu.
Si Christ est entre nos coeurs et la souffrance, au lieu que
celle-ci vienne se placer entre nos

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coeurs et Christ, nous trouverons que la souffrance est la
meilleure place que nous puissions occuper sur la terre,
parce que, dans ce cas, toutes nos souffrances nous
amèneront plus près de Christ.
Nous aimerions naviguer toujours à pleines voiles avec
un vent favorable, mais ce n'est pas ainsi que se forment
les bons marins.
Si nous avons à coeur de vivre dans la crainte de Dieu, de
tenir ferme, d'obéir à la Parole, nous serons tôt ou tard mis à
l'épreuve : Dieu nous dispensera des circonstances au travers
desquelles nous aurons à montrer si véritablement nous
faisons passer avant toute autre considération les droits du
Seigneur, ses intérêts, sa gloire — si nous sommes fidèles
non pas seulement en paroles, mais aussi «en action et en
vérité». Cela entraîne parfois de très grandes souffrances qui
brisent nos coeurs et ruinent nos corps. Et nous sommes si
faibles pour livrer de tels combats, pour manifester
pratiquement que nous craignons le Seigneur et désirons lui
être fidèles! Mais lui le sait, «il sait de quoi nous sommes
formés, il se souvient que nous sommes poussière». Quelle
grâce!
Il est plus difficile de se réjouir dans le Seigneur, étant
dans la prospérité que dans la tribulation, car la tribulation
nous rejette sur lui.

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V. Les ressources du croyant
1. Le ministère de Christ
«Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive»
(Jean 7, 37-38). Quels que soient mes embarras, mes
difficultés, mon deuil, ma solitude, mon dépouillement, Jésus
répond à tout, à tout. Il ne me promet pas seulement le repos,
ou l'apaise-ment de ma soif. Écoutez! «... des fleuves d'eau
vive jailliront de son sein». «Celui qui boira de l'eau que je
lui donnerai, moi, n'aura plus soif, à jamais» (Jean 4, 14).
Savoir que «n'aura» signifie «n'aura», que «jamais» signifie
«jamais», que «soif» signifie: un besoin quelconque non
satisfait, est une des plus grandes révélations que Dieu puisse
faire à une âme.
Le Seigneur ne nous abandonne pas à cause de nos fautes
ou de notre négligence ; il intercède pour nous, et nous
faisons l'expérience de sa grâce; mais ce n'est plus la
communion, ni un progrès intelligent dans les richesses de la
révélation de lui-même et de la plénitude qui est en Christ.
C'est la grâce adaptée à nos besoins, une réponse à notre
misère; Jésus étend sa main vers nous selon le besoin que
nous sentons, besoin produit dans nos

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coeurs par l'opération du Saint-Esprit. Que Jésus s'occupe
ainsi de nous, est une grâce infiniment précieuse, une douce
expérience de sa fidélité et de son amour; on apprend par ce
moyen à discerner le bien et le mal par le jugement de soi-
même. Quand on a perdu la communion avec Dieu, on ne
peut pas négliger ce retour sur soi-même sans se tromper et
s'endurcir.
Christ est un ami fidèle; même si nous commençons à
enfoncer dans les flots, il étend sa main et nous en sort. Il est
doux de sentir sa main dans toutes nos circonstances, même
si, perdant pied, nous l'avons obligé à l'étendre.
Christ dans la gloire, n'oublie pas ses expériences
humaines; elles sont gravées pour toujours dans les
sentiments de son humanité, selon l'énergie de l'amour divin
qui était la source et le mobile de ces sentiments. Il est
toujours homme dans la gloire et dans la perfection divine.
Sa divinité prête la puissance de son amour à son humanité,
mais n'ôte pas celle-ci. Il n'y a personne qui soit aussi près de
nous, personne qui soit descendu aussi bas, qui soit entré
comme lui, avec une puissance divine, dans les besoins, dans
tous les besoins de l'homme
Le Seigneur que j'ai appris à connaître comme Celui qui a
donné sa vie pour moi, est le même Seigneur à qui j'ai affaire
tous les jours de ma vie,

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— 96 —
et toutes ses dispensations à mon égard sont fondées sur les
mêmes principes de grâce que mon salut. Qu'il est précieux
et encourageant de savoir qu'en ce moment même Jésus
éprouve et exerce à mon égard le même amour que celui qu'il
manifestait en mourant pour moi sur la croix!
Le maintien d'une énergique communion avec la parfaite
humanité de notre Seigneur Jésus Christ est un des côtés les
plus faibles et les plus imparfaits de notre christianisme. De
là vient que nous éprouvons tant de lacunes, tant de
sécheresse, d'agitation et d'égarement dans notre marche.
Ah! si nous étions pénétrés, grâce à une foi plus simple, de
cette vérité que c'est un Homme réel qui est assis à la droite
de la Majesté dans les cieux, — un Homme dont la
sympathie est parfaite, dont l'amour est incompréhensible,
clout la puissance est sans borne, dont la sagesse est infinie,
dont les ressources sont inépuisables, dont les richesses sont
insondables, dont l'oreille est ouverte à tous nos soupirs, dont
la main est ouverte à tous nos besoins, dont le coeur est
rempli pour nous d'une tendresse ineffable — comme nous
serions plus indépendants de tout ce qui découle de la
créature, quel que soit le canal qui nous le communique !
Tout ce que le coeur peut ambitionner, nous le possédons en
Jésus.
«Jésus Christ est le même hier, et aujourd'hui, et
éternellement». Il est le même dans son amour

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et dans sa fidélité; le même pour éclairer, vivifier, conduire,
protéger les siens. Ce qu'il fut dans le passé pour tous les
saints qui ont achevé la course, il l'est aujourd'hui pour nous.
Ce qu'il est, il le sera dans l'éternité pour remplir et satisfaire
nos coeurs. Qu'il nous suffise donc et remplisse nos coeurs.
C'est en lui que nous trouverons le repos, le courage et la
force. Il répond pleinement à tout.
La sacrificature de Christ a pour base l'amour manifesté
une fois, mais non épuisé à la croix, car il reste et restera le
même jusqu'à la fin: «Jésus ayant aimé les siens qui étaient
dans le monde, les aima jusqu'à la fin» (Jean 13, 1). Il ne
suffit pas au Seigneur de nous sauver; son amour veut nous
sauver jusqu'au bout, et c'est à quoi il s'emploie comme
sacrificateur. Il a une «sacrificature qui ne se transmet pas.
De là vient aussi qu'il peut sauver entièrement (jusqu'à
l'achèvement) ceux qui s'approchent de Dieu par lui» (Héb.
7, 24.25). Rien ne peut arrêter ou même entraver ce service
sacerdotal en faveur des siens.
2. Le ministère du Saint-Esprit
Quand on marche avec Dieu, quand on marche selon
l'Esprit sans le contrister, il nous maintient dans la
communion, dans la jouissance de Dieu, source positive de
joie, d'une joie éternelle. C'est

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une position dans laquelle Dieu veut nous occuper de tout le
développement de ses conseils dans la personne de Jésus. Le
coeur s'élargit à la mesure des objets qui l'occupent. Telle est
notre condition normale.
De même que pour le pardon, la venue du Saint-Esprit sur
nous est entièrement une question de foi. Dès que nous
voyons le Seigneur Jésus sur la croix, nous savons que nos
péchés sont pardonnés; et dès que nous voyons le Seigneur
Jésus sur le trône, nous savons que le Saint-Esprit a été
répandu sur nous.
Que Dieu soit loué! Aucun de ses enfants n'a besoin de
languir, ni même d'attendre, pour que l'Esprit lui soit donné.
Jésus ne doit pas être fait Seigneur; il est Seigneur. Je ne dois
pas recevoir l'Esprit; j'ai reçu l'Esprit. Tout est une question
de foi, qui nous vient par révélation. Lorsque nos yeux sont
ouverts pour voir que l'Esprit a déjà été répandu, parce que
Jésus a déjà été glorifié, la prière se change dans nos coeurs
en louange.
Savez-vous, mes chers amis, que l'Esprit qui de-meure en
vous est Dieu lui-même? Oh! que nos yeux s'ouvrent pour
voir la grandeur du don de Dieu! Oh! que nous réalisions la
richesse des ressources cachées dans nos propres coeurs!
L'Esprit qui demeure en moi n'est pas une simple influence,
mais une Personne vivante; c'est Dieu lui-même. Le

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— 99 —
Dieu infini est dans mon coeur! Je ne suis qu'un vase de
terre, mais dans ce vase de terre, je porte un trésor d'une
valeur inexprimable — le Seigneur de gloire!
Lorsque nous verrons réellement que Dieu a fait de nos
coeurs son habitation, quel sentiment de profond respect
remplira nos vies! Toute légèreté, toute frivolité
disparaissent, comme aussi toute recherche de soi-même,
parce que nous savons que nous sommes le temple du Saint-
Esprit, que l'Esprit de Dieu demeure en nous. Avons-nous
vrai-ment réalisé que, partout où nous allons, nous portons
en nous le Saint-Esprit de Dieu?
Non seulement je suis en Christ, mais Christ est en moi.
Et de même que, physiquement, l'homme ne peut vivre et
travailler que dans l'air, et non dans l'eau, de même,
spirituellement, Christ de-meure et se manifeste non dans la
chair, mais dans l'Esprit. C'est pourquoi, si je vis selon la
chair, je m'aperçois que ce qui est à moi en Christ est, pour
ainsi dire, tenu en suspens en moi. Bien que, en fait, je sois
en Christ, si je vis dans la chair — c'est-à-dire dans ma
propre force et selon ma propre volonté — je m'aperçois
avec consternation que, en expérience, c'est ce qui est
d'Adam qui se manifeste en moi. Si je veux connaître en
expérience tout ce qui est en Christ, il faut que j'apprenne à
vivre dans l'Esprit.

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Vivre dans l'Esprit, cela signifie que je me confie au Saint-
Esprit, pour qu'il accomplisse en moi ce que je ne puis pas
faire moi-même. Cette vie est complètement différente de
celle que je vivrais naturellement par moi-même. Chaque
fois que je suis en face d'une nouvelle demande du Seigneur,
je regarde à lui pour qu'il accomplisse ce qu'il attend de moi.
Je n'ai pas à essayer, mais à me confier; je n'ai pas à lutter,
mais à me reposer en lui. Je ne chercherai pas à me
transformer par un effort déterminé, mais je me considérerai
comme mort en Christ à l'égard de toutes les manifestations
de la chair, et je regarderai à l'Esprit pour qu'il produise en
moi le fruit de l'Esprit.
«Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez point les
convoitises de la chair» (Gal. 5, 16). Si nous vivons dans
l'Esprit, si nous marchons par la foi en un Christ ressuscité,
nous pouvons réelle-ment demeurer tranquilles, tandis que
l'Esprit remporte chaque jour de nouvelles victoires sur la
chair. Il nous a été donné pour prendre cette responsabilité.
Notre victoire consiste à nous cacher en Christ, et à nous
confier, dans une simple assurance, à son Saint-Esprit, qui
triomphe en nous de la chair et de ses convoitises par Ses
désirs nouveaux. Il ne faut pas que nous oubliions que la
nouvelle nature dans le croyant est dans un état de
dépendance. Elle est dépendante de l'Esprit

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— 101 —
pour la puissance, et dépendante de la Parole pour la
direction. Mais évidemment la puissance ne peut se
manifester que là où se trouve le Saint-Esprit. Il peut être
contristé et entravé. Mais si nous marchons par l'Esprit, nous
remportons sur la chair une victoire sûre et constante.
Lorsque nous sommes tentés de nous laisser aller à des
pensées, à des sentiments, à des paroles, qui ne sont pas
selon Dieu, quel puissant correctif que de réaliser le fait que
le Saint-Esprit habite dans nos corps comme dans son
temple! Si nous pouvions toujours nous en souvenir, cela
nous préserverait de bien des pensées vagabondes, de bien
des paroles légères ou vaines, de bien des actes
inconséquents.
3. La Parole de Dieu
Que ma conscience ne cherche point à échapper au
tranchant de la Parole et que je ne redoute pas de me laisser
transpercer par elle! Que je redoute plutôt ce qui pourrait me
soustraire à son action scrutatrice.
La Parole de Dieu est l'expression de la relation de toutes
choses avec Dieu soit quant à leur existence, où il s'agit de la
création, soit quant à ses conseils, soit même quant à sa
nature à lui, à la

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communication de la vie reçue de lui et au main-tien de son
vrai caractère. Elle procède du ciel, comme en procédait la
Parole vivante; elle révèle ce qui est au ciel, mais, ainsi que
faisait la Parole vivante, s'adapte à l'homme ici-bas, le dirige
là où il y a de la foi, mais le conduit là-haut où la Parole
vivante s'en est allée comme Homme. Notre bourgeoisie est
dans les cieux.
Seul Dieu peut exprimer parfaitement ou révéler ce que
Dieu est: la Parole est, par conséquent, infinie dans ce qui
coule en elle, parce qu'elle est l'expression des profondeurs
de la nature divine et qu'elle est liée à ces profondeurs.
Puissions-nous avoir un sentiment plus profond de la
plénitude, de la majesté et de l'autorité de la Parole de Dieu!
Nous avons bien besoin d'être fortifiés à cet égard. Il nous
faut un sentiment si vif, si vigoureux et si constant de
l'autorité suprême du canon sacré, et de sa complète
suffisance pour tous les temps, tous les climats, toutes les
positions, tous les états — personnels, sociaux,
ecclésiastiques — que nous puissions résister à tous les
efforts de l'ennemi pour déprécier la valeur de cet
inestimable trésor. Puissent nos coeurs être mieux à l'unisson
de ces paroles du Psalmiste: «La somme de ta parole est la
vérité, et toute ordonnance de ta justice est pour toujours»
(Ps. 119, 160).

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Il est important de remarquer que les chrétiens
n'obtiennent aucun effet réel de la Parole, cette épée de
l'Esprit, ne peuvent remporter par elle aucune victoire et en
connaîtront à peine l'usage, s'ils n'ont pas fait l'expérience de
son efficace sur eux-mêmes, et si elle ne les a pas formés
individuellement pour résister aux séductions de Satan. Il
faut avoir fait des expériences intérieures et personnelles de
la puissance de la Parole pour pou-voir s'en servir en faveur
des autres. Elle est l'épée de l'Esprit. L'Esprit seul peut lui
donner tout son tranchant et la faire pénétrer dans les coeurs,
comme elle est entrée dans le nôtre.
La Parole de Dieu est une énergie créatrice qui domine la
matière et possède la prééminence sur elle. Soumettons-nous
à cette puissance créatrice et que notre corps en soit
constamment vivifié. Que Dieu nous accorde de vivre de
jour en jour par sa Parole!
La crainte de Dieu se reconnaît chez l'homme à l'autorité
de la Parole sur sa conscience. Nous ne pouvons plaire à
Dieu sans obéir à sa Parole.
Les circonstances extérieures doivent être pesées en la
présence de Dieu et jugées à la lumière de sa Parole, sans
quoi elles peuvent nous conduire aux plus graves erreurs.
Bref, la Parole de Dieu est la pierre de touche parfaite pour
toutes choses; les

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circonstances extérieures, les impressions intimes et les
sentiments, — tout doit être placé dans la lumière de
l'Écriture sainte, et jugé là calmement et sérieusement. C'est
le vrai chemin de la paix, de la sûreté et de la bénédiction
pour tout enfant de Dieu.
La Parole est absolument nécessaire au chrétien. Nous ne
pouvons nous en passer. Comme la vie est soutenue par le
pain, de même la vie spirituelle est entretenue par la Parole
de Dieu. Se nourrir ainsi n'est pas seulement recourir à la
Bible pour y trou-ver des doctrines, ou pour y voir nos
opinions confirmées; c'est bien plus, c'est y chercher ce qui
soutient la vie de l'homme nouveau, c'est-à-dire la nourriture,
la lumière, les directions, la consolation, l'autorité, la force,
en un mot tout ce dont l'âme peut avoir besoin.
La Parole doit être pour nous comme le pain pour l'homme
affamé, ou comme la boussole pour le navigateur; c'est d'elle
qu'il faut nous nourrir et d'après elle que nous devons agir,
penser et parler. Plus il en sera ainsi, plus nous en
connaîtrons la valeur infinie. Qui est-ce qui connaît le mieux
la valeur réelle du pain? Est-ce un chimiste? Non, mais un
homme affamé. Un chimiste peut l'analyser et dire de quoi il
se compose, mais c'est l'homme qui a faim qui en éprouve la
valeur. Qui est-ce qui connaît le mieux la valeur réelle d'une
bous-

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sole? Est-ce le professeur de navigation? Non, mais c'est le
marin qui navigue le long d'une côte inconnue et dangereuse.
4. La foi
Notre foi se montre précisément en cela, qu'elle s'attache à
la Personne absente de Christ; dès que nous le verrons, la foi
ne sera plus nécessaire. Quand on est entouré, comme nous
le sommes, d'objets qui sollicitent la vue, c'est une chose
grande et difficile de réaliser les objets invisibles et de fixer
sur eux les regards de la foi. Il faut que le Christ invisible
devienne si puissamment réel à notre âme que, près de lui,
tout ce qui nous environne perde sa réalité. La foi est
indispensable pour cela. Souvenons-nous que Dieu nous a
donné, en même temps que la foi, deux moyens de vivre
dans les réalités invisibles, et de surmonter les obstacles qui
s'y opposent: la Parole qui nous révèle Christ, la prière par
laquelle nous pouvons être en communion avec lui et jouir
de sa présence.
La foi rend présent l'avenir et visible l'invisible: c'est ce
qui fait la force du croyant. Elle réalise les choses que l'on
espère, comme si on les tenait déjà; ces choses existent pour
le coeur: il a l'assurance de leur réalité. En même temps, elle
est une démonstration intérieure des choses que l'on ne voit
pas,

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une conviction intime de leur existence. La foi est une vue de
ce qui est caché; elle nous donne sur l'invisible la même
certitude que nous avons pour les choses qui sont sous nos
yeux. Ce dont la réalité ne paraît point encore, la foi nous en
donne la substance.
Dieu prend plaisir à une grande hardiesse, preuve d'une
grande foi; rien ne l'honore autant.
Ce qui caractérise la foi, c'est qu'elle compte sur Dieu, non
seulement en dépit des difficultés, mais en dépit des
impossibilités.
Une foi mise à l'épreuve est une foi fortifiée. Par l'épreuve
nous apprenons à connaître notre faiblesse, mais aussi la
fidélité de Dieu, ses tendres soins, même dans les difficultés
qu'il envoie, afin que nous puissions les traverser avec lui.
La foi repose sur un fondement bien plus solide que
l'évidence de nos sens, et ce fondement est la Parole de Dieu:
nos sens peuvent nous tromper, la Parole de Dieu, jamais.
La foi ne parle jamais de ce qu'elle veut faire; mais elle fait
ce qu'elle peut par la force du Seigneur.
Le sentier de la foi est un sentier très simple et très étroit.
La foi ne déifie, ni ne méprise les moyens; elle les apprécie
en tant que c'est Dieu

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réellement qui les emploie, et non pas au-delà. Or, il y a une
différence très grande entre l'emploi que Dieu fait de la
créature pour me servir, et l'emploi que l'homme en fait pour
exclure Dieu; on n'y prend pas assez garde. Dieu se servit
des corbeaux pour nourrir Élie, mais Élie ne se servit pas
d'eux pour exclure Dieu. Quand le coeur est réellement
occupé de Dieu, il ne se préoccupe pas des moyens; il
compte sur Dieu, dans la douce assurance que, quels que
soient les moyens dont Dieu usera, il bénira, il aidera, il
pourvoira.
Souvent Dieu n'est pas pour nos âmes cette cons-tante
réalité qu'il devrait être ou qu'il serait pour nous, si nous
marchions avec une foi plus simple et dans une dépendance
plus entière de lui.
Quand, par la grâce, l'âme cesse de s'attendre à la créature,
alors, et alors seulement, elle est dans les dispositions
voulues pour que Dieu puisse agir; et quand Dieu agit, tout
va bien. Il ne laisse rien inachevé: il règle parfaitement tout
ce qui concerne ceux qui mettent leur confiance en lui.
Quand la souveraine sagesse, la toute-puissance et l'amour
infini agissent ensemble, le coeur croyant peut jouir d'un
doux repos.
Se reposer sur les bénédictions de Dieu est autre chose que
de se reposer sur Dieu lui-même.

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Il n'y a pas de position plus bénie que celle d'une âme qui,
avec la simplicité d'un petit enfant, vit dans une dépendance
entière de Dieu, parfaite-ment satisfaite d'attendre son temps.
Cette position apporte des épreuves avec elle, cela est vrai;
mais l'âme renouvelée apprend les leçons les plus pro-
fondes, et fait les expériences les plus douces, pendant
qu'elle s'attend ainsi au Seigneur; et plus la tentation de nous
soustraire au gouvernement de Dieu sera puissante, plus sera
abondante aussi la bénédiction si nous savons demeurer dans
cette position bienheureuse. C'est quelque chose d'infiniment
doux de dépendre de quelqu'un pour qui bénir est une joie.
Ceux qui, en quelque mesure, ont goûté la réalité de cette
merveilleuse position, peuvent seuls l'apprécier, et le seul
qu'il l'ait jamais occupée parfaitement et sans interruption,
c'est le Seigneur Jésus. Il fut toujours dépendant de Dieu et
rejeta absolument toute proposition de l'ennemi à sortir de
cette dépendance.
Nous n'aurons jamais mis vraiment à l'épreuve les
ressources de Dieu tant que nous n'aurons pas essayé
l'impossible. Quel soulagement, quelle immense joie de
savoir que c'est Dieu qui agit! Dès lors, nous entrons dans le
repos, nous nous reposons de nos propres oeuvres.
L'oeuvre de Dieu, faite selon Dieu, ne manquera jamais
des ressources de Dieu.

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Ni l'insensibilité, ni l'insouciance ne sont de la foi. Il y a
des personnes nonchalantes qui semblent traverser la vie en
ayant pour principe de prendre les choses par le bon côté. Ce
n'est pas de la foi. La foi regarde les difficultés en face; elle
voit très bien le côté pénible des choses. Elle n'est ni
ignorante, ni indifférente, ni insouciante, mais quoi ? Elle
introduit le Dieu vivant. Elle regarde à lui et s'appuie sur lui.
Tout, pour elle, découle de lui.
La foi est le grand principe de la vie divine, du
commencement à la fin. Nous sommes justifiés par la foi et
nous vivons par la foi; nous sommes de-bout par la foi, et
nous marchons par la foi. Du début à l'issue de la course, tout
est par la foi.
Il n'y a pas de limites aux bénédictions dont nous
pourrions jouir, si nous comptions davantage sur Dieu.
«Toutes choses sont possibles à celui qui croit» (Marc 9, 23).
Dieu ne nous dira jamais: «Tu as assez reçu; tu attends trop».
Impossible, car c'est sa joie de répondre aux espérances les
plus vastes de la foi. «Ouvre ta bouche toute grande, et je la
remplirai» (Ps. 81, 10). Les trésors inépuisables du ciel sont
ouverts à la foi. «Quoi que vous demandiez, en priant, si
vous croyez, vous le recevrez» (Mat. 21, 22).
La foi n'hésite ni ne doute; l'incrédulité est toujours
hésitante et chancelante, c'est pourquoi elle

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ne voit jamais la gloire de Dieu, ni sa puissance. Nous
n'avons aucune idée de combien de bénédictions elle nous
prive.
Vouloir marcher sur le sentier de la foi avec une mauvaise
conscience est une chose des plus dangereuses. Ce n'est que
lorsque nos reins sont ceints de vérité et que nous avons
revêtu la cuirasse de la justice, que nous pouvons prendre le
bouclier de la foi.
Croire, c'est se reposer entièrement sur l'infaillibilité et sur
la fidélité de Dieu; c'est mettre au-dessus de toute certitude et
de toute garantie celles qui naissent de son témoignage; c'est
tenir chaque mot sorti de sa bouche comme plus substantiel
et plus réel que la réalité même.
La chose qui tourmenterait le plus un incrédule, est pour
l'homme de foi, le sujet de la plus grande joie de son coeur. Il
sera toujours prêt à s'écrier : «Mais toi, mon âme, repose-toi
paisiblement sur Dieu; car mon attente est en lui. Lui seul est
mon rocher» (Ps. 62, 5).
5. La prière
La prière est fondée sur l'immense privilège d'avoir avec
Dieu des intérêts communs.

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La simplicité dans la prière indique une foi sincère et la foi
sincère obtient ce qu'elle demande.
Une prière présentée au nom de Jésus ne saurait être
repoussée aussi longtemps que nous nous tenons dans les
limites du crédit que Jésus nous a ouvert par sa Parole. Si
nous demandons une chose qui n'est pas selon l'Écriture ou
qui n'est pas en accord avec la volonté de Dieu, Christ lui-
même ne pourrait pas l'accomplir. Mais, «si nous demandons
quelque chose selon sa volonté, il nous écoute... et nous
savons que nous avons les choses que nous lui demandons».
Si nous demeurons en Christ (Jean 15, 7), nos prières
seront exaucées. Ce sera là une conséquence toute naturelle,
car nos désirs ne seront pas proprement les nôtres, mais ceux
de Christ, et nos de-mandes ne seront pas proprement les
nôtres, mais celles de Christ priant pour nous. Elles seront
par là même en harmonie avec la volonté de Dieu.
Si nous voulons être vainqueurs dans nos prières, soyons
sans merci pour nos infidélités. Aussi long-temps que nous
les caressons et que nous sommes pour ainsi dire en
contestation avec Dieu, il ne peut nous exaucer. Lorsque,
dans nos moments d'entretien avec notre Père céleste, une
chose s'interpose obstinément entre lui et nous, c'est qu'elle
entrave notre prière, — travaillons à la supprimer.

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La prière, dictée par l'Esprit Saint, cultive et développe
dans l'âme toutes les grâces de Dieu : l'humilité, par
l'expression sincère de nos misères, la foi, qui saisit alors
toutes les promesses de Dieu, seul garant de la prière;
l'espérance, qui jouit par avance de leur accomplissement;
l'amour, qui trouve ses délices à converser ainsi avec Dieu,
comme tout être aimant avec ceux qu'il aime. Oh! quel
rafraîchissement pour un enfant que de parler avec cette
confiance et cette liberté à son Père!
Prier pour les saints nous rend capables de discerner tout le
bien qui est en eux. Si nous priions davantage pour les saints,
nous aurions plus de joie en eux, et plus de courage pour ce
qui les con-cerne. C'est toujours un mal de perdre confiance
au sujet des saints. L'amour du Seigneur ne peut faillir; aussi
pourrons-nous compter sur cet amour avec joie et confiance.
« J'ai confiance à votre égard, par le Seigneur » (Gal. 5, 10).
«Étant assuré de ceci même, que celui qui a commencé en
vous une bonne oeuvre, l'achèvera jusqu'au jour de Jésus
Christ» (Phil. 1, 6).
Dieu agit par nos prières. Nourrissons-nous de la Parole de
Dieu. Elle est l'aliment de la prière. La prière doit baigner
tout ce que nous faisons. Car sans la prière, il n'y a pas de
fruit.
«Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai... Si
vous demandez quelque chose en mon

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nom, moi, je le ferai» (Jean 14, 13-14). Jésus ré-pète sa
promesse deux fois: Je le ferai! Il promet d'agir en réponse
à nos prières. Demander en son nom, c'est réclamer ce que
lui-même demande, ce que lui-même désire, ce qui est pour
la gloire du Père. Une fois parvenus à la certitude que notre
requête est selon la volonté de Dieu et le glorifie, nous
pouvons prier avec persévérance jusqu'à ce que nous
voyions l'exaucement. Car il a dit: Je le ferai.
La vraie manière de prier sans cesse me paraît être avant
tout une attitude du coeur, une conscience si vive de notre
impuissance que nous lançons sans cesse un appel à Christ
pour qu'il subvienne à nos immenses besoins.
«Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit
accomplie» (Jean 16, 24). En effet, pour celui qui juge
spirituellement des choses, une prière exaucée n'est pas
seulement le don d'une bénédiction particulière; il y voit
infiniment plus : c'est pour lui un gage de sa communion
avec le Père et avec le Fils, une preuve qu'il est admis dans
leur conseil; et encore là, quelle source ineffable de joie!
A quoi sert de mettre vos difficultés entre ses mains, si,
l'instant d'après, vous les reprenez dans

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— 114 —
les vôtres? Dieu veut que nos coeurs soient aussi libres de
soucis que nos consciences de péché.
Prier, c'est ne rien attendre que de Dieu; tenir
incessamment notre âme ouverte devant lui; exposer au Père
nos besoins, nos craintes, nos peines, nous mettre
continuellement entre ses mains; accepter d'avance tout ce
qu'il lui plaira de dispenser; gémir devant lui dans le
sentiment de notre faiblesse; nous placer sous les rayons de
sa lumière, sous la rosée de ses grâces; nous abriter sous sa
miséricorde, nous réchauffer sur son coeur; voilà la grâce des
grâces; aucun vent, aucun orage n'éteindra la lampe de celui
qui prie.
Les événements n'inquiètent pas Dieu. Ils n'ébranlent ni
son trône, ni son coeur, mais accomplissent toujours ses
desseins. Dieu est amour pour nous; nous sommes, par la
grâce, les objets de ses tendres soins; il nous entend et
incline son oreille pour nous écouter. En toutes choses donc,
au lieu de nous inquiéter et de peser les choses dans nos
propres coeurs, nous devons présenter nos requêtes à Dieu
avec prière, avec supplication, avec un coeur qui se met à nu.
Lorsque nous avons jeté notre fardeau sur Celui dont rien ne
peut troubler la paix, sa paix garde nos coeurs. Notre trouble
est devant lui, et la paix constante du Dieu d'amour qui se
charge de tout et sait tout d'avance, tranquillise notre coeur
déchargé et nous communique la paix qui est en lui.

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— 115 —
— 6. La communion
La proximité morale à l'égard de Dieu et la communion
avec lui, sont les seuls moyens de croître réellement dans la
connaissance de ses voies et des bénédictions dont il fait part
à ses enfants, parce que c'est la seule position dans laquelle
on peut les saisir, ou dans laquelle on en est moralement
capable. Toute conduite qui ne convient pas à cette proximité
de Dieu, toute pensée légère que sa présence ne comporte
pas, nous font perdre ces communications de la part de Dieu
et nous rendent incapables de les recevoir.
La foi, l'espérance et l'amour forment notre caractère,
comme chrétiens (1 Cor. 13, 13; 1 Thess. 1, 3; 5, 8; Col. 1, 4-
5); mais ce caractère ne saurait se former en nous sans avoir
des objets, qui sont Jésus et Dieu. Le coeur s'appuie par la
foi sur sus, l'attend, compte sur lui, se rattache à lui dans sa
marche. Jésus a marché ici-bas; il nous représente dans le
ciel; il nous soigne, comme le bon Berger; il aime les siens;
il les nourrit et les chérit: notre foi et notre espérance l'ont
toujours en vue. La conscience se tient devant Dieu, notre
Père: ce n'est pas un esprit de crainte; il n'y a aucune in-
certitude quant à notre relation avec lui ; nous sommes les
enfants d'un Père qui nous aime parfaitement; mais nous
sommes devant Dieu. Sa lumière a autorité et force dans la
conscience; nous mar-

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— 116 —
chons avec la certitude que les yeux de Dieu sont sur nous,
en amour, mais sur nous, et la lumière manifeste tout. Elle
juge tout ce qui pourrait affaiblir la douce et paisible
réalisation de la présence de Dieu, notre communion avec
Jésus, notre con-fiance en lui, et l'intimité des entretiens de
nos âmes avec le Sauveur.
Parlez-lui, ne soyez jamais satisfaits sans être en état de
marcher et de parler avec Christ, comme avec un intime ami.
Ne soyez satisfaits que de rapports intimes avec celui qui
vous a aimés d'un tel amour!
Tout ce que nous faisons devrait être l'expression de
l'attachement de notre coeur à Christ et sa manifestation aux
autres. Quand je tourne mes yeux vers Jésus, quand je
contemple toute son obéissance, sa pureté, sa grâce, sa
tendresse, sa patience, son dévouement, sa sainteté, son
amour, l'absence complète chez lui de toute recherche de soi-
même, je peux dire: voilà ma vie. C'est une immense grâce.
Il est possible que cette vie soit obscurcie en moi; mais il
n'en est pas moins vrai que c'est ma vie. Oh! combien j'en
jouis quand je la contemple ainsi! Combien j'en bénis Dieu!
Quel repos pour l'âme! Quelle joie pure pour le coeur! En
même temps, Jésus lui-même est l'objet de mes affections; et
toutes mes affections sont formées d'après ce saint objet.

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— 117 —
Si l'on a les yeux sur Christ, tout est facile: sa communion
donne de la clarté et de la certitude, et vaut tout le reste, tout
ce que, peut-être, nous perdons.
Comment le sarment porte-t-il du fruit? Ce n'est pas en
faisant un effort incessant pour recevoir l'air et le rayon de
soleil. C'est simplement en demeurant attaché au cep, dans
une union silencieuse et paisible, et les fleurs et les fruits
apparaissent comme par une croissance spontanée.
Comment un chrétien portera-t-il du fruit? Par des efforts
et des luttes pour obtenir ce qui est librement donné? Par des
méditations sur la vigilance, sur la prière, sur l'activité, sur la
tentation et sur les dangers? Non! Il doit y avoir une
concentration totale des pensées et des affections sur Christ,
un abandon de l'être tout entier, entre ses mains; un regard
constant sur lui pour recevoir sa grâce.
En cherchant avec ardeur le Seigneur et sa grâce, la
puissance divine opère pour nous délivrer. nous libérer et
nous faire trouver nos délices en Christ; cette jouissance
nous sépare du mal et du monde.
Les pensées de l'homme à l'égard de la bénédiction sont
trop souvent limitées aux choses de la terre, alors que la
vraie bénédiction consiste à con-

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118 —
naître Dieu. Le connaissons-nous plus intimement qu'aucun
ami sur cette terre, de telle sorte que notre âme s'épanouit
dans sa présence qui ne nous apporte aucune contrainte, mais
nous remplit d'une bénédiction ineffable? Une telle
bénédiction est inconnue de ceux qui s'accommodent de ce
que le Seigneur ne saurait agréer, et qui pensent que des
mots, de simples mots auxquels rien ne correspond dans leur
vie, une profession sans pratique, la vérité dans la tête mais
sans réalité dans le coeur, suffisent devant Celui qui est aussi
le Saint et le Véritable. Plus sa présence sera réalisée et
manifestée, plus elle apparaîtra incompatible avec tout ce qui
est opposé à sa nature et ne répond pas à la perfection de son
être.
Ceux qui ont été amenés à Dieu par l'efficace du sang de
Christ et par l'onction du Saint-Esprit, doivent se mouvoir
dans une sphère hors de la portée des influences naturelles.
La proximité de Dieu donne à l'âme une telle intuition de
toutes ses voies, un tel sentiment de la justice de toutes ses
dispensations, que nous pouvons rendre culte en sa présence,
même alors qu'un coup de sa main nous a enlevé l'objet de
notre plus tendre affection.
Le sanctuaire n'est pas un lieu que le chrétien doive visiter
occasionnellement, mais un lieu dans lequel il doit
habituellement servir et adorer. C'est

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— 119 —
la sphère dans laquelle il doit «vivre, se mouvoir et être».
Plus nous vivons en la présence de Dieu, et moins nous
pouvons souffrir d'en être éloignés; et aucun de ceux qui
connaissent le bonheur d'y être ne se permettra légèrement
quoi que ce soit qui l'en priverait. Il n'y a pas sur toute la
terre un seul objet qui, au jugement d'un coeur spirituel,
puisse équivaloir à une heure de communion avec Dieu.
Si nous désirons jouir de l'approbation et de la présence de
Dieu, il faut que nous cherchions par la foi à agir
conformément à l'appel céleste; c'est-à-dire que nous devons
chercher à arriver, en expérience, en pratique et en caractère
moral, à ce à quoi Dieu nous appelle, savoir à une pleine
communion avec son Fils unique: une communion avec lui
dans sa réjection ici-bas, — une communion avec lui dans
son acceptation dans le ciel.
Si la communion nous est peu familière, ne nous
contentons pas de notre mesure et, d'autre part, ne nous
décourageons pas. Dieu a pourvu à toute notre incapacité et à
tous nos manquements par la
sacrif icature de Christ.
Vivons dès maintenant avec Jésus dans les régions
célestes; regardons toutes choses terrestres de cette altitude,
dans leur vraie perspective.

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— 120 —
«Qui est celle-ci qui monte du désert, s'appuyant sur son
bien-aimé?» (Cant. 8, 5). Monter, monter toujours plus haut!
Du désert, hors du désert, loin du désert, appuyé sur Christ.
Oh! la joie de ne plus être seul, la joie indicible de connaître
une intimité grandissante avec lui, de s'appuyer sur lui d'au-
tant plus qu'on est faible, ignorant de l'avenir, incapable de se
diriger seul!
Accepter ce qu'on ne comprend pas, se sou-mettre à ce
qu'on ne s'explique pas, croire ce qui paraît impossible,
marcher dans un chemin dont l'issue nous est cachée, voilà
les premières leçons qu'il faut apprendre à l'école de Dieu.
(‹Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes
disciples; et vous connaîtrez la vérité» (Jean 8, 31-32). Le
vrai disciple commence par suivre le Seigneur, et la
connaissance vient par sa communion avec lui.
Rien n'est plus favorable à la communion avec Jésus, que
la tranquillité d'âme. Dans cet état seulement, nous pourrons
obtenir la docilité qui permet au Seigneur de nous révéler ses
secrets et de nous montrer notre chemin.
Par contemplation, j'entends celle de Jésus Christ. C'est un
regard simple, filial, assidu sur Jésus Christ. Contempler
Jésus Christ, c'est vivre avec Jésus Christ, faire sa société de
Jésus Christ,

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— 121 —
s'accompagner de son souvenir, s'envelopper de sa présence,
lui rapporter toutes nos pensées et tous nos desseins, remplir
de lui notre esprit et notre âme...
«Je puis toutes choses en celui qui me fortifie» (Phil. 4,
13). Douce et précieuse expérience, non seulement parce
qu'elle rend capable de faire face à toutes les circonstances
— ce qui est d'un grand prix — mais parce que le Seigneur
est connu comme l'ami constant, fidèle et puissant, du coeur.
Ce dont nous avons besoin, c'est de savoir que nous
sommes sauvés. L'Israélite ne savait pas seulement que le
sang était une sauvegarde, il savait que lui était en sécurité.
Et pourquoi? Était-ce en vertu de quelque chose qu'il eût fait,
senti ou pensé? Nullement, mais parce que Dieu avait dit:
«Je verrai le sang et je passerai par-dessus vous». Il se
reposait sur le témoignage de Dieu; il croyait ce que Dieu
avait dit, parce que Dieu l'avait dit; «il scellait que Dieu est
vrai» (Jean 3, 33). Ce qui lui donnait la paix, c'était le fait
que l'oeil de Jéhovah reposait sur le sang, et l'Israélite savait
que Lui l'estimait à sa valeur. Si notre paix devait dépendre
de notre juste appréciation de la valeur du sang de Christ,
nous ne pourrions pas plus jouir

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— 122 —
d'une paix solide que si nous cherchions cette paix par des
oeuvres de loi. Ou bien le sacrifice de Christ est suffisant, ou
bien il ne l'est pas. S'il est suffisant, pourquoi ces doutes et
ces craintes? Tous ceux qui doutent de leur pardon parfait et
éternel nient, pour eux-mêmes, l'accomplissement et la
perfection du sacrifice de Christ. Mais de nombreuses
personnes se disent convaincues que le sang de Christ suffit
parfaitement aux besoins du pécheur, si seulement elles
étaient sûres d'avoir une part dans ce sang, si seulement elles
avaient la véritable foi. Elles sont occupées de leur foi et de
leurs sentiments, au lieu d'être occupées du sang de Christ et
de la Parole de Dieu; en d'autres termes, elles regardent au-
dedans d'elles-mêmes, au lieu de regarder en dehors, à
Christ. Ce n'est pas là la foi; et par conséquent, elles n'ont
point de paix. Or, l'Israélite, abrité sous l'aspersion du sang,
n'était pas sauvé par la valeur qu'il attachait au sang, mais
simplement par le sang. Le sang, avec sa valeur et sa divine
efficacité, était placé devant Israël; et si le peuple avait voulu
placer, ne fût-ce qu'un morceau de pain sans levain, à côté du
sang, comme fondement de sa sécurité, il aurait fait Dieu
menteur et nié la parfaite suffisance de son remède. C'est par
le sang de Christ que nous avons la paix, une justification
parfaite, la justice divine; c'est lui qui purifie la conscience,
lui qui nous introduit dans le Saint des Saints, qui fait que
Dieu est juste en recevant le pécheur qui croit, et lui qui nous

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— 123 —
donne droit à toutes les joies, à tous les honneurs, à toutes les
gloires du ciel.
C'est Jésus qui donne un repos permanent à nos âmes et
non pas ce que peuvent être nos pensées relativement à nous-
mêmes. La foi ne considère jamais ce qui est en nous comme
étant le motif du repos. Elle reçoit, aime et saisit ce que Dieu
a révélé et ce que sont les pensées de Dieu au sujet de Jésus,
dans lequel est son repos à lui.
C'est de Dieu lui-même que nous avons à apprendre quelle
est, à ses yeux, la vraie condition du croyant. Nous sommes
plus disposés à dire à Dieu ce que nous sommes en nous-
mêmes qu'à le laisser nous dire ce que nous sommes en
Christ. En d'autres termes, nous sommes plus préoccupés de
nos sentiments sur nous-mêmes que de la révélation que
Dieu nous fait de lui-même. Dieu nous parle en vertu de ce
qu'il est en lui-même et de ce qu'il a accompli en Christ.
Telle est la nature de cette révélation que la foi saisit et qui
remplit l'âme d'une parfaite paix.
Si l'expiation de Christ ne s'appliquait qu'aux péchés que
l'homme peut discerner et reconnaître, nous nous trouverions
bien éloignés du vrai fonde-ment de la paix. Nous avons
besoin de comprendre que le péché a été expié selon la
justice de Dieu — que les droits de son trône ont été
parfaitement

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satisfaits — que le péché, envisagé à la lumière de son
inflexible sainteté, a été divinement jugé. C'est là ce qui
donne à l'âme une paix durable. Une pleine expiation a été
faite pour les péchés d'erreur ou d'ignorance du croyant,
aussi bien que pour ses péchés connus. Le sacrifice de Christ
pose la base de ses relations et de sa communion avec Dieu,
selon l'appréciation divine que Dieu en fait. Il faut que le
coeur soit en repos devant Dieu, quant à la parfaite rémission
des péchés, avant que nous puissions l'adorer en Esprit et en
vérité. Si le sentiment de la culpabilité pèse sur la
conscience, il doit y avoir de la terreur dans le coeur et,
assurément, un coeur rempli de terreur ne peut pas être un
coeur heureux et adorant. Ce n'est que d'un coeur rempli de
ce doux et saint repos que procure le sang de Christ, qu'un
culte vrai et acceptable peut monter jusqu'au Père. Le même
principe s'applique à notre communion avec le peuple de
Dieu, à notre service et à notre témoignage au milieu des
hommes. Tout doit reposer sur le fondement d'une
conscience parfaitement purifiée, et cette conscience purifiée
repose sur la base de la parfaite rémission de tous nos
péchés, soit connus, soit ignorés.
Une preuve puissante que je demeure en Christ est la
tranquillité de mon esprit. Ma part est ail-leurs, et je poursuis
ma route. Aussi longtemps que nous demeurons en lui, notre
esprit demeure tranquille, quelles que soient les
circonstances. L'âme

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— 125 —
ne jouit pas du bonheur en Dieu pour elle-même seulement,
mais elle reflète aussi au dehors le caractère du lieu où elle se
tient.
Quand le coeur est en paix avec Dieu et qu'il n'a rien à se
reprocher, quand la volonté propre est tenue en échec, la paix
règne dans l'âme. On marche sur la terre, mais le coeur est
au-dessus de la terre, en communion avec de meilleures
choses ; on marche dans un esprit de paix avec les autres, et
rien ne trouble nos rapports avec Dieu. Il est le Dieu de paix.
La paix, la paix avec Jésus remplit le coeur.
Lorsque nous avons jeté notre fardeau sur Celui dont rien
ne peut troubler la paix, la paix garde nos coeurs. Notre
trouble est devant lui, et la paix constante du Dieu d'amour
qui se charge de tout et sait tout d'avance, tranquillise notre
coeur dé-chargé et nous communique la paix qui est en Lui.
Et cette paix surpasse toute intelligence, comme il surpasse
lui-même toutes les circonstances qui peu-vent nous
inquiéter. Quelle grâce que nos soucis mêmes fassent que
nous soyons remplis de cette merveilleuse paix, si nous
savons les apporter à Dieu qui est fidèle!
C'est l'oeuvre de Christ qui donne la paix à la conscience;
mais c'est une volonté soumise, l'absence de toute volonté
propre, qui, dans les grandes

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— 126 —
et les petites choses, nous donne la paix du coeur, tandis que
nous traversons les épreuves d'ici-bas.
Je ne connais pas une parole plus propre à remplir l'âme de
paix que celle-ci: «Ne vous inquiétez de rien» (Phil. 4, 6).
Combien souvent j'ai expérimenté la force de ces deux mots:
de rien!
La vie de victoire, c'est la cessation de toute vie propre, et
la conséquence, c'est le repos de nos âmes. La vie de
victoire, c'est Christ vivant en nous, agissant en nous. Entrer
dans le repos, c'est vivre dans une entière dépendance de
Dieu, comme Jésus a vécu, ne faisant rien de lui-même, ne
disant rien de lui-même.
Quelle source de paix de savoir que Dieu veille à notre
croissance, qu'il travaille lui-même à rendre parfaite notre
union avec Christ, éloignant ce qui peut nuire à cette union,
pourvoyant à ce qui peut la favoriser. Quel repos de remettre
enfin et complètement à ses soins notre vie en Christ, et de
sentir que tout ce que nous faisons pour demeurer plus
fidèlement dans son Fils, nos désirs, nos pensées, nos prières,
ne sont que la manifestation de son oeuvre en nous; car c'est
lui qui nous affermit, en nous portant à veiller, à attendre, à
travailler. Mais il ne peut accomplir cette oeuvre avec
puissance que lorsque nous cessons de l'entraver par nos
propres efforts, et acceptons par la foi la position dépendante
qui, en même temps qu'elle honoer-

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— 127 —
Dieu, ouvre le coeur à son action. Alors, au mi-lieu de la vie
bruyante et agitée du monde, des tentations subtiles et
incessantes du péché, au milieu des soucis journaliers et des
épreuves, même les plus grandes, l'âme, confiante, conserve
la paix, sachant que Dieu l'affermit en Christ.
Une des forces de la vie de la foi est renfermée dans ce
mot: maintenant. Savoir faire l'expérience que maintenant,
quelles que soient nos circonstances, l'oeuvre du salut
s'accomplit en nous, que maintenant Jésus nous appartient et
toutes choses en lui, que nous pouvons en disposer
maintenant, tel est le secret du repos et de la victoire. Au lieu
de chercher en vain à entrer dans un état d'âme durable qui
nous permette de demeurer en Christ d'une manière
permanente, commençons, par la foi, à y demeurer dans le
moment présent. Jésus nous gardera pour le moment suivant,
et nous arriverons par ce chemin à la communion de tous les
instants.
Quand l'âme se tient silencieuse en la sainte présence de
Dieu, elle reçoit des enseignements que ses propres efforts et
l'agitation de ses pensées ne lui avaient jamais laissé
entendre auparavant; et elle comprend toujours mieux que
son salut est dans ce repos intime: écouter, croire, veiller,
attendre de voir ce que Dieu fera; puis, dans la foi et
l'obéissance, se soumettre à l'action de Celui qui opère avec
puissance.

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Il semble qu'aucun message ne devrait nous être plus doux
et plus précieux que le commande-ment de rester tranquilles
et de nous tenir en repos, Dieu se chargeant de travailler pour
nous et en nous. Pourquoi avons-nous tant de peine à
l'accepter? Pourquoi sommes-nous si lents à comprendre que
la tranquillité de l'âme est une bénédiction, une force, une
source de grande activité, le secret de toute véritable vie en
Christ? Nombreux sont les dangers qui menacent ce repos de
l'âme.
Il y a d'abord la dissipation de l'âme, provenant d'une
préoccupation inutile ou trop grande des intérêts du monde.
Chacun de nous a sa vocation terrestre; et, dans le cercle
prescrit par Dieu, l'intérêt pour notre travail et pour ce qui le
concerne est un devoir. Mais, même en cela, le chrétien a
besoin de vigilance et de modération. Nous devons veiller
davantage encore à une sainte réserve dans les choses qui ne
sont pas absolument imposées par Dieu. Si demeurer en
Christ est réellement notre premier but, prenons garde à cette
excitation inutile; prenons garde, même dans les choses
nécessaires et légitimes, au pouvoir extraordinaire qu'elles
ont d'absorber tellement l'âme, qu'il lui reste peu de force et
peu de goût pour la communion avec Dieu. L'inquiétude et
les soucis au sujet des choses terrestres, tendent
constamment à détruire la vie confiante, et rendent l'âme
semblable à une mer agitée. Dans cet état, il est impossible
d'entendre le son doux et subtil de l'Esprit.

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— 129 —
L'esprit de crainte et de méfiance dans les choses
spirituelles, n'est pas moins nuisible; de même le trouble
provenant de ce que nous cherchons dans nos propres
efforts et dans nos propres efforces, les bénédictions
spirituelles qui ne viennent que d'En haut.
Comment le coeur angoissé peut-il être tranquille et
l'esprit inquiet calmé? Que me faut-il? Il me faut du repos.
Comment le trouverai-je? En m'inclinant et en prenant sur
moi le joug précieux de Christ qu'il porta lui-même dans les
jours de sa chair; joug d'une entière soumission à la volonté
de Dieu. Il faut que je puisse dire, sans la moindre
restriction, et du plus profond de mon coeur: «Ta volonté
soit faite, ô Dieu!» Il faut que j'aie un sentiment si réel de
son amour parfait envers moi et de son infinie sagesse dans
toutes ses voies à mon égard, que je n'y voudrais rien
changer, lors même que je le pourrais.
Combien de difficultés disparaîtraient dans les détails de
notre vie journalière, que de doutes seraient éclaircis, si
nous attendions la direction divine au lieu d'essayer d'agir
sans elle. Si je n'ai pas de lumière pour avancer, mon devoir
est de rester tranquille. Nous ne devrions jamais nous
mouvoir
dans
l'incertitude.
Souvent
nous
nous
tourmentons, pour savoir si nous devons aller ou agir,
quand Dieu veut que nous restions tranquilles et ne

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— 130 -
fassions rien. Nous consultons Dieu, mais nous ne recevons
pas de réponse; nous demandons conseil à nos amis, ils ne
peuvent nous aider, car c'est une question entre notre âme
et le Seigneur. Nous voilà donc plongés dans le doute et
l'anxiété, uniquement parce que l'oeil n'est pas simple,
parce que nous ne suivons pas Jésus, «la lumière du
monde». C'est un principe certain dans la vie divine, que si
nous suivons Jésus, nous aurons la lumière de la vie. Il l'a
dit, et, pour la foi, cela suffit.
8. La joie
Là où est la volonté du Seigneur, il y a du bon-heur.
Christ est notre joie, mais c'est dans le chemin de sa
volonté que nous trouvons la jouissance de son amour.
C'est là que nous découvrons en lui une source de joie
profonde et ineffable. Lui-même est notre trésor.
Que Christ soit littéralement notre tout, voilà le seul
secret de la puissance, le seul fondement d'une joie
immuable.
Notre christianisme ne devrait pas être une religion de
regrets, mais une joie continuelle du coeur.
«Réjouissez-vous toujours; priez sans cesse, en toutes
choses rendez grâces» (1 Thess. 5, 16-17).

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— 131 —
Il y a un lien plus intime entre ces trois états d'âme que nous
ne sommes généralement disposés à l'admettre. La joie
grandit toujours en proportion de la prière et des actions de
grâces.
Obéir constamment à ces trois commandements de 1
Thess. 5, 16-17, c'est vivre sur un plan supérieur. C'est
donner la preuve d'une vie de victoire. Il est bon de
s'appliquer ce thermomètre spirituel et de se poser la
question: suis-je toujours joyeux? Est-ce que je prie sans
cesse et rends grâces en toutes choses?
Quand un voile s'élève entre nous et Dieu, lors-que
quelque chose ne va pas, la première bénédiction que
l'ennemi nous enlève, c'est notre joie. Jésus voulait que nous
possédions sa joie parfaite, et il a prié pour cela.
Cette joie est compatible avec les plus grandes
souffrances, puisqu'il la possédait au moment de sa passion.
C'est cette joie-là qu'il veut nous donner. Le plus merveilleux
est de l'entendre nous dire: «Personne ne vous ôte votre
joie». Cette joie de Christ doit devenir pour nous un trésor
inattaquable, inviolable, que personne ne peut nous en-lever.
9. L'espérance
Le chrétien ne cherche pas la justice devant Dieu comme
un homme qui ne la possède pas: il

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— 132 —
est la justice de Dieu en Christ, et Christ lui-même est la
mesure de cette justice. La foi se repose dans cette justice
comme Dieu y trouve son repos. La gloire dans laquelle
Christ se trouve est la juste récompense de cette justice,
comme elle en est la preuve. «Car nous, par l'Esprit, sur le
principe de la foi, nous attendons l'espérance (la gloire
espérée) de la justice» (Gal. 5, 5). Pour nous, c'est par la foi,
car nous n'avons pas encore la chose espérée, savoir la gloire
due à la justice qui est nôtre; mais Christ la possède, de sorte
que nous savons ce que nous espérons. C'est par l'Esprit que
nous con-naissons cette gloire, et que nous avons l'assurance
de la justice qui nous donne le droit de la posséder.
Si nous apprécions son amour, l'attente de nos coeurs,
remplis de lui, débordera nécessairement dans nos entretiens.
Craindre le Seigneur, penser à lui, l'attendre en parlant de lui
l'un à l'autre, garder fidèlement sa Parole.
Le fait du retour de Jésus se rattache à toutes les relations
spirituelles de nos âmes, se déploie dans toutes les
circonstances de la vie chrétienne. On est converti pour
attendre le Fils de Dieu; la joie des saints dans le fruit de
leurs travaux se trouve accomplie dans la présence du
Sauveur ; c'est à la venue de Christ que la sainteté a toute sa
valeur, sa vraie mesure étant vue dans ce qui est

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manifesté alors; la venue de Jésus est la source de
consolation pour le chrétien s'il vient à mourir ; c'est pour la
venue de Christ encore que Dieu garde tous les siens en
sainteté et sans reproche.
Lorsque tous les orages auront pris fin, la splendeur de la
gloire, pour laquelle le Seigneur nous prépare, brillera sans
nuages, et cette splendeur sera lui-même. Oh! combien est
précieux l'amour, l'amour de Jésus, qui nous aura amenés
dans sa gloire, pour y être toujours avec lui!
Si nos coeurs entretiennent l'espérance constante du retour
du Seigneur, nous mettrons peu de prix à toutes les choses
terrestres. Il est moralement impossible que nous puissions
être dans l'attitude de l'attente du Fils venant du ciel, et que
nous ne soyons pas détachés de ce monde. On peut adopter
la doctrine du retour du Seigneur et n'en être pas moins un
homme du monde; mais celui qui vit dans l'attente habituelle
de l'apparition de Christ, ne peut qu'être séparé de ce qui sera
jugé et détruit quand Il viendra.
Une grande partie de notre faiblesse à attendre la venue
du Seigneur vient du manque de jouissance de nos relations
avec lui. L'intensité du désir, jointe à la connaissance du lien
qui fait de nous un tout, produit une attente réelle.

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— 134 —
Le moyen de voir s'affermir et se vivifier en nous
l'espérance, n'est pas seulement de la retenir fortement dans
l'âme, mais encore de l'exercer, de s'occuper fréquemment de
ce qui en fait l'objet, de «lever la tête parce que la
rédemption approche» (Luc 21, 28). L'espérance, comme
toutes les vertus, se fortifie par l'exercice, et, en se fortifiant,
elle agit davantage et parvient à dominer tous les doutes et
les pensées vaines de l'esprit.

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Table des matières
Avant-propos.....................................................5
I. L'amour de Dieu .........................................7
II. Christ
1. Sa Personne .................................................10
2. Son oeuvre ....................................................14
3. La position du croyant en Christ . ................23
4. Christ en vous ..............................................30
III. Marcher en Christ (Col. 2, 6)
1. L'obéissance ................................................36
2. L'amour .......................................................42
3. La vigilance ..................................................45
4. L'humilité ....................................................46
5. Le service .....................................................48
6. Le témoignage .............................................54
7. Jusqu'a Lui ...................................................55

Page 134
IV. Le combat chrétien
1. Satan .............................................................59
2. La chair .........................................................61
3. Le monde ......................................................65
4. La loi ............................................................71
5. Lutte et victoire ............................................75
6. Chutes et restauration ...................................78
7. La sanctification ...........................................80
8. Souffrance ....................................................88
V. Les ressources du croyant
1. Le ministère de Christ ..................................94
2. Le ministère du Saint-Esprit .........................97
3. La Parole de Dieu .........................................101
4. La foi ............................................................105
5. La prière .......................................................110
6. La communion .............................................115
7. Paix et repos .................................................121
8. La joie ...........................................................130
9. L'espérance ...................................................131