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ENRACINES ET EDIFIES
EN
LUI
(Col.
2, 7)
En vente aux
ÉDITIONS BIBLES ET TRAITÉS CHRÉTIENS, VEVEY
1964
Imprimé en Suisse

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Avant-propos
« Les lèvres du juste en repaissent plusieurs » (Prov. 10,
21)
Au cours de mes lectures, j'ai pris l'habitude, depuis
quelques années, de .noter les pensées qui me paraissaient
particulièrement édifiantes, afin de pouvoir les méditer de
nouveau ultérieurement. J'en ai recueilli une telle
bénédiction qu'il m'a paru utile, après en avoir référé à
quelques frères expérimentés, de publier ces notes, dans
l'idée qu'elles pourraient être utiles à d'autres personnes,
Afin de rendre la lecture de ces pensées aussi profitable
que possible, je les ai groupées par sujet. Puisse ce recueil
contribuer à affermir la foi du lecteur et l'aider à croître
dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et
Sauveur Jésus Christ !
Berne, septembre 1964.
Marc Tapernoux.

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Table des matières
Avant-propos.....................................................5
I. L'amour de Dieu .........................................7
II. Christ
1. Sa Personne .................................................10
2. Son oeuvre ....................................................14
3. La position du croyant en Christ . ................23
4. Christ en vous ..............................................30
III. Marcher en Christ (Col. 2, 6)
1. L'obéissance ................................................36
2. L'amour .......................................................42
3. La vigilance ..................................................45
4. L'humilité ....................................................46
5. Le service .....................................................48
6. Le témoignage .............................................54
7. Jusqu'a Lui ...................................................55

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IV. Le combat chrétien
1. Satan .............................................................59
2. La chair .........................................................61
3. Le monde ......................................................65
4. La loi ............................................................71
5. Lutte et victoire ............................................75
6. Chutes et restauration ...................................78
7. La sanctification ...........................................80
8. Souffrance ....................................................88
V. Les ressources du croyant
1. Le ministère de Christ ..................................94
2. Le ministère du Saint-Esprit .........................97
3. La Parole de Dieu .........................................101
4. La foi ............................................................105
5. La prière .......................................................110
6. La communion .............................................115
7. Paix et repos .................................................121
8. La joie ...........................................................130
9. L'espérance ...................................................131

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I. L'amour de Dieu
L'on ne peut avoir en Jésus une foi réelle, sans aimer sa
Personne, parce qu'il est la pleine expression de l'amour de
Dieu, amour dont la perfection ne se trouve nulle autre part.
Christ s'est abaissé au plus bas, afin qu'il n'y eût aucun être
humain, fût-ce le plus misérable, qui ne sentît que Dieu était
près de lui en bonté, entièrement accessible pour lui, venu
jusqu'à lui. L'amour de Dieu a ainsi trouvé dans la misère de
l'homme l'occasion de son parfait exercice, l'occasion de
montrer qu'il n'y a aucun besoin où il ne se trouve pas
présent et auquel il ne puisse ré-pondre.
Nous avons besoin d'être constamment renouvelés, sinon
l'énergie spirituelle ne se maintient pas. Ce n'est pas le
progrès dans la connaissance qui opère ce résultat; ce qui
importe, c'est que nous demeurions près de Dieu. C'est là que
l'amour, son amour agissant dans nos âmes, se maintient et
se développe.
Si nous connaissions un peu plus la consolation et la joie
qu'il y a à nous désaltérer à la plénitude de l'amour de Dieu,
nous sentirions que les circonstances sont le néant même.

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Il y a, dans l'essence divine, deux perfections infinies que
l'Esprit Saint résume de la manière suivante: Dieu est amour,
Dieu est lumière. Ces deux côtés de sa gloire ne doivent pas
être confondus et sont aussi importants l'un que l'autre.
Chacun d'eux a sa manifestation dans les actes et les voies de
Dieu envers l'homme. L'amour de Dieu prend envers lui le
caractère de grâce, à cause de son état de péché qui rend
nécessaire le déploiement de cette grâce. La lumière se
manifeste dans une sainteté infinie qui repousse le mal et le
juge. La croix a été la manifestation parfaite de ces deux
aspects de la gloire de Dieu; elle a permis à Dieu de sauver le
pécheur, en ôtant le péché par la mort expiatoire du
Rédempteur. Reçue par la foi, la vie nouvelle communiquée
par le Saint-Esprit au croyant a les caractères de sa source.
Elle vient de Dieu; elle aime, prouvant ainsi son origine
divine: «Qui-conque aime est né de Dieu et connaît Dieu» (1
Jean 4, 7). L'amour est donc le fruit et la manifestation de la
nature divine qui, en nous, a les mêmes caractères qu'en
Celui qui en a été ici-bas l'expression parfaite. L'autre
caractère fondamental de la nature divine, la lumière, fait des
rachetés des «enfants de lumière», appelés à manifester cette
lumière dans les fruits qu'elle produit: «Or le fruit de la
lumière consiste en toute bonté, justice et vérité» (Eph. 5, 9).
«Mon fils... était perdu, et il est retrouvé»— voilà le
coeur de la parabole de Luc 15. Il n'est

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pas question de ce que le fils a souffert, mais de ce que le
père a perdu. C'est lui qui souffre; c'est lui qui perd. Une
brebis est perdue: Qui en supporte la perte? Le berger. Une
pièce d'argent est perdue : Qui en supporte la perte ? La
femme. Un fils est perdu : Qui en supporte la perte ? Le père.

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II. Christ
1. Sa Personne
Le Fils de l'homme est un titre d'une signification très
étendue. Il exprime l'homme dans sa perfection, un homme
selon Dieu. Il nous dit, en quel-que sorte, que l'homme se
tient comme un être nouveau en Jésus, et qu'en Lui, se voit la
beauté humaine et morale dans toute sa plénitude. Mais ce
n'est pas seulement toute cette perfection morale qui est
exprimée dans ce titre de « Fils de l'homme », ce sont toutes
ses souffrances et toutes ses gloires se rapportant à lui
comme tel. Comme Fils de l'homme, il fut humilié (Ps. 8),
mais comme tel il est aussi exalté à la droite de la Majesté
dans le ciel (Ps. 80)'. Comme tel, il n'avait pas un lieu où
reposer sa tête (Luc 9, 58), mais comme tel aussi, il vient à
l'Ancien des jours pour prendre le royaume (Dan. 7, 13). Le
jugement lui est donné comme tel (Jean 5). Il est prophète,
sacrificateur et roi comme tel, héritier et Seigneur de toute
chose, Tête et Époux de l'Église. Comme Fils de l'homme, il
a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés (Mat. 9, 6)
et il est le Seigneur du sabbat (Marc 2, 28), bien qu'il doive
rester trois jours

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et trois nuits dans le sein de la terre (Mat. 12, 40). Comme
Fils de l'homme, il était le semeur fatigué, et il sera
comme tel le glorieux moissonneur de la moisson. Il a été
crucifié et ressuscité comme tel (Mat. 17, 9, 22, 23). Mais
comme Fils de l'homme, il avait constamment sa propre
place dans le ciel (Jean 3, 13-14). Et comme le Fils de
l'homme, il est le centre de toutes choses, célestes et
terrestres (Jean 1, 52)
Ainsi ce titre du Seigneur a une portée très étendue et
très élevée; il se lie étroitement à sa personne avec toutes
ses douleurs, mais aussi avec toutes ses dignités, excepté
naturellement ce qu'il possède en lui-même comme étant
«Dieu sur toutes 7 choses béni éternellement». Il est
l'Homme oint, le temple humain sans souillure, élevé au
commencement par le Saint-Esprit, puis rempli par lui
(Luc 1, 35; 4, 1). Il est l'Homme abaissé qui chemina dans
la douleur ici-bas jusqu'à la mort de la croix (Phil. 2). Il
est l'Homme exalté, couronné maintenant de gloire et
d'honneur et qui bientôt aura tout pouvoir (Héb. 2).
«Le chef du monde vient, et il n'a rien en moi.» Homme
parfait, descendu du ciel pour accomplir la volonté de Dieu,
Christ a marché au milieu de la souillure de ce monde sans
en être atteint; il a subi tous les assauts de l'ennemi et la
haine des hommes; il est arrivé au terme de sa course dans
ses perfections absolues, aussi propre pour rentrer dans

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la gloire que lorsqu'il la quitta, sans avoir besoin de passer
par la mort.
Le Seigneur Jésus est en lui-même le résumé de toutes les
beautés et de toutes les perfections possibles.
Dans quelque relation que notre bien-aimé Seigneur nous
soit présenté, quelque office qu'il remplisse, quelque oeuvre
qu'il accomplisse, quelque position qu'il occupe, ses gloires
personnelles rayonnent de tout leur éclat divin.
Le Seigneur Jésus ne fut jamais plus visiblement présenté
comme «le saint de Dieu» que lorsqu'il fut fait péché sur le
bois maudit. L'odieux et la noirceur de ce avec quoi il était
identifié sur la croix, ne servait qu'à faire ressortir plus
claire-ment qu'il était «très saint». Quoique portant le péché,
il était sans péché. Quoique endurant la colère de Dieu, il
était les délices du Père. Quoique privé de la clarté de Dieu,
il habitait dans le sein du Père.
La vision de Jésus crucifié, la vision de Jésus ressuscité et
glorifié, voilà ce qu'il nous faut. Voilà ce qui produira dans
notre vie des fruits bénis, des oeuvres bénies. C'est en
contemplant Christ que nous sommes transformés, de gloire
en gloire, à son image. Que cette vision nous soit donnée, et

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que nous puissions refléter quelque chose de sa lumière!
Au ciel, tout regard sera fixé sur Jésus, tout coeur sera
occupé de Jésus, le seul cri éternel, universel et unanime
sera: «Tu es digne».
Dans le Christ Jésus, «autant il y a de promesses de Dieu,
en lui est le oui et en lui l'amen, à la gloire de Dieu, par
nous». Il n'y a pas de «non» quand il s'agit de Christ. Tout
est «oui», tout est divinement établi et fixé.
La prérogative de la foi chrétienne consiste en ceci, que
tout ce qu'elle a et tout ce qu'elle offre est concentré dans une
Personne. C'est ce qui fait sa force, alors que tant d'autres
choses ont prouvé leur faiblesse. Elle n'a pas simplement une
délivrance, mais un Sauveur; non la rédemption seulement,
mais un Rédempteur. Et quelle différence entre nous
soumettre à un ensemble de règles et nous jeter sur un coeur
qui bat, entre accepter un système et nous attacher à une
Personne ! Notre bénédiction consiste en ce que nos trésors
sont amassés dans une Personne qui n'a pas été seule-ment
pour une génération, dans un Docteur pré-sent et un Seigneur
vivant pour toutes les générations successives, Celui qui a
été mort, mais qui est présent et vivant pour tous.

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Dans les relations du Seigneur Jésus avec le monde qui
l'entourait, nous le voyons à la fois comme un Victorieux, un
Souffrant, et un Bienfaiteur. Quelles gloires morales brillent
dans un tel ensemble! Il a vaincu le monde, refusant toutes
ses séductions. Il a souffert de sa part, rendant témoignage
contre sa manière de faire. Il lui faisait du bien, en dispensant
incessamment le fruit de sa grâce et de sa puissance. Les
tentations de ce monde firent de lui un Vainqueur, ses
souillures et ses inimitiés en firent celui qui souffrait, ses
misères en firent un Bienfaiteur. Quel concours merveilleux!
2. Son oeuvre
Nos sentiments ne sont pas à la mesure de ce que Dieu est
envers nous; tout est absolument accompli; nous ne pouvons
rien ajouter par notre joie ou notre affliction à l'oeuvre
parfaite de Christ. Ce n'est pas ce que nous pensons de
l'oeuvre de Christ, mais ce que Dieu en pense, qui sauve; et
notre connaissance, par la foi, de ce que Dieu en pense, nous
donne la paix. Dieu dit aux Israélites en Égypte, non pas:
Lorsque vous verrez le sang, je passerai par-dessus vous,
mais: «Quand je verrai le sang». C'est lui qui a été offensé,
c'est lui qui juge et c'est lui qui a accepté la rançon en justice
comme il l'a donnée en amour. Il est fidèle et juste pour nous
pardonner. Christ a fait la paix par le sang de sa croix. Il a
tout fait et ne nous a

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rien laissé à faire, sinon à lui rendre grâces et à le louer. Afin
que tout puisse être grâce, Dieu a voulu que ce soit par la foi
que nous saisissions le salut, et quoique la foi produise
d'immenses effets, elle n'ajoute rien à la chose qu'elle croit.
Christ et l'efficacité de son oeuvre doivent être et sont devant
Dieu tout ce que je suis appelé à croire qu'ils sont, avant que
je le croie.
Tout ce que la mort peut nous faire, c'est de nous retirer
de la scène où elle exerce sa puissance, pour nous faire entrer
dans celle où elle n'a aucune puissance. Au lieu de craindre
la mort, nous rendons grâces à Celui qui nous a donné la
victoire par Jésus.
La puissance de Dieu lui-même, telle qu'elle a agi en
Christ lors de sa résurrection, opère en nous pour nous
donner la nouvelle position dans la vie. Cette vie implique,
par le fait même que nous la recevons, que nous sommes
pardonnés parfaite-ment et pour toujours. Nous étions sous le
poids de nos péchés, et morts dans nos péchés: Christ s'est
placé sous ce poids, et il est mort pour nous. En ressuscitant,
Christ a laissé derrière lui la mort et le poids de la
condamnation sous laquelle nous étions; nous aussi, nous
avons été ressuscités avec Lui. Nous avons donc, comme Lui
et avec Lui, laissé tout ce poids de péchés et de
condamnation derrière nous, avec la mort dont nous avons
été

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délivrés. Ainsi, Dieu nous fait sortir de la mort et de la
condamnation, avec Christ qui les a subies pour nous.
Quelle valeur a, pour Dieu, le sang de l'Agneau! Qui, sur
la terre, pourrait décrire la puissance sanctifiante et
rédemptrice du sang de Jésus ? Il délivre le pécheur de
l'esclavage du monde et du péché, et justifie Dieu quand il
fait miséricorde. Il est le fondement de toutes nos
bénédictions terrestres et nous donne droit aux plus riches
bénédictions célestes. Il nous a ouvert l'accès au trône du
Père et nous rend propres pour y paraître comme des enfants
bien-aimés. Il a déchiré le voile et ou-vert à l'adorateur le
lieu très saint. Il répond aux exigences les plus élevées de
Dieu, comme aux besoins les plus profonds de l'homme.
Seul un homme altéré connaît la valeur de l'eau, et seule
une âme altérée connaît la valeur de l'eau vive.
Tout ce qu'il y avait à faire, Dieu lui-même l'a fait; et
assurément il ne condamnera pas sa propre oeuvre. La justice
qui était requise, Dieu lui-même l'a fournie; lui,
certainement, n'y trouvera aucun défaut. Voir, des yeux de la
foi, Jésus cloué à la croix et assis sur le trône, est quelque
chose qui doit donner à la conscience une paix solide, et au
coeur une parfaite liberté. Nous pouvons regarder

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dans la tombe et la voir vide, nous pouvons regarder le trône
en haut et le voir occupé, et continuer notre chemin tout
joyeux. Un Christ ressuscité est la preuve éternelle d'une
rédemption accomplie; et si la rédemption est un fait
accompli, la paix du croyant est une vraie et stable réalité.
Nous n'aurions qu'une idée bien incomplète du mystère de
la croix, si nous n'y voyions que ce qui répond aux besoins
de l'homme comme pécheur. Il y a, dans la mort de Christ,
des profondeurs qui sont hors de la portée de l'homme et que
Dieu seul a pu sonder.
Aucun homme, ni aucun ange ne peut sonder jusqu'au fond
le mystère de la mort de Christ ; mais nous pouvons en
discerner au moins quelques caractères qui, à eux seuls,
rendent déjà cette mort précieuse, au-delà de toute
expression, pour le coeur de Dieu. C'est de la croix que Dieu
recueille sa plus riche moisson de gloire. Il n'aurait pu,
d'aucune autre manière, être glorifié comme il l'a été par la
mort de Christ. C'est dans l'abandon volontaire que Christ
fait de lui-même à Dieu, que la gloire divine reluit dans tout
son éclat ; et c'est dans cette offrande que Christ a faite de
lui-même que fut posé le solide fondement de tous les
conseils divins: la création était insuffisante pour cela.
Christ a tellement pris la place du croyant sur la croix —
celui-ci était si entièrement identifié

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avec lui — tous les péchés du croyant lui ont été alors si
complètement imputés, que toute question de culpabilité du
croyant, toute idée de jugement ou de colère, auxquels il
serait exposé, est éternellement mise de côté. Tout a été
réglé sur le bois maudit, entre la Justice divine et la Victime
sans tache. Et maintenant le croyant est aussi absolu-ment
identifié avec Christ sur le trône, que Christ fut identifié
avec lui sur la croix. La justice n'a plus aucun grief à élever
contre le croyant, parce qu'elle n'a aucun grief à élever
contre Christ. Il en est ainsi à jamais.
Le sang de Christ est la base de tout. C'est le principe de
la justice de Dieu en justifiant un pécheur impie qui croit au
nom du Fils de Dieu, et c'est le principe de la confiance du
pécheur pour s'approcher d'un Dieu saint, dont les yeux sont
trop purs pour voir le mal. Dieu serait juste en condamnant
le pécheur; mais, par la mort de Christ, il peut être juste et
justifier ceux qui croient — un Dieu juste et sauveur.
C'est par le sang, et rien que par le sang, que nous
obtenons le pardon, la paix, la vie, la justice.
En tant que dernier Adam, Christ est la somme totale de
l'humanité; en tant que second Homme, il est la Tête d'une
nouvelle race. Nous trouvons donc ici une double union —
l'une est liée à sa mort, et l'autre à sa résurrection. En
premier lieu,

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son union avec la race, en tant que «dernier Adam», a
commencé historiquement à Bethléem, pour se terminer à la
croix et au tombeau. Par elle, il a englobé en lui-même tout
ce qui était en Adam pour l'apporter au jugement et à la mort.
En second lieu, notre union avec lui, en tant que «second
Homme», commence à la résurrection pour se terminer dans
l'éternité — ce qui signifie pour ne jamais se terminer — car
ayant dans sa mort mis de côté le premier homme en qui le
dessein de, Dieu avait été frustré, il est ressuscité comme la
Tête, le Chef, d'une nouvelle race d'hommes, en qui ce
dessein sera pleinement réalisé.
Ainsi, lorsque le Seigneur Jésus fut crucifié sur la croix, il
fut crucifié comme le dernier Adam. Tout ce qui était dans le
premier Adam fut ras-semblé et mis de côté, en Lui. Nous y
étions compris. En tant que dernier Adam, il a effacé la
vieille race; en tant que second Homme, il introduit la race
nouvelle. C'est dans sa résurrection qu'il s'avance comme le
second Homme, et là aussi, nous y sommes compris. «Car si
nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa
mort (c'est-à-dire par la conformité à sa mort), nous le serons
donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection (c'est-à-
dire par la conformité à sa résurrection)» (Rom. 6, 5). Nous
sommes morts en lui, le dernier Adam; nous vivons en lui, le
second Homme. La croix est ainsi la puissance de Dieu, qui
nous fait passer d'Adam en Christ.

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C'est le Juge lui-même qui a pris sur lui nos péchés et a
subi à notre place le châtiment que nous avions mérité.
Comment pourrait-il anéantir sa propre oeuvre expiatoire?
Nous avons donc toute assurance pour le temps présent et
pour le jour où nous serons manifestés devant le tribunal
de Christ. Celui même qui siégera sur le trône reconnaîtra,
en ces heureux élus, sa propre image et ses propres
perfections.
A la croix, toutes les exigences de la sainteté divine ont
été parfaitement satisfaites; en sorte que, mieux nous
comprenons cette sainteté, mieux aussi nous apprécions la
croix. Plus nous estimons la sainteté, plus aussi nous
estimerons l'oeuvre de la croix.
Christ, ayant la vie en lui-même, est descendu ici-bas et
a satisfait à toutes les conséquences du péché de l'homme,
quelles qu'elles fussent; en se soumettant à la mort, il
détruisit celui qui en avait l'empire et devint, en
résurrection, la vie et la justice de tous ceux qui croient en
son nom. Il est impossible désormais que Satan porte
atteinte à cette vie, soit dans sa source, soit dans son canal,
soit dans sa puissance, soit dans sa sphère, soit dans sa
durée. Dieu en est la source; Christ ressuscité, le canal; le
Saint-Esprit, la puissance; le ciel, la sphère, et l'éternité, la
durée.

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Là où le Christ ressuscité introduit son peuple, la mort
n'existe pas. Ne l'a-t-il pas abolie? La Parole de Dieu nous le
déclare! Christ a fait disparaître la mort de dessus la scène et
y a introduit la vie; ce n'est donc pas la mort, mais la gloire,
que le chrétien a devant lui. La mort est derrière lui pour
toujours; quant à l'avenir, tout est gloire, gloire sans nuages.
La Parole nous enseigne que Dieu a fait le premier pas
vers l'homme, que ce premier pas a conduit le Seigneur à la
croix, que par elle seule l'homme commence à lui être
agréable. Tel est donc notre point de départ pour venir après
lui.
En Christ, tout est infailliblement assuré pour la gloire de
Dieu et la bénédiction éternelle de l'homme. Le dessein
éternel de Dieu est «d'établir Christ comme chef sur toutes
choses». Il n'y a pas une seule chose dans laquelle le premier
homme a manqué, que le second ne restaure. Tout est établi
sur une base nouvelle en Christ. Il est le chef de la nouvelle
création, héritier de toutes les promesses faites à Abraham, à
Isaac et à Jacob au sujet du pays, héritier de toutes les
promesses faites à David concernant le trône.
L'empire sera posé sur son épaule. Il revêtira ces gloires. Il
est Prophète, Sacrificateur et Roi. En un mot, Christ restaure
tout ce qu'Adam a perdu, et il apporte beaucoup plus que tout
ce qu'Adam a jamais possédé.

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Le Seigneur Jésus était le Fils unique, et en tant qu'unique,
il n'avait pas de frères. Mais le Père envoya le Fils, afin que
l'Unique devienne le Premier-né, et que le Fils bien-aimé ait
beaucoup de frères. Nous avons là toute l'histoire de
l'incarnation et de la croix; et là, nous trouvons enfin
l'accomplissement du dessein de Dieu, qui est d'amener
plusieurs fils à la gloire (Héb. 2, 10). Il a fait tout ce qui était
nécessaire pour que le ciel soit rempli de fils glorifiés. Tel
était son dessein dans la rédemption.
La croix est la mesure de la haine de Dieu contre le péché,
tout comme elle est la mesure de son amour pour le pécheur.
Quand le Saint-Esprit déploie devant nos coeurs quelque
chose de la profonde bénédiction, du prix et de l'efficace de
la mort de notre Seigneur Jésus Christ, il nous amène à
méditer sur le mystère de ses souffrances, à repasser dans
nos coeurs tout ce par quoi il a dû passer pour nous, tout ce
qu'il lui en a coûté pour nous sauver des conséquences
éternelles du péché auquel, hélas! nous nous laissons aller si
souvent avec légèreté. Or c'est là un travail très profond et
saint, qui conduit l'âme à ces exercices dont les «pains
d'affliction» dans la fête des pains sans levain, étaient
l'image. Il y a une grande différence entre les sentiments que
nous éprouvons en nous occupant de nos péchés, et ceux qui
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— 23 —
viennent de la vue des souffrances de Christ pour ôter ces
péchés.
3. La position du croyant en Christ
Christ est là, au ciel, agréé de Dieu, à cause de l'oeuvre
qu'il a accomplie, et c'est là ce qu'il me faut. La justice a été
montrée en ceci, savoir que Christ est assis à la droite de
Dieu. Dieu l'a pris hors du monde, il m'en sort aussi, et me
dit: La justice est là à ma droite. Là est ma justice.
Ensemble avec Christ, sur la croix, dans le tom-beau et
dans les lieux célestes! Ainsi, le Seigneur glorifié peut
partager avec tous les croyants la victoire de sa croix, la
puissance de sa résurrection et la plénitude de sa vie
glorieuse.
Être en Christ, c'est être là où Christ se trouve, c'est être ce
qu'il est, c'est partager ce qu'il possède.
Être en Christ, c'est être dans les lieux célestes; ce n'est
donc que dans les lieux célestes que le chrétien est vraiment
chez lui. Il est pèlerin sur la terre; sa patrie est le ciel.
Être en Christ, c'est être ce qu'il est. Christ est la tête, le
chrétien est l'un des membres du corps; tête et corps ont une
seule et même vie. Ainsi la même vie anime Christ dans les
lieux célestes et le chrétien sur la terre.

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Être en Christ, c'est avoir part aux richesses de Christ.
Tout ce qu'il possède, nous le possédons aussi. Toutes les
bénédictions spirituelles, la joie, la paix, la victoire, la
puissance, la sainteté sont à nous, en Christ, dès cet instant.
Enfants de Dieu, nous sommes ses héritiers, cohéritiers de
Christ, de sorte que tout ce que le Père a donné au Fils, le
Fils le partage avec nous. «Béni soit le Dieu et Père de notre
Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction
spirituelle dans les lieux célestes en Christ» (Éph. 1, 3).
«Celui même qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a
livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don
aussi, librement, de toutes choses avec lui?» (Rom. 8, 32).
Nous sommes élus en Christ, avant la fondation du monde.
Nous appartenons, dans les conseils de Dieu, à un système
établi par lui en Christ avant que le monde existât, système
qui n'est pas du monde quand celui-ci existe, et qui subsistera
après que la figure de ce monde aura passé. Notre place en
Christ nous a été donnée avant que le monde existât. «Dieu...
nous a sauvés et nous a appelés d'un saint appel, non selon
nos oeuvres, mais selon son propre dessein et sa propre grâce
qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps
des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par
l'apparition de notre Sauveur Jésus Christ» (2 Tim. 1, 9-10).
«L'espérance de la vie éternelle

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que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des
siècles» (Tite 1, 2).
Nous avons une vie, mais c'est en Christ; cette vie est
cachée avec Lui, en Dieu, en sûreté dans son éternelle
source. Elle a le sort de Christ en qui nous la possédons. Il
est caché en Dieu, ainsi aussi est notre vie: quand Christ
apparaîtra, nous apparaîtrons aussi avec Lui. Compter sur le
Seigneur toujours présent, c'est la sainteté. Cette grâce de la
foi est la chaîne qui lie l'âme à Christ et fait que le Sauveur et
le racheté font un. Un canal est alors ouvert par lequel la
plénitude de Christ est répandue abondamment en nous. Le
sarment stérile de-vient une portion du cep fécond. Une seule
et même vie circule dans la plante entière.
Ne cherchons rien hors de Christ, mais réjouissons-nous
d'être nous-mêmes en lui, un avec lui et par conséquent, un
avec toute sa plénitude. N'attendons pas que la foi produise
la sainteté, mais réjouissons-nous de la parfaite sainteté en
Christ comme d'un fait; réalisons qu'étant un avec lui, d'une
manière inséparable, cette sainteté est la nôtre et, acceptant
ce fait, nous en constaterons la réalité.
Je n'ai pas à faire de moi un sarment. Je le suis, du moment
que Jésus me le dit. Je suis une partie de lui-même; à moi de
le croire et d'agir en consé-

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quence. Je suis un membre de Christ, et je puis prendre de sa
plénitude tout ce dont j'ai besoin.
Quelle chose merveilleuse d'être réellement un avec un
Sauveur ressuscité et glorieux, d'être un membre de Christ!
Pensons à ce que cela implique. Christ peut-il être riche et
moi, pauvre? La Tête peut-elle être bien nourrie et le corps,
mourir de faim?
Toutes les choses qui nous rendront heureux dans le ciel,
nous les possédons dès maintenant. Si vous désirez savoir ce
qui rend un chrétien heureux dans la vie et dans la mort, c'est
le fait que le Christ qu'il possède aujourd'hui est le même
Christ qu'il aura dans le ciel. Il est chez lui là où Celui qu'il
aime et connaît le mieux, se trouve déjà.
Il n'est pas possible que le Chef et les membres soient
acceptables dans des mesures différentes. La Tête et les
membres sont un. Dieu les tient pour un; par conséquent, ils
sont un. Cette vérité est à la fois le fondement de la
confiance la plus haute et de l'humilité la plus profonde: elle
donne la plus entière certitude, «toute assurance au jour du
jugement» (1 Jean 4, 17), attendu qu'il est impossible qu'il
soit mis quoi que ce soit à la charge de Celui auquel nous
sommes unis; et elle nous donne un profond sentiment de
notre néant, attendu que notre union avec Christ est fondée
sur la mort de

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la nature humaine et sur l'abolition complète de tous ses
droits et de toutes ses prétentions.
Il y a dans notre coeur une tendance continuelle à faire
reposer notre paix et notre acceptation sur quelque chose qui
est en nous ou qui vient de nous, bien que nous admettions
que ce «quelque chose» soit un fruit du Saint-Esprit. De là
vient que nous regardons constamment en nous-mêmes,
tandis que le Saint-Esprit voudrait toujours nous faire
regarder en dehors de nous. La position du croyant ne
dépend pas de ce que lui est, mais de ce que Christ est.
S'étant approché de Dieu «au nom de Jésus», il est identifié
avec lui et accepté en son nom, et il ne peut pas plus être
rejeté que Celui au nom du-quel il s'est approché de Dieu.
C'est notre heureux privilège de pouvoir, dans la confiance
de la foi, renvoyer toute accusation et tout accusateur à
Christ et à l'expiation qu'il a accomplie. Tout, pour nous,
découle de lui. Nous nous glorifions en lui continuellement.
Nous n'avons aucune confiance en nous-mêmes, mais en
Celui qui a accompli toutes choses pour nous. Nous nous
attachons à son nom; nous nous confions en son oeuvre; nos
regards sont arrêtés sur sa personne, et nous attendons son
retour.
Inséparablement uni à Christ, le croyant partage
nécessairement son acceptation auprès de Dieu et son rejet
par le monde. Ces deux choses vont en-

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semble: la première nous constitue adorateurs et citoyens du
ciel; la seconde nous constitue témoins et étrangers sur la
terre; la première nous introduit au-dedans du voile; la
seconde nous fait sortir hors du camp; et l'une est aussi
parfaite que l'autre.
La connaissance de notre position, absolument parfaite et
établie en Christ, est la chose même dont le Saint-Esprit se
sert pour nous exciter à tendre vers la perfection pratique.
Nous ne devons jamais mesurer notre position par notre état;
mais, au contraire, toujours juger notre état par notre
position. Abaisser la position à cause de l'état, c'est donner le
coup de mort à tout progrès dans le christianisme pratique.
Le croyant est «mort au péché». Comment? Il est mort en
Christ. Par nature, il était mort dans le péché. Par grâce, il est
mort au péché. Quels droits peut-on avoir sur un homme
mort? Aucun. «Christ est mort une fois pour toutes au
péché» et le croyant est mort en lui. «Or si nous sommes
morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec
lui, sachant que Christ ayant été ressuscité d'entre les morts,
ne meurt plus; la mort ne domine plus sur lui. Car en ce qu'il
est mort, il est mort une fois pour toutes au péché, mais en ce
qu'il vit, il vit à Dieu» (Rom. 6, 8-10). Que résulte-t-il de tout
cela pour les croyants? «De même, vous aussi, tenez-vous
vous-mêmes pour morts au péché,

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mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus» (v. 11). Telle
est, devant Dieu, la position inaltérable du croyant, de sorte
qu'il a le saint privilège de jouir de la délivrance du péché, en
tant que dominateur sur lui, quoique le péché habite encore
en lui.
Le chrétien possède la nouvelle nature, qui ne peut
aucunement produire les fruits de la vieille nature. Christ ne
pèche pas; sa vie en nous ne peut pécher. Celui qui demeure
en lui ne pèche pas. «Quiconque est né de Dieu ne pratique
pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne
peut pas pécher, parce qu'il est né de Dieu» (1 Jean 3, 9).
Comment Jésus nous donnerait-il ce commandement:
«Demeurez en moi», sans nous assurer la grâce et la
puissance de le faire?
La vie en Christ est une source inépuisable de bonheur. A
mesure que Christ prend plus pleine-ment possession de
l'âme, elle entre dans la joie de son Sauveur qui devient la
sienne à toujours. La joie est un trait caractéristique de celui
qui vit en Christ, et nous savons tous en apprécier la valeur;
elle est la meilleure preuve que le coeur est réellement
satisfait. Aussi n'y a-t-il pas, chez le chrétien, d'attrait plus
irrésistible, de prédication plus persuasive et qui manifeste
mieux au monde la réalité

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de l'amour divin, que le rayonnement de cette joie,
triomphant des épreuves de la vie. Pour le bien même du
croyant, elle est un élément indispensable; car la joie du
Seigneur est sa force. En elle se retrempent sa confiance, son
courage et sa patience. Avec un coeur joyeux, aucun travail
ne lasse, aucun fardeau n'accable, et Dieu lui-même est notre
force et notre chant de victoire.
4. Christ en vous
Dans la pensée de Dieu, Christ et le chrétien sont tellement
unis que Christ est à la fois dans les lieux célestes et sur la
terre, et que le chrétien est à la fois sur la terre et dans les
lieux célestes. Le chrétien sur la terre, c'est Christ rendu
visible. Nous devons donc avoir une telle plénitude de la vie
de Christ que ceux qui le discernent en nous se sentent attirés
à lui.
Christ est en moi. D'abord «j'ai été crucifié avec Christ»;
ensuite «Christ vit en moi». C'est sur un trône dont le «moi»
a été chassé que le Christ veut monter.
Être chrétien, c'est faire de Christ le centre de sa vie. C'est
être transformé à l'image de Christ, de gloire en gloire et de
jour en jour. Être chrétien signifie que Christ anime notre
esprit, notre coeur, notre volonté, de telle sorte qu'il pense
par notre

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esprit, qu'il aime par notre coeur, qu'il exprime sa volonté par
la nôtre. C'est laisser Christ occuper tant de place en nous,
que nous n'ayons plus aucune vie en dehors de lui.
Christ qui est la source de notre vie, qui est notre vie, en
est aussi l'objet. C'est ce qui caractérise toujours la vie de
Christ en nous ; lui-même en est l'objet, lui seul. Christ est
personnellement l'objet dont la vie se nourrit. Il est tout
revêtu à nos yeux de l'amour qu'il nous a montré dans sa
mort. Nous vivons par la foi au Fils de Dieu qui nous a aimés
et s'est donné pour nous.
La conscience de notre relation avec Christ s'applique à
tout: rien ne se fait sans lui. Il est présent comme le premier
mobile de nos actes et ce qui leur imprime leur vrai
caractère, et le coeur est occupé de lui en les accomplissant.
Tout se rapporte à lui: nous ne mangeons pas sans lui, nous
ne buvons pas sans lui; ce que nous disons, ce que nous
faisons, est dit et fait au nom du Seigneur Jésus. La
conscience de sa présence, le sentiment que tout se rapporte
à lui, qu'on ne peut rien faire, sinon charnellement, sans lui,
parce que la vie que nous avons de lui, agit avec lui et en lui,
ne se sépare pas de lui et l'a lui-même pour objet en tout, de
même que l'eau s'élève à la hauteur d'où elle est descendue
— voilà le vrai caractère de la vie du chrétien.

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La nature se confond souvent avec la grâce aux yeux
inexpérimentés des hommes, mais la conscience intelligente
qu'on a de Christ comme objet du coeur, la conscience de sa
présence, du sceau de son approbation quand on pense à lui,
ne se confond avec rien: rien n'y ressemble, aucune belle
apparence n'en peut prendre la place. Quand il se révèle au
coeur et que le coeur marche avec lui et s'entretient avec lui,
ne cherchant que le regard de sa face, le sceau de sa faveur
sur l'âme en toutes choses: alors Christ est connu, bien
connu. Il n'y a que lui qui se communique ainsi en grâce à
l'âme qui marche dans les voies de sa volonté exprimée dans
sa Parole.
Ceux qui sentent le plus profondément qu'ils sont morts en
Christ et qu'ils ont subi en sa Personne le châtiment du
péché, atteignent les plus hauts sommets de la vie divine.
Celui-là est le plus saint, qui possède le mieux Christ au-
dedans de lui et qui se réjouit le plus complètement dans son
oeuvre accomplie. C'est l'imperfection de la foi qui entrave la
marche et est la cause de beaucoup de chutes.
Dieu ne me donnera pas l'humilité, ou la patience, ou la
sainteté, ou l'amour, comme des dons de sa grâce isolés. Il ne
détaille pas sa grâce, pour nous la distribuer par petites
doses, accordant une mesure de patience à celui qui est
impatient, un

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peu d'amour à celui qui n'aime pas, un peu d'humilité à celui
qui est orgueilleux, en quantités que nous pourrions recevoir,
et sur la base desquelles nous pourrions opérer comme avec
une sorte de capital. Il nous a fait un seul Don qui répond à
tous nos besoins — son Fils Jésus Christ'. Et lors-que je
regarde à lui, pour qu'il vive sa vie en moi, il sera humble et
patient, et plein d'amour, et tout ce dont j'ai besoin — à ma
place. Il est tout ce que je ne puis, et dois, être. «Dieu nous a
donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils: celui qui
a le Fils, a la vie, celui qui n'a pas le Fils de Dieu, n'a pas la
vie» (1 Jean 5, 11-12). La vie de Dieu ne nous est pas donnée
comme un objet séparé; la vie de Dieu nous est donnée dans
le Fils. C'est « la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre
Seigneur » (Rom. 6, 23). Notre relation avec Christ est notre
relation avec la vie.
Je refuse d'agir de ma propre volonté ; je dé-pends de lui
pour qu'il agisse, et j'entre ensuite pleinement et joyeusement
dans l'action qu'il a commencée. Ce n'est pas de la passivité,
c'est une des vies les plus actives que de se confier au
Seigneur de cette manière; de tirer de lui la vie, de le prendre
pour qu'il soit ma vie même, de le laisser vivre sa vie en moi.
1 .De sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur
grâce» (Jean 1, 18).

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Ce qui occupe Christ et ce à quoi il pense, c'est ce qui
devrait nous occuper et ce à quoi nous devrions penser. Si
Christ est notre vie et, par l'Esprit, la source de nos pensées,
nous aurons ses pensées en toute chose. Nous devons être au
milieu des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons
comme Christ y serait; c'est cela, la vie chrétienne. Il n'est
jamais nécessaire que nous fassions un mal quelconque, que
nous agissions selon la chair. Bien qu'elle soit là, nous
n'agirons pas sous son impulsion si nous sommes pleins de
Christ, car c'est lui qui nous suggère nos pensées.
Devenir la possession de Christ signifie bien plus que
nous ne pensons au premier abord. Christ possède-t-il mon
corps, mes yeux, mes oreilles, ma langue, mes mains et mes
pieds? Possède-t-il toutes mes facultés, ma mémoire, mon
imagination, mon intelligence? Possède-t-il mes pensées?
Mon être entier est-il vraiment à sa disposition pour
accomplir sa volonté?
Seigneur, pénètre partout où tu voudras dans mon coeur,
fais ce qu'il te plaira. Tu es ici chez toi.
Tout ce qui est indigne de Christ est indigne d'un chrétien.
Nous sommes en Christ devant Dieu; Christ est en nous
devant le monde. Ces deux choses sont

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inséparables. C'est l'union avec Christ par le Saint-Esprit,
mais envisagé du côté de Dieu, d'une part, du côté du monde,
de l'autre. «Christ en vous, l'espérance de la gloire» (Col. 1,
27) : il a plu à Christ de nous unir à lui par le Saint-Esprit,
nous rem-plissant de l'espérance d'une chose, non encore
atteinte, la gloire, que lui-même a atteinte. mais dont l'union
avec lui nous donne la certitude absolue.

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III. Marcher en Christ
1. L'obéissance
Les qualités dominantes de la nouvelle nature sont la
dépendance et la soumission ; et les circonstances par
lesquelles nous passons dans ce monde, les difficultés, les
épreuves et les tentations de la route, sont autant d'occasions
où ces qualités sont mises à l'épreuve et peuvent se
manifester et s'exercer. Il y a de la bénédiction dans l'épreuve
pour celui qui est dépendant et soumis. «Estimez-le comme
une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à
diverses tentations» (Jacques 1, 2).
Nous ne devons pas laisser tomber le mot
«commandement», parce que le commandement exprime
l'autorité, et que lors même que nous ferions extérieurement
toutes choses bien, rien n'est bien qui n'est pas fait dans un
esprit d'obéissance.
L'obéissance chrétienne, c'est une nouvelle vie qui trouve
son plaisir à faire la volonté de Christ, en reconnaissant
l'entière autorité de Christ sur elle. Nous nous tenons pour
morts à tout le reste;

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nous sommes vivants à Dieu; nous ne sommes pas à nous-
mêmes. Nous ne connaissons Christ qu'autant que nous
sommes vivants de sa vie. Or cette vie est l'obéissance.
Celui qui a perçu les premiers rayons du soleil d'En haut
n'a qu'un seul désir: marcher toujours plus à sa seule clarté.
La tâche la plus difficile du Saint-Esprit est peut-être
d'amener le croyant à acquiescer entièrement à la volonté de
Dieu. La volonté propre subsiste en chacun de nous, toujours
prête à la rébellion. Le remède est dans la résolution
délibérée de faire la volonté de Dieu à tout prix, en toutes
choses, en tout temps. Il s'agit d'avoir, comme règle absolue,
de faire la volonté de Dieu, sans souffrir aucune exception.
C'est une des séductions du coeur que, lorsque nous
connaissons parfaitement la volonté de Dieu, nous allions
demander avis à quelqu'un qui n'est pas plus spirituel que
nous. Sans doute un esprit plus spirituel peut m'aider à
discerner la volonté de Dieu; mais Dieu a lié la connaissance
du sentier qui est selon sa volonté, de son sentier à lui, avec
l'état intérieur de l'âme, et il nous fait traverser des
circonstances — la vie humaine ici-bas — afin de mettre cet
état à l'épreuve, de nous révéler à nous-mêmes quel est cet
état et de nous y exercer.

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Le chrétien doit, par son état spirituel, connaître les voies de
Dieu. Le moyen à employer, c'est la Parole.
On ne peut manifester son amour pour le Seigneur qu'en
obéissant à ses commandements. Pour-quoi employer de
belles expressions pour témoigner son amour envers lui, si
l'on marche contrairement à ses pensées, en se laissant
diriger par sa propre volonté? Les commandements du
Seigneur sont exprimés par sa vie entière, par tout ce qu'il a
dit et fait. Il sert de modèle à ceux qui, par la foi, le
possèdent comme leur vie. Pour eux, toute sa vie, ses actes,
ses paroles font autorité. L'amour pour le Seigneur est le
mobile d'action du croyant. Il est alimenté par la
connaissance de sa Personne, de sa marche, de son
dévouement jusqu'à la mort, de ses souffrances. Si le
croyant ne s'occupe pas du Seigneur, s'il ne vit pas de lui, il
ne peut marcher sur ses traces.
La grande bénédiction du croyant consiste à connaître
toujours mieux la Personne du Seigneur; cette connaissance
ne peut se réaliser que dans une vie d'obéissance.
Seule l'obéissance permet de réaliser toutes les
bénédictions propres à la position dans laquelle la grâce
nous a placés. Aimer le Seigneur, c'est garder ses
commandements. Celui qui garde ses comman-

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dements demeure dans son amour, participe à sa joie, comme
à sa paix.
Rappelons-nous que, si nous sommes dans une entière
dépendance du Seigneur, la tentation ne nous atteindra pas
du tout. L'épreuve peut survenir; mais, comme Jésus, nous
pouvons dire de celle-ci: «La coupe que le Père m'a donnée,
ne la boirai-je pas?» (Jean 18, 11). Si nous sommes près de
Dieu, toute épreuve devient une occasion précieuse de
manifester une obéissance plus grande, sinon c'est une
tentation de sortir du chemin de la dépendance.
La libre volonté n'est que l'esclavage du diable.
Ne pas avoir d'autre motif que la volonté de notre Père,
quelle simplification dans nos circonstances! Si nous
pensions à ne jamais rien faire que parce que c'est la volonté
expresse de Dieu, combien de choses disparaîtraient
immédiatement de notre vie! Nous ne lutterions pas sans
cesse contre ceci ou cela, mais nous serions gardés dans la
conviction paisible que la grâce de Dieu a pourvu à tout et
que nous n'avons pas à faire un pas sans que son amour y ait
pourvu d'avance.
Nous trouvons dans la Parole la règle de la con-duite du
chrétien. Elle est très simple, très catégorique et parfaitement
satisfaisante pour le coeur

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qui désire réellement faire la volonté de Dieu «Quelque
chose que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au
nom du Seigneur Jésus » (Col. 3, 17).
Si nous sommes assez près de Dieu, nous ne serons pas
embarrassés pour connaître sa volonté.
Là où il y a du discernement spirituel, les choses
deviennent aussi simples et claires que la lumière du jour.
«Le secret de l'Éternel est pour ceux qui le craignent» (Ps.
25, 14). Là où est la crainte du Seigneur, il y aura
l'intelligence de sa Parole et de sa pensée; mais la Parole de
Dieu ne sera pas simple, si l'on ne se soumet pas à lui.
Le signe caractéristique de ceux qui aiment le Seigneur est
l'obéissance. Lorsque nous jouissons d'une relation intime
avec lui, notre amour se manifeste en ce que nous cherchons
à connaître les désirs de son coeur. Si Christ nous est
précieux, nous serons attentifs à sa Parole.
Aimez-vous la volonté de Dieu ? Il nous faut arriver bien
des fois à la place où nous sommes prêts à abandonner les
choses que nous pensons être bonnes et précieuses, afin que
sa volonté s'accomplisse. Quand l'esprit est pur, libre de ce
mélange de sentiments de l'âme, nous reconnaîtrons la
volonté de Dieu, et nous trouverons que c'est en

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elle seule que notre coeur peut se réjouir. Nous ne verserons
même plus une larme par sympathie pour la chair. Oui,
l'action de la croix pénètre profondément et il importe qu'elle
soit réelle à l'égard de l'âme.
L'activité de la nature divine en nous se manifeste toujours
dans l'obéissance. Ce qui n'est pas obéissance, n'est pas
Christ.
Reconnaître la seigneurie de Christ est un des grands
secrets de notre vie chrétienne. C'est mettre de côté notre
propre volonté pour n'obéir qu'à celle du Maître.
Chaque pas dans le chemin de l'obéissance est
accompagné de bénédictions réelles, parce que l'obéissance
est le fruit de la foi, et que la foi nous associe avec Dieu et
nous introduit dans une communion vivante avec lui.
Seigneur, délivre-nous de cette légèreté d'esprit qui
consiste à ne pas prendre le temps et la peine de considérer
en toutes choses ta volonté?
Le critère du croyant dans toute sa marche doit être «ce qui
satisfait le coeur de Christ», et non pas: «quel mal y a-t-il en
ceci ou en cela?»
Comme Jésus était entièrement dépendant du Père pour
toutes ses paroles et ses oeuvres, de même le croyant ne peut
rien faire de lui-même.

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Nous nous tourmentons souvent pour des choses que Dieu
ne nous demande pas du tout. Notre état d'âme joue un grand
rôle. Ce sont «les débonnaires qu'il fera marcher dans la
justice et auxquels il enseignera sa voie». Si nous sommes
humbles et méfiants de nous-mêmes, si nous comptons sur
Dieu en simplicité de coeur, il nous dirigera sûrement. Mais
c'est un manque fatal de droiture que de demander conseil à
Dieu, lorsque nous avons un parti pris et que notre volonté
est en jeu.
C'est une grande chose de pouvoir dire au diable et au
monde, non des lèvres seulement, mais en vérité et par toute
notre vie: «Je suis parfaitement satisfait de la volonté de
Dieu».
2. L'amour
L'amour n'est ni aveugle ni faible. Seulement, au contraire
de notre coeur naturel, il ne se plaît jamais à découvrir le mal
et à le publier; il ne le suppose pas; quand il le trouve sur son
chemin, il en est affligé et, au lieu de l'exposer à la malignité
publique, il en cherche le remède. Mais il rie le traite jamais
avec indifférence. Il en supporte les conséquences qui
l'atteignent personnellement sans se plaindre ni se venger. En
aucun cas, il ne s'y associe.

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L'amour sert, l'amour s'humilie, prend volontairement la
position la plus vile (la plus vile selon l'orgueil de l'homme),
pour servir, et y trouver ses délices. Christ a agi par amour,
Christ a voulu servir, Christ a voulu prendre la place la plus
basse — Lui qui pouvait s'humilier; — et nous?
Étant le déploiement de la nature divine en nous et ce qui
maintient le coeur dans la communion de Dieu lui-même,
l'amour est le lien de la perfection, le vrai moyen de sainteté.
Le coeur est, par lui, retenu loin de la chair et de ses pensées,
dans la pure lumière de la présence de Dieu.
L'amour fait surmonter les difficultés, les persécutions, la
frayeur que l'ennemi cherche à produire dans nos coeurs. Si
nous sommes occupés de Dieu, heureux en lui, le poids des
afflictions ne se fait pas sentir. La force de Dieu est dans le
coeur et nos peines ne sont «qu'une légère tribulation d'un
moment».
La récompense d'aimer, c'est d'aimer encore davantage.
Celui qui aime, s'enrichit de ce qu'il donne.
Dieu respecte l'amour qu'il obtient: car l'amour de ses
créatures est son plus beau titre de gloire.

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Le choix de la seule chose nécessaire est aussi le fruit de
notre amour pour Christ. Parce que nous l'aimons, rien ne
vaut pour nous autant que sa présence, et nous choisissons sa
présence. C'est à lui de décider quelles sont les autres choses
qu'il choisit de nous donner.
Plus encore que notre service, il désire notre amour.
Si nous aimons Christ véritablement, nous dis-cernons ce
qui lui plaît, sa volonté, ce qui à ses yeux a le plus
d'importance, et cet amour doit nous aider à toujours choisir
le meilleur, à renoncer aux biens secondaires ou à les placer
au second plan.
L'amour est la conformité à la nature de Dieu, l'expression
vivante de ce que Dieu est, la manifestation d'une
participation à sa nature: on agit, on sent d'après la nature de
Dieu. L'amour a sa source au-dedans de celui en qui il agit;
sa force est indépendante des objets dont il s'occupe, et c'est
ainsi qu'il peut agir là où les circonstances pourraient
produire dans le coeur de l'homme l'irritation ou la jalousie.
Quel objet difforme qu'un chrétien égoïste! Il est une
contradiction constante, un mensonge vivant.

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3. La vigilance
Pierre n'est pas le seul pour qui le coq a dû chanter deux
fois.
Il est d'un grand profit pour notre âme que nous ayons le
jugement de Dieu présent à nos pensées, et que le sentiment
de l'immuable majesté de Dieu soit maintenu dans notre
conscience par ce moyen. La conscience que nous devrons
tous être manifestés devant le tribunal de C